‹ Des principes de l'écriture phonétique et des moyens d'arriver à une écriture universelleChapitre 31 sur 65 · CHAP. XIII. DE LA DISTINCTION DES SONS, ETC · texte numérisé non relu

CHAP. XIII. DE LA DISTINCTION DES SONS, ETC

sont à beaucoup près les plus nombreux et les plus importants; que, relativement à eux, les sons spéciaux à certaines langues, et qui ne pourraient figurer dans l'écriture commune, sont rares et n’occupent qu’une place secondaire. C’en est assez pour que l'écriture universelle, même réduite aux sons communs à toutes les langues, offre une utilité et des avantages considérables.

Pour rester dans la vérité, il faut donc ne point chercher à arriver à une écriture absolument universelle; reconnaître, au contraire, que c’est chose impossible, mais n’en point conclure que toute idée d'écriture universelle doive être dès lors abandonnée ; persévérer, au contraire, dans la réalisation de cette idée, en tant qu’elle est pos-

sible, et arriver à ce que la nature des choses comporte, à ce qui est pratique, nullement chimérique, éminemment utile, c'est-à-dire à la représentation, par une écriture commune à toutes les langues, de la différence de valeur entre les sons parlés.

Cette représentation commune de la valeur des sons ne sétendra pas même, il faut le remarquer, à leur prononciation. Car les sons, même de valeur identique, diffèrent plus ou moins profondément d’une langue à l’autre, à raison des nuances secondaires qui caractérisent ces sons; en d’autres termes, leur prononciation

n'est pas la même dans les différentes langues.

Aussi,quelques-uns ont été jusqu’à se demander à quoi il servirait de les représenter par des lettres identiques, sinon peut-être à tromper ceux qui, ayant appris à lire dans leur langue maternelle, simagineraient pouvoir lire les autres langues représentées par les mêmes caractères, alors que faute d’être initiés à la prononciation propre de ces langues, ils les liraient d'une manière vicieuse et inintelligible? Ne vaudrait-il pas mieux, a-t-on dit, laisser chaque peuple continuer à employer son écriture spéciale, adaptée non-seulement à la valeur, mais encore aux nuances et à la prononciation qui lui sont propres ?

Nous répondrons encore : sans doute, les avantages d'une écriture universelle telle que la nature des choses la permet, ne seraient pas complets etabsolus. Mais, de ce que cesavantages ne seraient que partiels, ce n'est pas une raison pour les répudier s'ils conservent une importance suffisante. À défaut d’une écriture qui représenterait tous les éléments des sons, écriture impossible à combiner, une écriture qui représente au moins de lamème manière,danstoutesleslangues, l'élément essentiel, le seul que l'écriture puisse reproduire, et reproduise en règle générale, c'est-à-dire la valeur des sons,vaut mieux encore que les écritures actuelles. Déjà, dans un certain nombre de langues, les mêmes lettres sont employées pour représenter des sons de même valeur, et, malgré

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