‹ Des polynévritesChapitre 6 sur 76 · TROUBLES MOTEURS · texte numérisé non relu

TROUBLES MOTEURS

Dans les polynévrites, les paralysies sont ordinairement précédées de parésie et accompagnées de troubles sensitifs; elles sont toujours flasques ; leur extension est variable, jusqu'à atteindre la presque totalité des muscles du corps. Limitées, elles occupent de préférence les extrémités, ^nvtoul les pieds, en général symétriquement :« le caractère propre (1) de la némte périphérique (qu'elle relève d'une infection ou d'une intoxication nettement classée, ou qu'elle ne soit que la localisation sur les nerfs périphérique d'un processus infectieux ou toxique non déterminé), le caractère propre de la névrite périphérique, dis-je, est d'avoir des effets électifs symétriques, c'est-à-dire d'agir sur les muscles homolo:jues de chaque côté ». Cependant dans la forme de transition que Remak (1897) appelle la «moneuritis multiplex » (Polynévrite disséminée), c^itte symétrie n'existe pas ; pas davantage dans certains cas où la névrite d'un plexus occasionne une monoplégie brachiale ou crurale comme Déjeriae en rapporte des exemples à la suite des lignes que je viens de citer. Font aussi exception les cas où les névrites multiples affectaient un des côtés du corps (2) comme dans les cas d'intoxication oxycarbonée de Rendu, de Lereboullet et Allard. Matignon en a observé un exemple remarquable consécutif

1. DÉJERiNE, Séméiologie du système nerveux, in Patli. gén. de Bouchard. T . V. p. 520.

2. Rendu. Soc. mé.l. hop. Paris 1883. Lereboullet et Allard. Revue neurologique, 1899. Matignon, Soc. raéd. hô\ 1837.

au choléra chez un garçon de 15 ans. Après élimination de toutes causes d'erreur, il reste que cette éventualité, l'hémiplégie névritique, est possible quoique «exceptionnellementrare ^. (Déjerine, p. 501).

Le nom même de l'affection indique un autre caractère important, la « multiplicité des nerfs atteints » (1) nerfs moteurs aussi bien que nerfs sensitifs naturellement. Mais une certaine systématisation préside à cette multiplicité, soit, comme nous le verrons, en faisant prédominer les lésions sur une des deux variétés des nerfs, soit en atteignant de préférence les extrémités et le plus souvent les muscles extenseurs: atteints seuls dans certaines formes légères, les muscles des extrémités sont ordinairement les premiers pris quand le processus est plus intense et l'affection plus diffuse, et la paralysie suit une marche extenso-progressiue ; elle est ordinairement ascendante mais il est des cas, assez rares d'ailleurs (2) où la paralysie est descendante : encore faut-il remarquer que si les nerfs qui commandent les membres supérieurs ouïes muscles de la déglutition sont atteints les premiers, et si la paralysie est descendante dans son allure générale, il ne s'en suit pas qu'elle le soit nécessairement dans chaque membre considéré en particulier.

Je n'ai pas besoin de rappeler ici les relations que l'on trouve entre ces paralysies et une cause toxique ou infectieuse dont les signes ou les symptômes généraux, s'il y en a, se mélangent au tableau de l'invasion des

Page 1