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(iJO? renseignement m’a été donné par M. Molord, membre de l'Institut, qui, en me commiiniqumtt l*ouvragr de FouMut VtVrntiu*, a bien voulu me faire port de plusieurs observ ations utiles qu'il a faites mi snjrf dé la force des fils de fer et d’acier. «'î> u luffù'ithrnue uni%'vr>i'ltr , octobre 1 S'il, fol. ia3.
(V Idem , novembre 1S11, f.«l. 19V
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est celui dont parle Hutchinson ij; il consiste en deux chaînes de fer sur lesquelles on a établi un petit plancher de deux pieds de large pour le passage des piétons : on croit qu<j ^ construction remontc aux environs de I/ 4 1 - Ce pont, de 70 pieds de tong, muni, d’un côté seulement, d’une main courante, éprouve un balancement considérable qui effraie ceux qui n’ont pas l’habitude de le fréquenter , vu que, suspendu à plus de Go pieds au-dessus d'un torrent qui se précipite en cascades, l’ocii contemple avec effroi l’abimc ouvert au-dessous de lui.
L'Amérique anglaise, qui depuis quelques années a fait dans les arts des progrès si rapides, nous a donné la première l’exemple de ponts suspendus d’une grande dimension , et servant b tous les usages. M. Pope (a), dans son Traité des Ponts, publié «n 181 1 , en cite huit de ce genre établis dans l’espace de trois ans, parmi lesquels on remarque la description de celui qui sert à traverser la rivière Merimas, dans l’état de Massachusset, de a 44 pieds, et pouvant supporter un poids de Soo.ooo kil. Sa largeur, de 3o pieds, est divisée en trois parties par les quatre rangs de chaînes qui le supportent : les deux voies extrêmes sont destinées aux voitures, qui, par celte disposition, ne peuvent jamais se rencontrer; et celle du milieu dfifre aux piétons un passage commode et à l’abri de tout ^ accident.
L’Angleterre, si éclairée sur les applications des sciences aux arts industriels, a été la première à faire rétrograder du nouveau Monde les lumières qu’elle y avait apportées; et cet art a reçu, entre les mains de M. Telford, un degré d’extension auquel il eût , etc difficile d’imaginer qu’il pût être porté (3).
En effet , nous ne nous arrêterons pas ici à citer le pont de
(1) Bibliothèque universelle , novembre >8aa , fol 194.
(») Idem , fol. 19I1.
( 3 ) Annules de l'Industrie nationale et étrangère, mar» l8#I, fol. > 58 .
DKS PONTS PV FIT. DK FFH. ag
l’Union sur la Tweed, de 36o pieds de long, construit en i8ao, dans l’espace de onze mois, mais bien la vaste entreprise qui a pour but de traverser un bras de nier, le détroit de Menai, qui sépare l'üe d’Anglesey du comté de Carnarvon. Les. besoins de la navigation active qui a lieu sur ce point, exigent que le pont soit élevé de 100 pieds au-dessus du niveau de la mer, pour que les bâtimens puissent passer dessous à pleines voiles; d’un autre côté, les deux culées, ne pouvant être établies qu’à 56o pieds de distance l’une de l'autre, nécessitent l'établissement d’une arche de cette dimension. Cet immense travail, qui doit être terminé au moment où je [parle, sera suivi d’une entreprise encore plus vaste, si l’on donne suite au projet d’établir sur la rivière Mcrscy, à Runcom, le pont de 1,000 pieds proposé par M. Telford (t).
C’est dans cet état de choses que nous avons cherché à introduire en France ce nouvel art M. Plagniol , ingénieur du département de l’Ardèche, m'ayant souvent entretenu des avantages qu’il y aurait A pouvoir procurer aux piétons un passage plus commode que celui «le/ bacs , je me décidai , sur son invitation , à me livrer à une suite de calculs et d'expériences dont les résultats furent si satisfaisons, que nous n’hésitàmes pas à demander au Gouvernement l’autorisation d’étabiir un pont en fil de fer à l’usage des piétons , pour remplacer le bac sur le Rhône, entre Tain et Tournon.
Notre projet, très-bien accueilli des Ponts et Chaussées, nous fut renvoyé accompagné de plusieurs notes judicieuses, et d’une invitation d’en présenter un nouveau qui pût servir à tous les usages, mémo au passage des plus lourdes voitures. Ce nouveau projet , que nous nous sommes aussitôt empressés de rédiger, a reçu de 1 Administration 1 accueil que I on devait attendre d'un corps toujours empressé à favoriser IA entreprises utiles; et sur l'avis favorable de M. le Directeur général , nous avons obtenu du Gouverne-
(i) Annales de l'indastrie nationale cl étrangère, mars 1811, fol. i58.
DES POXTS EH ni DE FEU.
ment l’autorisation de faire l'essai de notre système sur un [«vint assez important pour que sa réussite put être un gnrapt certain qu'il pouvait être appliqué partout ailleurs avec la même sécurité.
