PRÉFACE
Dans toute chose il faut considérer la fin. La fin c’est le but qu’on se propose, est id cujus gratia fit aliquid.
Le député, et le sénateur qui votent les'lois, le roi qui les sanctionne, le juge qui les applique, l'avocat qui les invoque, le commentateur qui les discute, tous ne doivent avoir qu’un seul but: faire triompher la justice. Mais ils ne peuvent l’atteindre sans une parfaite connaissance des principes du droit.
C'est à tort qu'Ulpien définit le droit: “ars boni et æqui”’ Le droit n’est pas un art mais une science, car il s'appuie sur des principes certains d’où les esprits judicieux savent tirer des conclusions également certaines. Disons donc avec Justinien que c’est la science du juste et de l’in- Juste, “ justi atque inqusti scientiu.”
1 L.I,$ 1, D, de just. et jure.
Si ces principes étaient mieux connus du peuple, les légistes jouiraient d’une considération plus grande et la noble profession d'avocat grandirait de cent coudées dans l’estime publique.
Mon intention, en préparant cette thèse, n’a pas été de battre de nouveaux sentiers mais de prouver à mes anciens professeurs et à l’université Laval, mon Alma mater, que je n’ai pas oublié leurs leçons.
C’est avec bonheur que je soumets ce travail à leur approbation. Je les prie d’agréer en
même temps l’assurance de mon respect et de ma reconnaissance.
Montréal, 15 novembre 1888.
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