‹ Des polypes naso-pharyngiens au point de vue de leur traitementChapitre 1 sur 26 · LIE LEUR TRAITEMENT · texte numérisé non relu

LIE LEUR TRAITEMENT

Les chirurgiens qui se trouvaient' autrefois en présence des polypes fibreux naso-pharvngiens se désolaient de voir tous leurs efforts impuissants, dans la plupart des cas, pciur combattre cette terrible affection. Un grand nombre de procédés avaient cependant 'Sé inventés pour l’extirpation de ces polypes; malgré cela, la ma- ’adie récidivait presque toujours.

Depuis quelques années, la chirurgie a fait de grands progrès sous rapport. On a cherché des procédés plus radicaux qui permissent |lenle\er le mal jusque dans ses racines. Un grand nombre d’opé- , alions ont été créées dans ce but ; je me propose de passer en reue ce qui a été fait à ce sujet et d'apprécier tous les procédés nouenux qui se disputent aujourd’hui la préférence. Il est deux léthodes principalement, l’ablation plus ou moins complète du maxillaire supérieur et la résection de la partie postérieure de la loûte palatine, qui ont soulevé de vives discussions; la dernière ftout a élé critiquée avec une certaine partialité; les partisans de i délation du maxillaire l’ont accusée de n’avoir pas fait ses preuves, espere pouvoir montrer que, dans les cas où elle est applicable, méthode de M. le professeur Nélalon doit être préférée aux au' C8, car elle ne compte pas moins de succès quelles, et, de plus,.

elle a l'avantage de ne laisser qu’une difformité cachée, à laquelle la prothèse chirurgicale peut aujourd’hui facilement remédier.

J’ai rassemblé la plupart des faits consignés dans la science depuis un certain nombre d’années; ils m’ont permis, je crois, de porter un jugement en connaissance de cause, bien que quelques-uns soient relatés incomplètement par les auteurs. Je n ai pas I intention de présenter une étude complète des polypes fibreux naso-pharyngiens; j’ai cherché dans leur histoire ce qui peut fournir au chirurgien les indications nécessaires pour le guider dans le choix de 1 opération. J’aborde ce sujet en reconnaissant son importance et ses difficultés, trop heureux si j’ai pu réussir dans la tâche que je me suis proposée et mériter la bienveillance de mes maîtres.

A NATO Mtr..

Je crois utile d’examiner d’abord certains points d’anatomie sur lesquels les chirurgiens ne sont pas encore complètement «l'accord, quoique M. le professeur Nélalon ail appelé, depuis plusieurs années,

leur attention sur ce sujet.

On ne se rendait pas bien compte autrefois de ce qui se présente a l’œil lorsque l'on regarde au fond de la bouche. De nouvelles re< cherches ont montré que la partie de la colonne vertébrale </' " cor-' respànd au bord inférieur du voile du palais , cesl la base de I «pot phase odontoïde de taxis. En introduisant le doigt dans la gorge, 01 trouve facilement un pelb tubercule situé un peu au-dessus du bot. libre du voile. Celte petite saillie, qu'il est très-facile de recoiniai t« sur le vivant, c'est le tubercule antérieur de l'atlas ; c’est un point cl.

précieux pour , 'examen de l'arrière-cavité des fosses nasale En effet, juste au-dessus de lui finit la colonne vertébrale e, cou, wence f apophyse basilaire de t occipital. (Voyez pl. I.)

On cro it Isi qu'en prolongeant en arrière la ^

de la voûte palatine on tombait sur la colonne erreur : cette ligne de prolongement, ainsi que I a fa

>i. jNélalon, passe ordinairement au dessus du bord supérieur de l’atlas. J’ai pu faire moi-même, grâce à l’obligeance de M. le D' Péan, prosecteur des hôpitaux, sur trente sujets, des coupes verticales de la tête, passant par le plan médian, pour vérifier ce fait. Je me suis servi d’une petite tige d’acier coudée à angle droit, de manière à pouvoir l’appliquer sur la partie postérieure de la voûte et la faire glisser jusqu’à la colonne vertébrale sans être gêné par le rebord alvéolaire (pi. il, fig. 1). Je suis arrivé aux résultats suivants. Cette prolongation de la voûte tombait :

25 fois au niveau du point indiqué,

1 fois à 3 millimètres au-dessous,

4 fois, à 5, 10, 12 et 15 millimètres au-dessus.

J’ai pu voir également que, comme l’avait dit M. Nélalon, l’apophyse basilaire ne fait, avec la colonne vertébrale, qu’un angle à peine marqué (1). Quand on examine les malades, ils rejettent forcément la tète en arrière et il est certain qu’alors tout angle disparaît, comme l’on peut s’en assurer en introduisant le doigt recourbé en crochet derrière le voile du palais, et en le faisant remonter du tubercule dont j’ai déjà parlé, jusqu’à la partie supérieure du phaynx. Le seul moyen de savoir exactement où l’on se trouve est loue de se servir du point de repère déjà indiqué..

Un point fort important que m’a démontré l’examen des têtes, c’est ju’une ligne partant entre les deux incisives moyennes supérieures et louchant le bord postérieur de la voûte palatine, tombe toujours Deaucoup au-dessus de l’articulation alloïdo-occipilale. De plus, en enlevant 1 centimètre ou 1 centimètre et demi de la partie postérieure de la voûte palatine, et réséquant une portion plus ou moins jrande du vomer, on découvre toujours les parois latérales et posérieures du pharynx, les trompes d’Euslache, l’apophyse basilaire, ;e corps du sphénoïde, le bord postérieur et la face interne des apophyses plérygoïdes, l’extrémité postérieure des cornets inférieurs

! (1) M. Delore a même été jusqu’à nier complètement sou existence,

— lotît moyens dans l’étendue de plus d’un centimètre et la partie postérieure de la lame criblée de l’elhmoïde.

Je ne m’arrêterai pas à donner les dimensions du pharynx, car, les polypes déformant toutes les parties molles, des mesures prises sut l’homme sain n’auraient aucune utilité. Il n’en est pas tout à fait dt même de l’examen des distances qui séparent les parties osseuses de la voûte pharyngienne des différents points de la face, par oi l’on a voulu attaquer les polypes. J’ai sur 30 sujets de 20 à 60 an; mesuré les distances de l’articulation sphéno-occipitale aux point suivants :

1° A l’articulation des os propres du nez avec le frontal;

2° A l’épine nasale antérieure et inférieure;

3° A l’extrémité des dents incisives moyennes, quand j’ai pu letrouver sur les cadavres mis à ma disposition;

4° Au rebord alvéolaire du maxillaire supérieur sur la ligne me diane, en suivant la ligne droite;

5° Au même rebord alvéolaire en suivant la ligne brisée qui, ar rivant au même point, passerait par la partie postérieure de la voût osseuse de la bouche.

Voici les résultats :

90 uiillim.

82 millim

Ce tableau nous donne les moyennes suivantes :

1 78, 4 limite inférieure 69

— — supérieure 90

2 78, 1 limite inférieure 65

— — supérieure 95

3 67, 4 limite inférieure 69

— — supérieure 98

4 89, 9 limite inférieure 65

— — supérieure 94

5 82, 6 limite inférieure 66

— — supérieure 97

On voit que rien n’est variable comme le rapport entre ces différentes distances, et que l’on ne peut s’appuyer sur elles pour prétendre trouver un chemin plus court d’un côté ou de l’autre.

Sur la 12e tête, la ligne qui va directement de l’articulation sphénooecipitale au rebord alvéolaire, passe au-dessous de la partie postérieure de la voûte osseuse.

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