‹ Des prédicateurs du XVIIe siècle avant Bossuet (volume 4)Chapitre 9 sur 21 · UN SERMON BE L'AN · texte numérisé non relu

UN SERMON BE L'AN

« aux costez, que doux aux mains, et verges sur ses «(épaules. Mesurez toutes ses dimenâons/et vous « trouverez des passions sans mesure. Pour la lou* «. gueur, il endure tout de son long {a planAa pedis us- « qxie ad verticem non est sanitas in eo), depuis la teste' « iusips aux pieds tout trempé dans les douleurs. « Voyons la largeur : Dinumeraverunt omnia ossa tnea : i< les tourments ont rompu» moulu ou attaqué sans « rompre jusques aux plus petits os. Faut-il parler de u la profondeur? Lancea lotus qus aperuit: les lances « et les fers ont sondé le fond de sa poitrine» etc. »

Ce sermon est fort long» et je n'ai garde de vouloir suivre Fauteur jusqu'aji bout. Je me bornerai à joindre aux citations déjà faites une analyse courte» mais fidèle, du premier point» dont le sujet est la veillée du Sauveur dans le jardin des Olives.

Le .prédicateur s'arrête sur ce mot m hortum^ où il croit voir une moralité emblématique. Comment cela? Souvenez-vous» nous dit-il» qu'Adam se perdit dans le jardin du paradis terrestre ; que Suzanne pensa perdre son honneur dans un jardin ; Jésus sera trahi au- ' jourd'bui dans un jardin : image des vicissitudes de la vie humaine» où la mauvaise fortune nous surprend au milieu des prospérités et des délices.

II représente ensuite sous la figure du passereau so-

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Utaire des psaumes (1), 'risolement et la douleur de rHomme-Dieu disant : « Mou âme est triste jusqu'à la mort, » S'arrêtaul sur ces mots, il recherche et distingue les causes diverses de cette douleur; il insiste sur une de ces causes, la crainte de la mort, l'horreur de la mort. Il remarque que, de toutes les oçaintes, ^'est la plus naturelle et la plus forte : Aristote Ta dit, tt De toutes les choses qu'on redoute la plus redoutable « et la plus redoutée, c'est la mort : » et il justifie cette parole par des exemples qui forment autant de petits ré- Cîts. C'est le vieil Hilarion, qui, à soixante-dix ans, après sa longue pénitence, craint de mourir : c'est l'orgueilleux Balthazarquisemeurt d'épouvante àla vue du signe fatal tracé par la main mystérieuse ; c'est Xerxôs pleurant à la vue de son immense armée, parce qu'il a songé que de tant d'hommes, dans cent ans, il n'y en aurait « pas un plus en vie. » Ce dernier exemple est 1^ plus développé de tous : c'est une page d'Hérodote, traduite et insérée dans le sermon.

(4) En qacls termes ! « Ames solitaires, voicy maintenant ce passer « solitaire duquel a prophétisé David : Vigilavi^ et factus sum sicu^ « passer solitarius in tecto» Voilà ce bel oyseau, qui n'aime que les « déserts, qui chante, qui gazouille, qui rossignole, qui fiedt une mu- « sique de prières. Les soupirs servent de basse ; les cris de supe- « rius, les larmes de ténor, les oraisons d'aute-contre : r»nour de « Qostre rédemption tient la mesttlne: »

Go'ogle

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Le Sauvtur, revenant à ses apôtres et les trouvftnt endormis, les réveille en leur disant : Veillez et priez. Grande leçon, dont 1^ prédicateur fait une applicatioti particulière aux héritiers des apètres, aux évêques, -aux prélats. Veillez et priez, leur dit-il. Mai#, au lieu de creuser cette morale, il retombe dans ses exemples el ses emblèmes; 11^ faut veiller comn)e cette verge vue pvô* Jérémie, quifaiifaitlsentinelle et ne*dormait jamais ; comme les ^bétes de la vision d'Ezéchiel/* qui avaient des yeux de tous côtés; éomme le lion qui, dit-on, d«rt toujours les yeux ouverts; il faut veiller comme ce grand Carthaginois Ânnibal, qui ne se cou^ cha point de toute une campagne; comme César- Auguste, qui, à force de veilles et de travaux nocturnes, avait perdu Tusage et le besoin du sommeil, etc., etc.

J'abrège -et je finis. La visite de Tange (saint Luc, XXII, § 5, V. 43), est mise en scène par le prédicateur : le céleste messager prend la parole, et, pour exhorter la victime au sacrifice, débite une longue suite de prophéties mystérieuses prises de la Genèse ou du Deutéronome : « La loy », dit-il, « a eu une génisse « rousse qu'on sacrifioit hors des armées, et qui sanc- « tifioît les hommes de ses cendres. Ce sera demain « qu'on veira au jour ce beau mystère; ear la géoisse « de vostre sacrée humanité, toute rousse de charitét

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