II. Des moyens de régulariser la tension des câbles
La plus légère différence dans la longueur des câbles et des amarres en occasionnant une sensible dans la hauteur du plancher, ou doit se réserver un moyeu de pouvoir les tendre ou relâcher ,.tant pour parer aux erreurs d'exécution que l'on peut commettre en les fabriquant, que pour ramener le plancher à une hauteur déterminée s’il se dérangeait de sa position primitive, il est plusieurs des causes qui peuvent produire cet effet que le calcul indique être assez légères pour qu'on puisse les négliger : telles sont celles qui sont dues â l’allongement produit par la variation de la température, ou au poids additionnel que peut recevoir le pont ; tuais il eu est d’autres sur lesquelles l'expérience n'a pas encore prononcé , et qui ont besoin d’un laps de temps plus considérable que celui qui nous sépare de l'époque où l’on a commencé à construire des ponts suspendus. Tel est l’allongement qui pourra être occasion* à la longue par la pénétration du fer dans les parties anguleuses «les chaînes qui ne porteront pas sur des surfaces suffisantes, l’usance et l’oxidation due au frottement dans le* endroits en contact, ou enfin ia compression du bois lorsqu'il formera suite au système de la suspension. Il parait cependant que la plupart de ces inconvénients n’ont pas paru assez graves à plusieurs constructeurs anglais pour mériter leur attention , puis-
que dans la plupart «In leurs constructions ils ont négligé les moyens d’y remédier ; M. Brunei cependant, dans deux ponts qu’il a exécutés pour le gouvernement français, a divisé en deux parties le boulon qui rassemble les chaînes, afin que l’on put au besoin y chasser des callrs en fer et la raccourcir ou l'allonger ainsi à volonté.
Ce moyen ne peut être employé pour les câbles en fil de fer , et c est pour cela que j’ai proposé de le remplacer par une masse en fonte , de forme pyramidale, ayant pour base un carré long , à travers laquelle on fait passer des barres taraudées portant à leur bout des anneaux dans lesquels on enfile les câbles. I,a force de ces pièces doit être calculée suivant la règle des leviers dont j’ai déjà parlé, j’en donnerai une seconde application en supposant qu’elles doivent résister à un effort de ra, 5 oo kil. •
Comme la section GH ( fig. 10) est la plus faible, nous nous contenterons de calculer ses dimensions; et, pour cela, supposons d'abord qu’elle ait o'”,/joo de large, et o m ,o/|o d’épaisseur, la surface dans cette section sera de ifi,ooo millimètres, et pourrait résister à une traction de itio.ooo kil.; mais, comme l’effort agit avec un levier I K fie o"\ao; il suit que l’effort qu’il exercera pour désunir les parties de la section C II sera 10 fois plus fort, on o™,aoo divisé par o“,02o; que, s'il était seulement la moitié de l’épaisseur de la plaque, divisant donc ce nombre par 10, on trouvera que sa résistance est de 16,000 kil.
11 ne faut pas perdre de vue que ce nombre indique le poids qu’il faudrait pour briser la fonfe, et que dans la pratique on ne doit jamais déposer le quart de cette quantité, vu surtout l’incertitude des pièces coulées, qui peuvent avoir intérieurement des défauts cachés flont on ne peut s’apercevoir, et c’est pour cela qu’il sera bien de les faire fondre toutes massives et les percer après pour éviter les bulles d’air qui sc dégagent fréquemment des noyaux pendant qu’on coule les pièces et occasioncnt des parties vides connues des fondeurs sous le nom d’enssou/lures.
Lorsque l'ou emploie, pour les amarres, une pièce de bois comme on le voit ifig. 14 ), on peut faire servir la partie taraudée â régulariser la tensiuu en ménageant par derrière une cavité indépendante de l'amarrage, que l'on ouvre de temps en temps poulies visiter et veiller à leur entretien.
Si l’on remplaçait les culées en pierre par lies pallées en bois (tig. t4), on se servirait des pièces mêmes qui forment la pallée en la faisant traverser par des boulons auxquels on accrocherait d'un côté les câbles, et de l'autre les amarres, ayant la précaution de mettre plusieurs rondelles très-larges devant les écrous pour les empêcher de s'imprimer dans le bois, et l'on veillerait à ce que la direction des boulons lit exactement suite à celle des câbles et des amarres.