‹ Des Prédominances Symptomatiques et Anatomo-Pathologiques dans la Paralysie Générale et dans la Sénilité CérébraleChapitre 45 sur 48 · FORMES SPINALES · texte numérisé non relu

FORMES SPINALES

On observe au niveau de la moelle des paralytiques générales ayant présenté des signes tabétiformes, trois espèces de lésions : 1° exceptionnelle ; 2 rare ; 3° commune.

1° Myélite transverse (1): La fixation au Müller révèle la présence de foyers de myélile irrégulièrement disséminés et visibles à l'œil nu au niveau de la région dorso-lombaire. En un point de la fin de la moelle dorsale, les cornes grises ne sont plus visibles, le foyer de myélite intéresse apparemment la totalité de l’organe. Cependant, mème à ce niveau, le segment postérieur de la moelle est plus jaune. Quand, dans la région atteinte, il n’y a qu’un foyer de myélite apparent, il occupe les cordons postérieurs.

La lésion macroscopique cesse brusquement au-dessus et audessous du segment dorso-lombaire. La pie-mère est partout manifestement épaissie.

Au microscope, les foyers de myélite sont constitués par. des zones de nécrose. Ce tissu scléreux est formé en grande partie de névroglie proliférée, entassée pour ainsi dire par places, rayonnant seulement autour des vaisseaux dont la paroi conjonctive est épaissie. Le tissu de sclérose se rencontre aussi à la périphérie de la moelle. La névroglie forme là un anneau épais duquel se délachent des faisceaux triangulaires qui s’enfoncent comme des coins entre les fibres nerveuses.

(4) L'observation de la malade dont il s’agit ici n'est pas dans notre travail. Elle a été présentée à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux (séance du 9 juin 1905) par les docteurs Anglade et Jacquin, à qui nous empruntons cette description histologique (Méningo-myélite transverse et méningo-encéphalite chez une femme tuberculeuse).

Au-dessus du segment dorsal, on ne reconnait au microscope qu'une très légère hyperplasie névroglique dans les cordons postérieurs.

Sur toute la hauteur de la moelle, la pie-mère rachidienne épaissie adhère à la moelle.

Sur des coupes pratiquées au niveau du renflement lombaïre, la méthode de Nissl montre des cellules radiculaires en chromatolyse périphérique ; quelques-unes sont en voie de dégénérescence pigmentaire ou même de nécrose.

2 Lésions de tabes vrai avec systématisation dans le cordon de Goll: Nous disions dans notre élude clinique que l’association. du tabes et de la paralysie générale est rare (Obs. XLVIT). Quant à la lésion caractéristique, il en est de même; et le docteur Anglade, notre maitre, prétend ne l'avoir rencontrée que trois fois dans un espace de quinze ans.

3 Méningo-myélite circulaire avec infiltration des membranes d'enveloppe par des cellules embryonnaires : Dégénérescence marginale, démyélinisation circulaire.

Prédominance de cette démyélinisation :

a) Au niveau des cordons latéraux ;

b) Surtout au niveau des cordons postérieurs.

La prédominance en ce point est visible à l’œil, après quelques jours de fixation dans le Müller. Par le Weigert-Pal, elle est rendue très apparente, ainsi que par la méthode de coloration de la névroglie.

La région la plus atteinte est la région dorsale. La région lombaire, à l'inverse de ce qui se passe dans le tabes vrai, est peu atteinte. La région cervicale l’est au contraire très nettement.

Lésions cordonales difluses sans systématisation fasciculaire dans les cordons postérieurs, voilà la caractéristique. Suivant les cas, la lésion s’accentue davantage, soit au niveau du faisceau de Goll ou du faisceau de Burdach. On ne voit jamais se dessiner nettement dans la région cervicale le faisceau de Goll comme dans le tabes.

Un examen plus détaillé sur des coupes fines montre que, à la place de la myéline disparue, il y a de la prolifération névro-

glique. Celle-ci forme des anneaux autour des vaisseaux, elle rayonne de ces vaisseaux dans lesinterstices qui séparent les tubes nerveux et là elle est pelotonnée, car la coupe y fait des sections dans tous les sens.

Autour des vaisseaux et aussi au voisinage du sillon médian postérieur, l’exagération de la névroglie est très nette. De chaque côté du sillon médian, à l'union du tiers interne avec les deux liers externes du cordon, on rencontre presque toujours une trainée de sclérose parallèle au sillon médian. A l'union du tiers externe avec les deux tiers internes, autre trainée, cellelà parallèle à la direction des racines postérieures. Et cette disposition habituelle des zones de sclérose ne parait pas pouvoir s'expliquer facilement par l'atteinte des territoires vasculaires, pas plus que par des dégénérescences systématisées.

C'est à ces dernières lésions qu’on peut comparer étroitement les lésions médullaires de nos malades séniles (Obs. LIFE, LIT), moins, bien entendu, la méningite.

Enfin l'examen histologique de la moelle de la paralytique amyotrophique du type Charcot-Marie révéla l'existence d’une méningo-myélite spinale postérieure avec foyers de poliomyélite antérieure.

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