TRAITEMENT PROPHYLACTIQUE
Il peut paraître osé de songer à prévenir une affection dont les causes sont si diverses: il est certain cependant que l'hygiène physique et morale par laquelle les prédisposés héréditaires améliorent, régénèrent, leur tempérament, que la fuite d'un genre de vie qui crée ou accentue les tares restreignent le terrain dont les causes occasionnelles ont besoin pour produire une polynévrite. D'autre part, à ceux surtout qu'une longue hérédité pré-
1. Pour ce chapitre j'ai suivi dans ses grandes lignes le plan de la magistrale étude de M. le professeur Raymond (2« série, leçons 17 et 18).
dispose aux affections nerveuses, il faut en outre déconseiller l'usage immodéré de l'alcool, les professions occasionnant des intoxications chroniques, le surmenage, et les autres agents d'autointoxication.
Plus grande encore est l'importance de ces préceptes si on s'adresse à un individu ayant déjà eu une polynévrite. Instruit donc par sa première atteinte il devra et éviter les causes occasionnelles (alcool, profession, etc.) et améliorer son terrain par l'hygiène appropriée.
Le traitement rationnel de toute maladie infectieuse, diminuant les risques de complications, a par suite, au point de vue qui nous occupe, une réelle influence prophylactique : on sait que les paralysies diphtériques sont relativement rares depuis l'emploi du sérum de Roux, que les névrites sont moins fréquentes chez les syphilitiques rationnellement traités, etc.
Quand une maladie a déprimé un individu, en même temps qu'il reconstitue ses forces, le médecin lui évite la fatigue prématurée, les émotions, la dépression morale, il aide l'élimination des toxines etc.; ce faisant, il peut éviter bien des complications, et parmi celles-ci la polynévrite, au convalescent, surtout si celui-ci est un prédisposé du fait d'une tare héréditaire ou acquise.
Mais le plus souvent le médecin se trouve en présence d'un fait accompli : la polynévrite existe. Aussitôt posé le diagnostic de l'affection il faut en chercher la cause, . et attaquer d'une part celle-ci si on le peut, d'autre part les symptômes présentés par le malade ; et ensuite s'il y a heu, favoriser la restauration des tissus et des fonctions.