Le grand nombre de ponts suspendus existant actnelletnenr-4' notre connaissance, ne nous laisse plus aucun doute sur leur réussite : tout se réduit donc à examiner quels sont 1rs cas où un intérêt bien entendu peut les faire préférer aux ponts de pierre ou de bois, usités depuis un temps immémorial.
Un des effets de la civilisation étant d’éclairer chacun sur scs véritables intérêts, les diverses brandies d’industrie ont dû être successivement soumises à de nouveaux calculs, à mesure que les besoins et les moyens de les satisfaire augmentaient. Celui d’établir de faciles communications, se trouvant éminemment dans ce cas, a été l’objet de beaucoup de tentatives, au nombre desquelles se trouve le nouveau mode que nous proposons d’introduire. Ses principaux avantages sont : l’économie, la promptitude d’exécution , et le peu d’obstacles qtt’il présente à la navigation.
Le simple particulier, borné à un certain nombre de 1 «-soins prévus d'avance, et qu’il sait ne pas être dans le cas de dépasser, pent,avec peu de dépense, exécuter des constructions qui , avant cette époque , n’auraient pu être l’objet que d’entreprises publiques. Combien arrive-t-il de fois, dans des terrains montagneux * coupés de ravins ou séparés par des rivières rapides, que le manque de communications prive des familles ou des villages entiers d’une partie des jouissances qu’ils pourraient se procurer, ou aggrave leurs travaux journaliers en les forçant à de longs et pénibles détours. Le petit pont construit pour essai dans ma propriété, avait 18 mètres de long sur u m ,5o large; il était soutenu par six faisceaux en fil de fer du n" 8, delnflt brins chaque, formant une flèche de o™ .90, dont quatre destinésàsoutenir le plancher, et deux servant de main courante, et, en cas d’insuffisance des faisceaux inférieurs, à leur aider à soutenir les poids dont ils pouvaient être
chargés au tuoyea des (ils verticaux qui formaient le grillage du parapet; les faisceaux inférieurs avaient été formés eu enveloppant le (il sur deux poulies en bois deo u >,to de diamètre enfilées dans de» barres de fer de o ,b ,o 3 o , scellées dans le rocher , ce qui Laissait o",io d’intervalle entre les deux faisceaux des extrémités, et o ra , 3 o entre ceux du milieu. On établit ensuite sur ces quatre faisceaux, et à o", 5 o de distauce les unes des autres, des traverses en bois de chêne de o m ,o 3 o de large sur o nl ,o/jo de haut, et l’on cloua dessus un plancher en sapin île o"*,oi 5 d’épaisseur, qui a été démonté, tant par des convenances locales , que dans la crainte qu'il u’arrivàt quelque accident aux nombreux et imprudens curieux qui le visitaient et le soumettaient journellement à de trop rudes épreuves.
Cet essai montre daus quelles étroites limites de dépenses on peut construite les ponts eu lil de fer : mais il faut bien se garder d’en trop étendre l’application; et lorsqu'il est question d’un passage d’une petite étendue, d’un usage journalier, et qui, par l’emploi auquel il est destiné, demande de la stabilité, on doit employer de préférence les constructions en pierre, et réserver les ponts sus- • pendus pour franchir des espaces où tout autre moyen serait impraticable; car on sait que dans lés ponts de pierre la dépense croit dans une proportion bien plus rapide que la dimension des arches, tandis que, entre certaines; limites, il n’en est pas aiusi pour les ponts suspendus.
Les \nglaisont parfaitement senti cette vérité; aussi voy r ons-uous que presque tous ceux qu’ils ont établis dépassent 3 o mètres : celui de AI / Richard Lrçs, fait en 1816 pour les besoins de sa manufacture, de 1 10 pieds, ne coûta que tGo livres sterling, malgré l’excessive cherté de la main-d’usuvre en Angleterre ; et le pont de l'Union, dont nous avons parlé, a été fait dans l’espace de onze mois, pour la somme de 5 , 000 livres sterling (tao.ooo fr.),' environ le quart au plus de ce qu'il aurait coûté par tout autre moyen.
La (acuité la plus précieuse des ponts suspendus est la possibi-
1 ité dVn établir sans supports, de ioo, aoo,et jusqu’à 3oo mètres: elle fait disparaître complètement une des plus grandes difficultés qui s’opposent à la construction de»ponts en pierre ou en bois sur les fleuves dont la rapidité ou la profondeur est très considérable, celle d'asseoir solidement des piles au milieu de leur cqurs. On sait en outre les incouvénicns qui résultent de leur trop grand rapprochement, qui, embarrassant le lit du fleuve, gène la navigation, resserre l'espace destiné au passage de l'eau, et favorise les affouillemens, qui tôt ou tard entraînent la destruction totale de l’édifice. Les jetées que l’on emploie pour y remédier remplissent bien momentanément leur but; mais elles élèvent à la longue le lit du fleuve, qui, ne trouvant pas dans les crues l’écoulement qui lui est. nécessaire, rompt les dignes ou antres travaux destinés à le contenir, et se jette dans les terres , en abandonnant son premier lit, surtout s’il n’est pas naturellement bien encaissé.