‹ Des ponts en fil de fer;Chapitre 18 sur 29 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

DES PLXXCIIERS.

I -I première qualité des planchers, ou plate-formes des ponts suspendus, est d’avoir le plus de rigidité possible, et c’est pour cela qu’on aura soin d'en lier entre elles les diverses parties, de manière à obtenir un assemblage qui puisse en empêcher la désunion.

On attache ordinairement aux cordes verticales des traverses sur lesquelles ou fait porter le plancher; on pourrait également employer des pièces longitudinales pour supporter les traverses; mais il me parait qu'il faut dans tous les cas établir les plateaux en long plutôt qu’eu travers; ils doivent être de la plus grande dimension possible; leurs joints bien dressés et très serrés entre eux, afin d’éviter le balancement horizontal, qui est une suite du manque de liaison dans le plancher. On doit avoir soin aussi de bien assujétir les lûtes du pontaux culées ; on peut, pour remplir cet objet, sceller

dans la maçonnerie des tiges «le fer taraudées par le bout, et lorsque le plancher est fini on le recouvre, d’une bande de fer percée de trous à la même distance entre eux que les barres taraudées que l’on y fait entrer, et l’on serre alors le plancher saisi ainsi entre la barre et la maçonnerie.

La force des pièces du plancher doit être calculée suivant leur portée. L’expérience a démontré qu’une pièce de chêne de H mètres de long sur un décimètre d’équarrissage pouvait supporter environ i,âoo kiL , mais on ne doit, dans la pratique, les exposer à être chargées que d’un cinquième à un dixième de cette quantité, si l'on veut qu’elles aient une durée un peu considérable : on conçoit que l'emploi auquel sera destiné le pont influera considérablement sur la force relative de ces diverses pièces : s'il n’était, par exemple, qu’à l’usage des piétons, on calculerait la charge de chaque point eu la comparant à la surface à laquelle il correspond , puisqu’on pourrait regarder sensiblement cette masse d’hommes comme un poids homogène; mais, s’il était question d’y faire passer une voiture, quoique le calcul démontre que des hommes serrés les uns contre les autres et occupant le même espace que la voiture , pèsent plus quelle , il y aurait cette différence que, la voiture portant sur deux points seulement, il faudrait que deux ou quatre cordes verticales el chaque point du plancher isolément pussent supporter tout cet énorme poids.

Lorsque l’on est ainsi arrêté sur les dimensions des bois qui composent le plancher, on se rend un compte exact de son poids en en cubant les diverses parties et multipliant le total par 1,000 kil., qui est à peu près le poids d’un mètre cube de chêne vert, c'està-dire le même que celui d’un volume égal d’eau. On ajoute ensuite ce poids à celui du fer et à la charge éventuelle, ce qui donne, ainsi que nous l’avons vu, le moyen de déterminer la force et la. dimension de toutes les autres parties.

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