‹ Des polypes papillomateux du voile du palaisChapitre 8 sur 13 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Les papillomes pédiculés de Tisthme du gosier pourraient, à un examen rapide, être confondus avec d’autres tumeurs fixées dans la même région.

M. Dupîay dit que l’on rencontre quelquefois sur le bord libre du voile du palais et au voisinage de la luette, ou même attachés à cet appendice, de petits polypes muqueux. j

« Ceux-ci, dit-il, n’atteignent jamais un gros volume et sont fixés par un pédicule très étroit et souvent fort long, ce qui leur permet de se déplacer facilement et de produire un chatouillement désagréable à l’isthme du gosier, d’où résultent des accès de toux, des envies de vomir. »

Cette description s’appliquerait exactement aux tumeurs qui nous occupent, si l’aspect macroscopique et surtout microscopique était signalé.

La différence, si elle existe, s’applique donc, non aux phénomènes subjectifs, mais aux caractères propres de la tumeur, à l’aspect granuleux, hérissé des papillomes.

Du reste, M. Duplay ne parle pas de l’existence de papillomes dans la région pharyngée, et la description histologique de ces polypes muqueux n’est point faite.

Nous ne ferons que signaler, sans y insister, les cas où la tumeur s’insérait sur la voûte palatine, comme celui qu’a rapporté Clérault (1) à la Société anatomique. Il s’agissait d’une tumeur formée par une enveloppe cutanée recouverte de petits poils et s’insérant par un pédicule de 15 millimètres à la partie postérieure de la voûte palatine.

Le nouveau-né qui en était porteur présentait des signes d’asphyxie qui disparurent après l’ablation de la tumeur.

Cette tumeur polypoïde ne présentait point les caractères de celles que nous étudions, et le diagnostic n’était point embarrassant.

Legroux (1) rapporte un autre exemple de tumeur sphérique atteignant le volume d’une pomme d’apis et qui adhérait au pilier antérieur droit par un pédicule assez large: il s’agissait d’un kyste dermoïde. Dans ce

cas, comme dans le précédent, la tumeur présentait un

volume tout à fait anormal pour un papillome pédiculé; d’ailleurs, la surface lisse de celle-là suffit à la distinguer du papillome, dont l’aspect est grenu, irrégulier.

Quant aux tumetfrs, quelle que soit leur nature : fibromes, myxomes, adénomes, sarcomes, épithéliomes, etc., qui ne sont point pédiculées, elles sont distinguées des polypes papillomateux par l’absence même du pédicule.

Dans les cas assez rares où ces tumeurs se pédiculi-

(1) Clérault. Bull. Soc. anat., 1874, p. 384.

(2) Legroux. Bull. Soc. anat., 1867, p. 10.

sent, le diagnostic différentiel avec Jes papillomes est encore facile, car aucune d’elles n’est hérissée de longues papilles et ne ressemble à la muqueuse linguale.

Tel est le diagnostic du papillome pédiculé ordinaire, vulgaire; mais il est des formes plus rares où le papillome peut être sessile.

Tel est le cas présenté par Homolle en 1874 à la Société anatomique : un tuberculeux était arrivé à la dernière période de la phtisie, après avoir présenté à diverses reprises des lésions syphilitiques de la gorge et du voile du palais. Au moment de sa mort, on trouve la voûte et le voile palatins recouverts d’une muqueuse tuméfiée, mamelonée, végétante, d’un rouge vif, comme privée d’épithélium, ayant l’apparence d’une plaie couverte de bourgeons charnus exubérants. Ces lésions se prolongeaient sur le pharynx et la face supérieure du voile du palais. C’étaient des papillomes multiples sessiles.

Terrillon dit avoir vu en 1871, dans le service d’Isambert, des végétations muqueuses en nombre aussi considérable chez un tuberculeux.

Ces papillomes sessiles, dont nous ne dirons qu’un mot, peuvent être confondus avec des productions épi— théliomateuses et, de fait, le diagnostic est souvent des plus difficiles; l’étude attentive des antécédents, le mode de développement de latumeur, l’examen microscopique suffiront, croyons-nous, à élucider cette question si importante pour apprécier le pronostic au point de vue de la récidive*

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