CHAPITRE Y
DES CORDES 'VERTICALES DES PARAPETS , ET DES AMARRES INFÉRIEURES DU PONT.
La plate-forme , qui sert de passage , doit être suspendue aux câbles en fer par le moyen de cordes verticales. La longueur de ces cordes, très difficile à déterminer par le calcul , peut l’être , comme nous l'avons vu par l’expérience , en disposant les choses de manière qu’elles aient, dans le milieu, la hauteur qu’on veut donner au parapet; mais ceci n’est que pour éviter la dépense de la plus grande élévation des culées , ou longueur des cordes verticales ; car rien ne s’opposerait à ce qu’on donnât au plancher telle courbure, et aux cordes telle longueur qu’on jugerait à propos.
Les cordes verticales, dans les grands ponts, peuvent se faire de la même manière que les câbles , en remplaçant les anneaux par des espèces de sabots, ou anneaux demi-circulaires qui portent dans le haut en travers des câbles , et qui par en bas s’emboîtent dans l’extrémité des traverses en bois , sur lesquelles la plate-forme est établie. Le nombre de brins dont elles se composent, et leur espacement est relatif aux usages pour lequel est destiné le pont, de manière que chacune puisse suppor-
ter la moitié du poids dont pourra être chargé le plancher entre les espaces terminés par deuxcordes.
Comme les câbles pourraient être détruits dans leur partie supérieure par le frottement du sabot, il sera bien, pour prévenir cet inconvénient, de les envelopper de fil de fer recuit , et fortement serré ; ce bourrelet serait assez solide pour empêcher les cordes de glisser le long des câbles qui forment la courbe; il ne serait pas prudent cependant, dans les parties les plus élevées des grands ponts, où la courbure est la plus grande, de s’en tenir à ce moyen, parce qu’il exposerait ces parties à un tiraillement qui pourrait faire écailler les vernis. 11 faudra donc arrêter entre elles les premières cordes verticales du côté des culées , avec des faisceaux de fil de fer, dont le nombre diminuera comme la longueur des cordes, et dont le premier aura à peu près le tiers du nombre de fils qui la composent (note 18).
Le parapet du pont peut se faire de toutes les manières qu’on voudra, pourvu qu’il ne tende pas trop à en augmenter le poids; c’est pour cela que, lorsqu’on ne craint pas le balancement , on se contente d’un treillage en fil de fer, auquel les cordes verticales servent de soutien.
Si le pont avait une grande largeur, et était destiné à supporter de grands fardeaux, il serait bien de disposer un assemblage de pièces de bois, qui s’opposât le plus possible au balancement. Je
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crois celui que j’ai proposé pour quelques constructions publiques très propre à remplir cet objet ; il consiste en deux rangs de pièces de bois, AB, CD, liées ensemble, et maintenues, a la distance d'un mètre l’une de l’autre, par des traverses EF, GH, ‘disposées en croix de Saint-André, qui viennent se joindre bout à bout en formant entre elles un angle droit. On maintient cet assemblage par le moyen de boulons en fer IR , qui , traversant les pièces de bois entre les joints des traverses, permettent de le serrer à volonté , et lui donnent une grande solidité.
Lorsque les ponts ont une masse trop petite , eu égard à leur portée, ils sont sujet à un balancement, qu’on peut éviter en partie en les amarrant inférieurement au moyen d’un système de cordes GH, IR {Fig. XX), qui doit compléter d’un bout a l’autre une portion de polygone, dont tous les côtés doivent être très tendus, et disposés de manière à couper les câbles de fer sous les- plus grands angles possibles (note 19).
Ces amarres seront fixées aux culées le plus bas qu’il sera possible, sans trop gêner la navigation, à des anneaux ou crochets , que l’on implantera pour cet objet dans la maçonnerie : elles sont surtout essentielles lorsqu’on fait des ponts très légers, ou établis directement sur les cordes , parce que la quantité de mouvement acquis est toujours proportionnel à la masse en repos et en mouvement.