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Tracé thermique de R... G... (Suite).
Une atrophie complète des muscles du thorax, du tronc des membres, s'est faite depuis quelques jours. Ils ont presque complètement disparu, on ne sent par places que du tissu cellulaire conservé. Les réflexes tendineux sont presque complètement abolis. Aucun signe de paralysie du voile du palais, ni du pharynx. Il tire la lang-ue facilement.
Le thorax est très maigre, aplati sous les clavicules surtout à droite (atrophie des pectoraux). La sonorité est normale, il y a quelques râles humides aux bases. Va à la selle tous les jours, manifeste son besoin.
Le lendemain somnolent, maussade ; submatité aux deux bases. Une culture du sang- reste nég-ative.
Le 21 mars. — Mauvaise humeur pendant la nuit : selles et urines inconscientes depuis le matin ; somnolence ; coma. Pouls filif jrme à 180 le matin. R. 60 le matin. Ne répond pas aux questions, se réveille difficilement. Chute de la paupière droite ; strabisme externe d'œll droit. Piespiration costale inférieure ; dépression inspiratoire. Rien de particulier
à l'auscultation ; Pas d'albumine dans les urines, légères cyanose des lèvres. Dans la soirée, bras gauche raide, bras droit flasque, déviation conjuguée des yeux vers la droite. Gémissements, face rouge (crise ép'lepliforme fruste?) pas de vomissements.
Mole
Jours
Trace thermique de R... C... (Fin)
Le 22 mars. — Somnolence, torpeur, essaye de répondre, arrive à dire s du nom, d'une façon très pénible. L'albumine a reparu dans les urines en notable quantiLé
Le 24 mars. — Enfant toujours abattu; toujours même voix aphone qu'au début ; reconnaît sa mère. Température à 39» seulement hier soir. Pouls entre 160 et 180. N'a plus d'albumine. Hesp'ration toujours saccadée (40). Expiration lente ; soulèvement brusque des côtes à l'inspiration ; a fait sous lui cette nuit. •
Le25Mars. — Même état -.respiration toujours suspirieuse^ saccadée, brusque, cis'ale inférieure. Dépression costale inférieure, surtout à droite; pas d'albumine. Assis, retombe en avant, conserve la position qu'on lui donne. L'atrophie musculaire semble être augmentée dans les membres et on sent l'interstice du tibia et du péroné. L'atrophie s'est étendue : elle es'. mas|ué3 dans les m iscles de la ceinture scapa-
laire, deltoïde, sus et sous-épineux. L'enfant essaie de s'asseoir, quand on le lui dit, mais inuLilement. Il sourit un peu et donne mieux la main, P. 160 à 180. T. oscille encore entre 38 et 40".
Le 3 Avril- — La T. redescend depuis quelques jours. Même état ; cependant le pouls reste aux environs de 180. L'enfant semble avoir plus de forces : il se Lient seul sur le vase sans se laisser choir ; il semble plus éveillé. Diarrhée depuis quelques jours : l'enfant aurait absorbé force orang-es apportées par sa mère à notre insu.
Le 4 Avril. — Hier soir T. 38''5. P. 180 ; ce matin T. 36^7. P. 190, la diarrhée a cessé.
Le 5 Avril. — Respiration presque normale ; le 8 Avril l'enfant est plus éveillé. T. hier soir SO'S ; ce matin 37°5. La force musculaire rei^ient aux mains. L'enfant fait tous les mouvements, serre, tient sa tasse de lait, se tient debout avec appui.
Le 11 Avril. — Il remonte seul à son lit, quand il en est descendu. La T. fait encore des oscillations irrég-ulières mais n'est plus jamais aussi élevée que précédemment.
Le 24 Avril. — Uanî-iini id.il quelques 2J as seul ; il a les pieds et les jambes froids, marbrés. Les muscles commencent à se reformer ; de temps en temps un peu de fièvre.
Le 5 Mai. — L'enfant s'est fortifié peu à peu ; il marche seul, a encore un peu la marche steppaiiLe et les p'eds plats, éprouve de la difficulté à faire demi-tour. Bon état général.
L'enfant sortdansles premiers jours de juin, parfaitement g"uéri.
Que l'on considère le cas de cet enfant (1) comme une polynévrite dans le cours d'une septicémie sans localisations ou comme une septicémie à localisation névritique (analogue à celles qui se localisent exclusivement sur
1. Voir au chapitre du diagnostic la discussion de son étiologie.
l'endocarde, les séreuses, les articulations, etc.), c'est un bel exemple de polynévrite accompagnée de symptômes généraux pendant toute la durée de son évolution.
Si l'on voulait classer parmi les symptômes généraux des polynévrites les signes propres des infections originelles, je rappellerais comme exemple l'observation de MM. P. Spillmann et G. Elienne (1) : chez un garçon boucher, âgé de 22 ans, une polynévrite syphilitique se développe « en pleine phase d'infection secondaire générahsée et coïncide avec une efflorescence cutanée intense, une recrudescence de la chute des cheveux, l'hypertrophie de la rate et du corps thyroïde », tous symptômes qui persistèrent jusqu'au jour où le traitement les influença en même temps qu'il améliora l'état des nerfs périphériques.
En règle générale cependant, les symptômes généraux ne sont pas de longue durée; au bout de quelques jours la maladie n'est plus constituée que par les signes des névrites multiples tels que je vais les décrire.
1. Spillmann et Etiexne. PolynévrUe diffuse dan% la période sscondaire de la syphilis. Ann. de denn. et de ii/philigr., 1895- Clinique 7nédieale iconographique, iddi : Obs. 25. Fournier Traité de la syphilis, t. 1, page 662.