INTÉRÊT DE CETTE ÉTUDE
quante ou soixante années que comprend cet intervalle, l'éloquence religieuse a jeté sans doute peu d'éclat : elle ne s'est signalée par aucune production forte et durable : elle n'a rien su mettre à côté des admirables monuments que les lettres profanes élevaient dans cette première et déjà brillante moitié du grand siècle; cependant, tout en demeurant sans gloire, elle n'est pas restée inaclive, et, quoique en retard, elle n'a pas ceSsé de marcher. Peu à peu, par un effort lent, mais continu, elle s'est débarrassée des règles étroites et des pédantesques formules qui l'op- |)rimaient et la défiguraient, et des puériles manies ou des fieences singulières qui la dégradaient plus encore : elle a repris une clarté de méthode, une décence de langage, une gravité de ton et d'allure, que, depuis longtemps, la chaire ne connaissait plus : elle s'est épurée enfin par une réforme prudente et sage, et a pris ainsi une notable part au progrès général de raison et de goût que cette époque voyait s'accomplir.
Sans doute, parmi tous ces sermonnaires du règne de Louis XIII et du ministère de Mazarin, après lesquels il paraît tout à coup, et dont la vogue pâlit aussitôt devant sa gloire, Bossuet n'a trouvé aucun modèle à imiter, aucun maître à suivre : l'Écriture, les Pères, dont