‹ Des ponts en fil de fer;Chapitre 13 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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La longueur, la largeur et la flèche du pont étant déterminées, nous donnent le moyeu de calculer la tension qu’exerce la charge sur les câbles ou effort pour renverser les culées; on l’évalue ordinairement en supposant le pont couvert d’autant d’hommes qu’il en peut contenir, et employant chacun un espace de trois pieds carrés. Cependant, lorsque l’on opère pour les besoins d’uue famille, d’un village, dans un endroit où le passage est peu fréquenté, ou conçoit que l’on peut très-bien se tenir au-dessous de cette supposition, parce que la probabilité d’une charge pareille est si petite qu’elle peut être considérée comme nulle. L’on peut calculer le poids d’une personne à 65 kil. enviton.ce qui donnera le moyeu d’évaluer la charge probable, à laquelle ou ajoutera le poids des plateaux destinés au passage, et celui des fils de fer, dont on estimera approximativement le nombre, jusqu'à ce que le calcul du poids total donne le moyen de le déterminer d’une manière plus exacte.

Ce poids ainsi connu, on s'assurera, suivant la courbure qu’on veut donner au pont, de l'effort de traction qu’il exercera sur les culées en employant la règle que nous avons donnée, de multiplier la flèche par 8, et d’augmenter la charge totale proportionnellement au rapport de cotte quantité à la longueur du pont; elle représentera, comme nous l’avons vu, l’effort que doivent soutenir les culées , ainsi que le poids qui chargera les fils de fer que l'on aura soin d'augmenter suivant ce que la prudence indiquera , pour se trouver au delà de la probabilité de tout accident.

Les Anglais, dans leurs grandes constructions, ont donné & leurs chaînes une force triple de celle indiquée parle calcul, l’expérience leur ayant indiqué que le fer pouvait sans inconvénient être soumis à la traction du tiers du poids qui occasionerait sa rupture. Cette règle a été confirmée par les belles expériences de M. Duleau (i), d’où il résulte que le fer soumis à cette charge n’éprouve qu'un t res-petit allongement et revient exactement à sa dimension primitive lorsqu’on le décharge; si l’on ajoute à cela l’autorité de M. Navier (a) qui, ayant fait de cette matière une étude approfondie, est parvenu aux mêmes résultats, il ne restera aucune incertitude sur la stabilité de monumens qui réunissent ainsi tout ce que la théorie et l’expérience peuvent indiquer de plus certain.

Les conditions de charge calculées ainsi, sont exprimées avec une telle exactitude, qu’il est bien difficile quelles soient jamais dépassées, et en supposant même que le cas arrivât, il n’en résulterait aucun inconvénient, pourvu qu’il ne fût pas trop souvent réitéré, car c’est plutôt la multiplicité des épreuves qu’une légère addition à la limite de chargé* que nous avons indiquée, qui pourrait entrainer la destruction de ces sortes d édifices.

Je diviserai ce cliapitre, comme j’ai fait le précédent, en trois parties, et je vais entrer successivement dans l’examen de chacune d’elles en particulier.

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