‹ Des principes de l'écriture phonétique et des moyens d'arriver à une écriture universelleChapitre 32 sur 65 · CHAP. XIV. DE LA DISTINOTION DES SONS, ETC · texte numérisé non relu

CHAP. XIV. DE LA DISTINOTION DES SONS, ETC

l’imperfection de nos orthographes (1), cette écriture, en partie commune, facilite sensiblement, à ceux qui en usent pour leur langue maternelle, la connaissance des langues où 1ls la retrouvent. Un Français, par exemple, apprend beaucoup plus facilement l'italien ou même l’anglais, grâce à la communauté des alphabets italien ou anglais avec l'alphabet français, qu'il n’apprend le grec ou le russe écrits avec des caractères différents. Il éprouve encore plus de difficulté pour apprendre l’arabe et surtout le chinois, à cause des différences considérables qui séparent l'écriture arabe et surtout l'écriture chinoise, de l’écriture française. Ce qui se produit au profit des Français pour les langues italienne et anglaise, se produirait au profit de tous ceux, Français ou autres, qui voudraient apprendre une langue étrangère, si dans toutes les langues les mêmes lettres représentaient les sons de même valeur. Cet avantage serait même d'autant plus sensible que les irrégularités et les bizarreries d’orthographes, qui l’amoindrissent aujourd’hui, seraient bannies de l'écriture nouvelle.

Ce n’est pas à dire que celui qui saurait lire,

(1) V. dans Eichhoff (Parallèle des langues de l'Europe et de l'Inde, p. 66) le tableau des différentes prononciations, dans les langues européentes, de l'alphabet romain,

lirait par là même, et correctement, toutes les langues. Il lirait de chaque langue ce que reproduit l’écriture. Mais ce que l'écriture ne reproduit pas et ne saurait reproduire, c’est-à-dire l’accent propre de chaque langue, sa prononciation spéciale (1) devrait s’apprendre, en outre, tout comme aujourd'hui; et celui-là seul qui posséderait, ou se serait assimilé dans la mesure nécessaire, la prononciation propre d’une langue, la lirait correctement ou à peu près. En d’autres termes, l'écriture ne supprimerait pas toutes les difficultés que présente l'étude d’une langue étrangère, ce qui est absolument impossible ; elle supprimerait l’une de ces difficultés, la principale pour beaucoup de langues, la difficulté de reconnaître en lisant la langue écrite, la valeur des sons qui composent chaque mot.

Par là, elle faciliterait singulièrement l’étude des langues. C’est déjà beaucoup. C'est assez pour justifier la recherche opiniâtre d’une écriture universelle, même réduite à la fonction et aux avantages limités sans doute, mais encore considérables,qui viennent d’être précisés.

(4) V. sur ce point Eichhoff (Parallèle des langues de l'Europe et de l’Inde, p. 71).

Page 1