CONCLUSION
Nous pouvons maintenant constater toute la supériorité de la législation romaine sur les législations que nous avons précédemment étudiées.
Le dernier effort de l'antiquité, chez les Grecs et surtout chez les Athéniens, consista à faire une place à l'étranger dans la cité, mais sous combien de restrictions et avec quelle infériorité ?
Il fut donné au peuple romain de réaliser un progrès plus considérable encore : la guerre entre ses mains cessa d’être une cause de destruction et de ruine pour devenir un agent de civilisation, et la modération de sa politique prépara, puis accomplit la fusion des vainqueurs et des vaincus, et par l'égalité accordée aux pérégrins et aux citoyens, l'unification de l'empire.
Cette grande œuvre s’exécuta avec une sage lenteur et par des concessions successives. Dès le début, Rome comprit tout le parti qu'on pouvait tirer des ménagements apportés dans la conquête; loin d’accabler les vaincus, elle les prit sous sa tutelle et les fit participer à tous les droits dont l’organisation ne présentait pas un caractère éminemment national ét personnel. Aussi, au fur et à mesure que le jus quiritium se transforma, dépouillant ses formes arbitraires et rigoureuses pour revêtir un caractère scientifique et national, vit-on s’étendre et s’élargir le domaine commun aux pérégrins et aux citoyens.
D'un autre côté, tout en veillant avec un légitime orgueil sur les prérogatives des citoyens, le Sénat et le peuple ne tardèrent pas à en abandonner quelques-unes au profit des nations que la communauté de race, de traditions, de religion, rapprochait d'eux plus intimement : c’est alors que fut créé le jus latii. Il se déve-