‹ Des ponts en fil de fer (volume 2)Chapitre 8 sur 29 · UES PONTS · texte numérisé non relu

UES PONTS

est bien plus forte de champ que de plat; mais comme la force croît évidemment comme les quantités de fer lorsque l’on élargit une barre, puisque l’on obtient le même effet que si l’on en employait plusieurs les unes à côté des autres, il s’ensuit que si on la renforce dans le sens où se fait l’effort, elle augmentera de force dans une bien plus grande proportion. La théorie indique dans ce cas que , si la dimension était double , la force serait quadruple; si elle était triple, elle serait neuf fois plus considérable, etc. : ce qu’on appelle raison doublée.

Pour trouver donc la force d’une barre de fer qui agit en formant levier, lorsqu’on connaît celle d’une autre plus petite, il faut comparer leurs dimensions, et multiplier la force de la petite, par deux fois le rapport de l’épaisseur et une fois celui de la largeur. Nous venons de voir qu’une barre de 7 lignes carrées supporterait 6a5 ldlog. Si donc nous voulons qu’elle ait la même force qu’elle avait auparavant en formant levier de 3 pouces et demi, il faudra lui donnerai lignes sur 10; car 21 contient trois fois sept, et 10 est un peu plus des j de 7 , ce qui nous donne 3 x 0 X 7 = 1 2 , ou douze fois 625 = 7,500.

On aurait également pu donner 14 lignes de hauteur sur 21 de large ; mais 011 voit qu’on aurait employé moitié plus de fer pour obtenir le même résultat.

Pour peu que le levier soit long, il faut diviser les amarres pour éviter de trop fatiguer le rocher. Il est assez difficile de donner là-dessus des règles précises , parce que la cohésion de la pierre varie beaucoup ; dans quelques expériences que j’ai faites, j’ai vu de la pierre calcaire s’éclater sous le poids de i ,5oo kilog. , tandis que du granit dans les mêmes circonstances en a soutenu 6,000, sans annoncer la moindre disposition à être endommagé. Chacun, au reste , dans sa localité doit être à même de juger, soit à l’inspection , soit par l’expérience , l’effort que peut supporter une masse de rocher , ou une pierre, suivant les circonstances où elle se trouve placée.

Comme la quantité de fer dont on a besoin est bien plus considérable lorsqu’on agit au bout d’un levier un peu long, et qu’il convient d’ailleurs d’éviter dans ce cas l’emploi du fer trop doux qui serait sujet à plier, on peut le remplacer avec avantage par le fer fondu , dont on peut calculer la ténacité, à raison de 5o kilog. par ligne carrée, Je tiers de celle du fer (note 7). On peut alors, pour économiser la matière, disposer son levier de manière que l’épaisseur aille en diminuant jusqu’au bout; car on conçoit que la longueur déterminant la force qu’il doit avoir, le calcul que nous avons indiqué pourra s’exécuter pour chaque pouce, ou chaque ligne , suivant l’exactitude que l’on voudra y mettre.

J’ai cru qu’il était à propos d insister sur cette règle, parce que j’aurai occasion d’y revenir plusieurs fois , et qu’elle s’applique dans une infinité de cas. On ne doit jamais employer le fer , le bois , la bâtisse , etc. , sans préalablement s’être assuré de ce que peuvent supporter ces matériaux, suivant la manière dont ils résistent, et s’être rendu un compte exact de l’effort qu’ils auront à soutenir ; car, en supposant même qu’on ne le connût pas exactement , il serait bien que les parties fussent disposées de manière à présenter partout le même degré de résistance, (a)

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