‹ Des polypes naso-pharyngiens au point de vue de leur traitementChapitre 6 sur 26 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

Wood ^Thomas), de Gifford, entré à l’hôpital en janvier 1832, pour un polype le la narine droite, qu’on pouvait apercevoir à l’orifice antérieur de la fosse nasale, et sentir en portant le doigt en arrière du voile du palais. Il existait depuis plusieurs mois et s’accroissait rapidement.

On essaya, peu de temps après l’admission du malade, d’extraire la tumeur,

et l’ou constala flu’elIe offrait cette structure ferme et fibreuse décrite spécialement par Dupuylren; elle se laissait déchirer en long, mais elle résistait aux ef- Int'ls de rupture transversale comme un tendon et saignait copieusement quand 011 Y Juchait. D’après Dupuylren, ce genre de tumeur est rapidement et inévitablement mortel, si on permet son développement, et l’avulsion est le seul moyer efficace de la détruire. C’est pourquoi on essaya à plusieurs reprises d’arrachei le polype tout à la fois par le ne/, et par le bouche, l’ne pince à fortes brancheset à dents saillantes fut construite’ dans ce but, et la narine fut incisée et ouverU pour favoriser son application. Quelques débris furent seuls extraits, et l’on dé-

couvrit bientôt que les insertions étaient étendues au point de rendre l’opération impraticable.

Le patient lut donc renvoyé dès que l’incision de la narine fut guérie; il revint le 12 août, très-affaibli et le visage profondément altéré. Le polype se montrai tout à la fois en dehors des narines et derrière le palais. 11 y avait eu plusieur; hémorrhagies considérables ; il étaiL évident que si la maladie n’était pas dé truite, le malade périrait prochainement. L’urgence autorisait les moyens les plu extrêmes.

On s’élait assuré que les insertions s’étendaient tout autour de l’orifice posté* rieur des fosses nasales et tout portail à croire que l’ablation de l’os maxillair: supérieur les rendrait accessibles. Cette opération fut donc pratiquée ainsi qu’ell a été décrite dans notre dernier compte rendu, et sans autre difficulté que la ré* sislaucc de l’opéré qui avait perdu tout sou empire sur lui-même. Après qu’oi eut enlevé l’os, il fallut une grande force pour détacher la tumeur de ses inser lions, elle fut totalement extraite ; elle mesurait î pouces de longueur, 2 et de mi de largeur et 1 et demi d’épaisseur. L’artère supérieure fut le seul vaisseaa profond qui exigeât la ligature. La cavité fut remplie de fragments de Unie t le angles de la plaie furent réunis par la suture. Le lendemain soir, le pouls élai plein et fréquent, la respiration difficile, on fit une saignée de 12 onces (1). L* jour suivant, respiration facile ; la plaie paraissait disposée à se réunir par pr« mière intention ; tout semblait aller du mieux et le malade prit de la nourriture Le matin suivant, un de ses voisins lui parla à cinq heures, il se disait très-bien à six heures, on le trouva mort.

A l’autopsie, on découvrit un autre polype qui prenait naissance dans la narin gauche et adhérait non-seulement à tout le bord supérieur et latéral de son orii fice pharyngien, mais encore à la base du crâne; sans aucun doute, il éehapp à la vue lors de l’opération, parce qu’il avait été refoulé par le premier, san doute aussi, il avait augmenté de volume depuis qu’il était soustrait à la com

fi) L’indicalion d’une saignée ne me semble pas bien démontrée chez un ma lade aussi affaibli que celui-là.

pression. Ce polype, du reste, n’aurait pas pu être enlevé, en sorte que le seul regret, en ce qui touche l’opération, est qu elle ait été tentée.

L’état désespéré du malade, et le fait bien établi que les polypes fibreux se présentent presque constamment isolés (et non multiples, comme les excroissances molles de la cavité nasale), justifient suffisamment, nous l’espérons, notre tentative.

Celte observation est tirée du neuvième compte rendu des opérations de l’hôpital chirurgical d’Édimbourg, de février à août 1S32, par James Syme, dans le Journal médical cl chirurgical d’Édimbourg , l. XXW III, p. 322.

Pour les détails de l’opération, on renvoie au 8e compte rendu nséré dans le même journal (t. XXXVII, p. 331). Voici ce qu’on y trouve (il s’agit d’un malade atteint d’une autre affection) :

■ Ayant mis à nu la partie antérieure de la tumeur en taillant un lambeau dans a joue, je coupai l’apophyse nasale de l’os maxillaire supérieur, son attache ivec le malaire, la cloison du nez (il fut nécessaire d’enlever plus de la moitié du jalais) , et., en dernier lieu, le palais lui-même, avec des pinces coupantes: je •herchai alors à faire basculer et à tordre l’os pour l’amener au dehors.

On voit qu’il n’y a aucun détail sur la manière dont furent faites es incisions des parties molles. En lisant cette observation, je renarque que M. Syme a cru avoir affaire à un malade porteur de leux polypes fibreux. Je pense qu’il y a eu là une erreur et que on malade n’avait qu’un seul polype présentant deux embranchements qui s’engageaient dans chacune des fosses nasales et avaient onlracté des adhérences consécutives avec leur orifice postérieur. )ans son opération, il crut avoir enlevé un polype entier, tandis |u’il n’avait ôté qu’un des prolongements.

M. Syme dit encore que la tumeur, trouvée à l’autopsie, n’aurait »u être enlevée; je ne suis pas de son avis. L’opération eût pu

ire menée à bien en réséquant complètement la cloison des fosses •asales.

Cette opération, malheureuse du reste, avait été publiée lorsque, n mars 1840, M, Flaubert ayant vu son père faire de nombreuses

tentatives d’excision et de ligature sur un malade sans pouvoii le debarrasser d’un énorme polype, voulut ouvrir un passage asse> large pour arriver à extraire cette tumeur; t’est alors qu’il employa l’ablation du maxillaire supérieur, et il obtint une guérisoi complète.

Depuis cette époque, cette opération fut employée par un granc, nombre de chirurgiens, mais plusieurs d’entre eux se conlentèren de réséquer une partie plus ou moins grande de l’os. Ils étaien poussés par le désir de conserver l’arcade dentaire et d'évitei : l’aplatissement de la joue que l’ablation totale laisse toujours aprèf ! elle. M. Huguier eut tort de réclamer la priorité de cette modi-i fication en 1850, car M. Michaux, de Louvain, l’avait déjà pratiquée le 4 janvier 1843 [Bulletin de l'Académie royale de médecim de Belgique, tome XII, séance du 26 février 1853, page 340), et enlevant les os du nez et l’apophyse montante d’un maxillaire De plus, cette opération n’ayant pas suffi, il voulait enlever l<! maxillaire en respectant le plancher des fosses nasales et l’arcadd dentaire; mais le malade s’y refusa. Instruit par cet insuccès-; M. Michaux, le 1er décembre 1847, pratiqua l’ablation totale diJ maxillaire et obtint une guérison.

Voici le tableau de toutes les ablations du maxillaire supérieur pratiquées pour l’extraction des polypes, sur lesquelles j’ai pr trouver des renseignements :

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