DIT PONT
Le plancher ou plate-forme qui sert de passage est , comme nous l’avons déjà vu dans le plus grand nombre de cas, suspendu aux câbles en fer par le moyen de cordes verticales dont on peut facilement déterminer la longueur par l’expérience, tandis que leur calcul présente beaucoup de difficultés. 11 faut seulement observer que, si, au lieu d’une ligne droite, on voulait donner au plancher la forme d’un arc de cercle ou de tout autre courbe on figure , il faudrait après avoir tracé cette figure sur le terrain, faire la même opération que l’on a exécutée pour mesurer les cordes et ajouter ensemble les valeurs correspondantes, en ayant égard au diange-
méat qui en résulterait sur la hauteur des culées, la force des cordes verticales étant indépendante de leur longueur, on ne trouverait dans ce changement d’autres avantages ou iuconvéniens que ceux qui naîtraient de la plus ou moins grande élévation des culées, résultant de ce changement de forme.
Les cordes verticales, dans les grands ponts, peuvent se faire de la même manière que les câbles, en remplaçant les coussinets par des espèces de sabots ou anneaux demi-circulaires qui portent dans le haut en travers des câbles, et qui par en bas s’em boitent dans l’extrémité des traverses en bois sur lesquelles la plate-forme est établie. Le nombre de brins dont elles se composent, et leur espacement, sont relatifs aux usages pour lequel est destiné le pont, de manière que chacune puisse supporter la moitié du poids dont pourra être chargé le plancher entre les espaces terminés par lieux cordes.
Comme les câbles pourraient être détruits dans leur partie supérieure par le frottement du sabot, il sent bien, pour prévenir cet inconvénient, de les envelopper de fil de fer recuit, et fortement serré; ce bourrelet serait assez solide pour empêcher les cordes de glisser le long des câbles qui forment la courbe; il ne serait pas prudent cependant, dans les parties les plus élevées des grands ponts, où la courbure est la plus grande, de s’en tenir à ce moyeu , parce qu’il exposerait ces parties à un tiraillement qui pourrait fane écailler les vernis. 11 faudra donc arrêter entre elles les premières cordes verticales du coté des culées, avec quelques brins de fil de fer, dont le nombre diminuera avec la longueur des cordes.
Un des plus grands iuconvéniens des ponts suspendus étant le vacillement qu’y occasione tout corps en mouvement qui a une masse un peu considérable, on doit employer tous les moyens possibles pour leur donner de la rigidité; le meilleur que je connaisse consiste à disposer, pour servir de parapet, un assemblage de pièces de bois composées de deux rangs de longuerines A B, CD (fig! 9),
liées ensemble et maintenues, à la distance d’un mètre l'une de l’autre, par des travers* -s EF, GH, disposées en croix de saint André, qui viennent se joindre bout à bout en formant entre elles un angle droit. On maintient cet assemblage par le moyen de boulons en fer 1 K, qui, traversant les pièces de bois entre les joints des traverses, permettent de le serrer à volonté, et lui donnent une grande solidité.
Les amarres destinées h empêcher le balancement seront fixées aux culées le plus bas qu’il sera possible, sans trop gêner la navigation, it des anneaux ou crochets, que l’on implantera pour cet objet dans la maçonnerie : elles sont surtout essentielles lorsqu’on fait des ponts très-légers, ou établis directement sur les cordes, parce que la quantité de mouvement acquis est toujours proportionnel à la masse en repos et en mouvement.