‹ Des polypes papillomateux du voile du palaisChapitre 7 sur 13 · EXAMEN MICROSCOPIQUE DE LA TUMEUR · texte numérisé non relu

EXAMEN MICROSCOPIQUE DE LA TUMEUR

Nous allons examiner séparément le pédicule et la tumeur proprement dite.

A un faible grossissement, le pédicule est composé de deux parties nettement séparées : la partie centrale et la zone périphérique.

La partie centrale ou dermique est constituée par un tissu cellulaire parsemé d’orifices qui ne sont autres que les lumières des vaisseaux sanguins de la tumeur : leur nombre varie, suivant les cas, de cinq à dix et même plus.

Le tissu conjonctif qui constitue le centre du pédicule est composé, tantôt de fibres conjonctives nombreuses avec peu de substance amorphe granuleuse, tantôt au contraire cette dernière prédomine. Quant aux cellules du tissu conjonctif, elles sont les unes sphériques ou ovalaires, les autres fusiformes ; cette dernière forme coïncide généralement avec des fibres conjonctives nombreuses et marque l’état adulte du tissu conjonctif.

Au contraire, les cellules rondes sont plus nombreuses là où les fibres conjonctives sont moins abondantes et où la substance amorphe prédomine; cette disposition indique que la tumeur est en voie d’accroissement et qu’elle n’a pas atteint son entier développement.

Les vaisseaux du pédicule sont composés seulement de deux couches : l’une externe fibro-musculaire, et l’interne ou endothéliale ; nous n’avons jamais pu observer la couche élastique, même sur les plus gros vaisseaux.

Enfin, on trouve en certains points de larges orifices en fente plus ou moins allongée suivant le hasard de la coupe. Ces espaces, tapissés par des cellules dont le noyau fait saillie dans l’intérieur, ne sont autres que des lymphatiques.

Le noyau conjonctif du pédicule ne présente pas une circonférence unie ; il envoie çà et là des prolongements plus ou moins longs qui se bifurquent parfois et qui

représentent des papilles de nouvelle formation. On retrouve là, du reste, les mêmes éléments que dans le centre dont elles émanent ; cependant, les cellules rondes y sont beaucoup plus nombreuses que partout ailleurs.

La zone superficielle ou épidermique du pédicule est constituée par des couches stratifiées de cellules, dont les plus profondes sont cubiques ou cylindriques et sont implantées perpendiculairement à la ligne qui limite cette zone ; les couches successives perdent d’autant plus facilement leur forme cubique qu’on les examine en des points plus superficiels ; il faut remarquer, de plus, que la coloration par le carmin est d’autant moins intense que l’on s’éloigne plus de la couche profonde. .

Les cellules de la couche moyenne de l’épiderme présentent, en un grand nombre de points, un aspect vésiculaire qui isole mieux et rend plus apparent leur noyau.

La couche la plus externe est composée de cellules plates pourvues d’un noyau atrophié ; elle se colore en jaune par le picro-carmin.

Nous aurons peu de choses à dire de la tumeur proprement dite, car elle présente la même structure que le pédicule avec des particularités semblables.

La partie centrale ou conjonctive du pédicule représente à peu près les deux dixièmes de l’épaisseur totale de celui-ci, le reste étant constitué par la couche épidermique. Dans la tumeur, au contraire, les rapports sont renversés, et la partie conjonctive forme la plus grande partie de l’épaisseur de la tumeur ; la couche épidermi-

que ne présente pas une épaisseur plus grande qu’à la peau, sauf en certains points.

Ces points correspondent aux papilles qui naissent du noyau conjonctif et qui atteignent quelquefois une longueur relativement considérable. Un prolongement cellulaire très petit donne parfois naissance à des papilles presque exclusivement constituées par les couches successives de cellules épidermiques.

Ce qu’il y aussi de particulier à la tumeur, c’est la dilatation anormale des vaisseaux sanguins, comme l’a déjà signalé M. Yerneuil; par place, on dirait même que la circulation est lacunaire, tant les vaisseaux sont irréguliers et mal limités.

La tumeur enlevée au malade qui fait le sujet de la cinquième observation présentait dans son centre une large cavité, constituée oar la fusion des vaisseaux sanguins.

Les deux tumeur :nlevées par M. Poyet (obs. YI), chez un même malade, déjà affecté d’un polype sarcomateux du larynx, contenaient des filets nerveux.

Néanmoins, la sectien de ces polypes n’a pas été bien douloureuse, mais seulement sensible.

Dans les autres tumeurs, nous n’avons pas recherché la présence des nerfs, sauf dans l’une d’elles, où nous n’avons rien trouvé.

Dans aucune n’existent des glandes ; ce qui pourrait donner le change, c’est la présence, au milieu de la couche épidermique, d’une sorte de noyau composé de petites cellules arrondies, noyau qui résulte de la section d’une papille perpendiculairement à son axe.

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