‹ Des polynévritesChapitre 42 sur 76 · PRÉDISPOSITION HÉRÉDITAIRE · texte numérisé non relu

PRÉDISPOSITION HÉRÉDITAIRE

L'hérédité domine la pathologie du système nerveux. Je ne veux pas rappeler ici les nombreuses affections quj comme les amyolrophics primitives sont le triste apanage de certaines familles, sans doute par hérédité de malfor. mations des tissus. Je ne vise ici que la prédisposition ; or, comme le fait remarquer Raymond (2° série, p. 309), si l'on scrute — chose souvent difficile — le passé des malades, on arrive à cette conclusion que « pour une intoxication de même intensité, les accidents nerveux, e es névrites en particulier, sont d'autant plus précoces qu'une hérédité plus lourde pèse sur . ^Mctimes de l'intoxication ».

La folie, l'épilepsie, l'hystérie, le tabès, la paralysie générale, le goitre exophtalmique, la clémence sénile, l'alcoolisme, les affections qui, comme le diabète, se rattachent à la souche neuro-arthritique, voilà ce qu'on trouve chez les ascendants ou chez les collatéraux du malade. Lui-même dans son enfance aura eu des convulsions, aura été irritable, « difficile » comme on dit dans le peuple, il pourra avoir de l'impressionnabilité nerveuse, de l'instabilité mentale, voire même de l'hystérie, de la neurasthénie, etc.

M. le professeur Bernheim a rapporté au Congrès de Nancy (1) les observations de trois femmes de 21, 29 et 32 ans, chez qui une émotion morale vive fut suivie d'un é(at d'énervement et de surexcitation qui dura de 15jours à plusieurs mois, puis de symptômes infeclieux (céphalée, vomissements, anorexie, suppression des règles, etc.) et au bout de quelques semaines, de polynévrites. Deux d'entre elles étaient simplement impressionnables (l'une cependant fille de dément sénile), la troisième était hystérique; et de l'étude de ces cas, on peut conclure avec M. le professeur Bernheim que « la diathèse nerveuse a créé un terrain favorable » à la faveur duquel des micro, bes inoffensifs de l'organisme sont devenus virulents, ou des microbes extérieurs ont facilement pénétré, et ont produit la polynévrite, « polynévrite infectieuse greffée sur une diathèse nerveuse ou hystérique, et créée par elle ». Noguès (2), à propos d'une « paraplégie alcoolique avec atrophie chez un neurasthénique » a aussi

1. Bernheim. Troisième Congrès français.Nancy,18Q6. Comm.p.362.

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