I. Des amarres en fer
Tous les fers n’ont pas la même ténacité ; plusieurs causes, dont il est difficile de se rendre compte, influent puissamment sur cette propriété : le meilleur moyen que je connaisse pour l’augmenter consiste à prendre des barres d’une dimension plus considérable que celles dont on a besoin, et les faire étirer sans trop chauffer, jusqu’à ce qu’on les ait amenées à la grosseur dont on a besoin (note 2). Une faudrait pas trop s’appuyer sur la ductilité du fer pour en conclure qu’il fût plus tenace ; car l’expérience prouve que ces deux propriétés sont loin de marcher ensemble, et que le fer aigre supporte, à peu de chose près, le même poids que le fer doux (note 5) ( a ). On peut cependant, pour les besoins ordinaires, calculer sur environ i5o kilog. par ligne carrée, ou 120 kilog. par ligne
[a) Voyez la note n° 2.
circulaire, tel qu’il sort des forges pour être livré au commerce. 11 est bon, au reste, d’en faire l’essai, si l’entreprise qu’on se propose en exige un emploi considérable, au moyen d’un appareil tel qu’on le voit {Fig. XXI), au moyen duquel on charge la barre jusqu’à ce qu’elle casse.
Nous diviserons donc 3o,oookilog. par t 5o, ce qui nous donnera 200 lignes carrées; et si l’effort doit être réparti sur plusieurs points, sur quatre, par exemple, on divisera 200 par ce nombre, ce qui donnera 5o lignes carrées, à peu de chose près, qu’011 obtient d’une barre de 7 lig. de côté, ou exactement de 1 o sur 5 : on percera donc dans le rocher des trous AA {Fig. V et VI) de 8 à j6 pouces de profondeur, suivant qu’il sera plus ou moins sain, et suivant sa dureté, en ayant le plus grand soin que, la barre étant placée, la traction se fasse exactement dans le sens de sa longueur. Pour plus de précautions, on emploiera une barre d’une ligne ou deux plus forte que ce qu’indique le calcul; on refoulera et on fera des crans à la pai'tie qui doit occuper le fond du trou , et s’étant assuré qu’elle est de fer bien sain, on coulera du plomb tout autour, et non du soufre , qui à la longue finit par altérer le fer.
Si la barre doit porter à son bout un anneau A {Fig. V), il vaudra mieux le former en la repliant tout du long, et la soudant seulement à la partie inférieure, et donner le plus grand soin à
EX FIL DE FER
ce que l’anneau ne soit que juste de la grandeur du crochet, ou autre anneau qu’il doit recevoir, pour éviter l’influence du levier ou porte à faux.
Si elle devait être terminée par un crochet A ( Fig. VI) , il faudrait le faire un peu plus long que le besoin, et relever au bout extérieur un boudin pour donner la facilité de le fretter au moyen d’un lien à clavette, afin de l’empêcher de s’ouvrir. Il est des cas où l’on ne peut disposer les amarres de manière à ce que l’effort se fasse dans le sens de la longueur des barres : tel est celui de la Figure III , où il deviendrait impossible de sceller les barres dans le rocher, vu la position dans laquelle elles se trouvent ; mais on obvie à cet inconvénient en augmentant leur dimension proportionnellement à leur longueur; la règle à suivre, dans ce cas, est de donner à la barre autant, de fois la force indiquée par le calcul , que la hauteur contient la moitié de l’épaisseur (note 6). Nous avons vu qu’une barre de 7 lignes carrées suppor tait 7,5ookilog. ; elle n’en soutiendrait donc plus que 62 5, ou le douzième de ce nombre, si elle agissait avec un levier de 5 pouces et demi , puisque la demi-épaisseur, 3 lignes et demie, est le douzième de 3 pouces et demi.
Il se présente ici une considération sur le sens dans lequel se fait l'effort relativement aux dimensions de la barre. Tout le monde sait , en effet , qu’une barre de fer , une piècede bois, etc. ,