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Raymond, III' série, leçon XXXII

Histologiquemenl, il s'agit le plus souvent de névrite parenchymateiise, dont les deux variétés principales sont la névrite segmenialre.perl aoclle de Gombault (1) et la névrite wallerlenne.

Quand il s'agit de névrite périasile on voit ça et là sur la longueur d'une fibre nerveuse, la myéline se festonner sur ses bords dans certains segments interannulaires, puis les noyaux prolifèrent sïnsinuant dans la myéline ; alors elle se Iragmente en boules qui se divisent de plus en plus.

A cette première phase (dite préM^allérienne) le cylindre axe reste d'abord intact, puis les noyaux prolifères l'atteignent, il devient moins apparent, strié et finalement perd sa continuilé : alors il dégénère dans sa portion périphérique (2) ; c'est maintenant la lésion qu'a décrite Waller dans les cas de section nerveuse: les fragments de cylindre axe englobés dans les boules de myéline se résorbent, surtout vers l'extrémilé du nerf; le protoplasma et les noyaux s'atrophient ; le tube nerveux présentait d'abord des renflements alternant avec des diminutions de calibre, puis la gaine de Schwann se résorbe passant à l'état de tube vide, moniiiiorme, grâce à la présence de temps en temps d'une Jjoule de myéline ou d'un

1. Gombault. Arch. de neuroL, 1880-1881. — Pitres et Vaillabd 1886. — Mme Déjerine-Klumpkb, 1889. — Vyrouboff, 1889. — Sydney-Martin, 1893. — Raymond (Marinesgo) 2° série, p. 258.

2. Dans la portion centrale du nerf la dégénérescence se produit, mais ordinairement ne dépasse pas le l"' étranglement annulaire : elle consiste en fragmentation de la myéline, mais le cylindre axe parait respecté et son extrémité servira plus tard à la régénération.

noyau. Ges lésions soat les mêmes, que le nerf soit moteur ou sensitif.

Ce qui paraît caractériser la névrite « primitive », c'esl-à-dire l'atteinte directe ou isolée du nerf, c'est la lésion de GombauU ; la dégénérescence wallérienne s'y ajouterait quand le cylindre axe s'est rompu en un point ; elle paraît (à cause de l'évolution rapide du processus) sjrvenir d'emblée dans certains cas çiraves.

Quoique les lésions soient irrégulièrement disséminées, en principe la dégénérescence du cylindre axe commence à l'extrémité du nerf, vers les plaques motrices terminales ou les corpuscules sensitifs, région plus vulnérable.

La névrite parenchymateuse peut être isolée; parfois on trouve aussi des lésions de névrite inflammatoire interstitielle, primitive ou secondaire, aiguë ou chronique. Aiguë, elle consiste en « prolifération du tissu conjonctif interfasciculaire, congestion et gonflement du tronc nerveux (Eichhorst, Leydcn) dilatation des vaisseaux, extravasation sanguine (Eichhorst, Rosenheim), amas pigmentaires (Leyden) » (1). On la trouverait plutôt dans certaines formes rapides dans les névrites traumatiques ascendantes et dans les cas à début vasculaire. Chronique, elle se caractérise par une prolifération névroglique et surtout conjonctive comme dans la névrite interstitielle hyperlrophique^ et la névrite lépreuse où on peut constater en outre la présence de bacilles dans la gaine conjonctive des nerfs.

1. Mme Dbjerine-Klumpke, Thèse, p. 234; voir aussi Fleming 1897, Lapinsky 1899, Flatau 1899.

La névrite interstitielle paraît dans certains cas contemporaine des lésions parenchymateuses; d'autres fois elle semble due à une inflammation locale ou à l'altération des vaisseaux, que celle-ci ait précédé ou suivi les lésions de névrite parenchymateuse. Si les vaisseaux sont atteints les premiers et si la névrite intestitielle est la conscqucnce de leur lésion, on serait en droit de supposer que la névrite parenchymateuse lui est secondaire ; dans la syphilis qui agit si volontiers sur les vaisseaux, c'est peutêtre par les vasa ner\orum que commence le processus mais ce n'est pas démontré (Cestan) ; d'ailleurs on conçoit que les lésions vasculaires puissent être elles-mêmes consécutives à l'atteùite des filets nerveux (Lapinsky) qui modifie la nutriiion des parois vasculaires, élève la pression sanguine locale, etc.

Cette dernière interprétation ramènerai! ces cas à la règle générale, qui paraît être que la lésion essentielle et prédominante de la polynévrite est la névrite parenchymateuse.

Quant à la régénération des nerfs, elle peut commencer, le cylindre axe étantintact,à la phase préwallérienne. Au cas où la lésion étant plus avancée le cylindre axi3 serait dégénéré, on observe d'abord l'allongement progressif vers la périphérie de son bout central resté intact.

Dans l'un et l'autre cas, sur le cylindre axe se dépose une mince couche de myéline, puis du protoplasma avec noyaux ; la myéline s'épaissit, les segments se réforment et les tubes se reconstituent (1). L'arborisation terminale nouvelle serait due à une modification de l'extrémité des

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