‹ Des procédés de dosage de l'hémoglobineChapitre 23 sur 41 · Do · texte numérisé non relu

Do

On voit que les écarts sont, en général, inférieurs à l’erreur maxima de 0®,60 que comporte le procédé de dosage de Schützenberger.

(1) Gazette médicale, p. 349, 1877.

Le seul reproche qu’on puisse faire à cette méthode est le suivant. Il s’adresse d’ailleurs à tous les procédés colorimétriques. Le sang peut perdre sa capacité respiratoire tout en conservant sa puissance colorante. Saturé d'oxyde de carbone par exemple, il devient incapable de fixer l’oxygène, sans que rien m’avertisse, au Colorimèêtre, de cette modification si profonde. Des altérations analogues se produisent sous des influences pathologiques. Ainsi M. Légerot a constaté, chez des chiens rendus septicémiques, que le poids des globules ne diminue que fort peu, mais qu’ils ont perdu leur pouvoir absorbant. Voici les résuliats de quelques-unes de ses expériences :

Poids des globules. Capacité respirat.

Chien normal. es 33,19 23,6 Le même septicémique..... 8210 14,8 CHENMOCNAlAER ER 43, à AE Le même septicémique..... AA 20,2 CHÉDAONNAR MERE Eee à 35, 6 18,0 Le même septicémique..... 33, 6 13,2

Les suppurations prolongées produisent un effet analogue, quoique moins prononcé. Sous l'influence d’inhalations de nitrite d’amyle, M. Regnard a vu la capacité respiratoire du sang d’un chien, tomber de 24 cent. cubes à 4,4. L'effet n’est ici que passager; au bout de vingt-quatre heures, la capacité respiratoire était remontée à 16 cent. cubes.

Des expériences instituées par M. le professeur agrégé Garnier, m'ont permis de constater que l’intoxication par le chlorate de potasse s’accompagne d’une diminution rapide de la capacité respiratoire ; le sang prend une couleur sœpia, due à la transformation de l’hémoglobine en méthémoglobine qui est incapable de fixer de l’oxygène. Quand la lésion hématique est prononcée, l’aspect du sang avertit qu’il y a décomposition de la matière colorante. Mais au début de l’intoxication, la couleur du sang n’est pas changée, et le colorimètre indique une capacité respiratoire normale, alors qu’un dosage direct montre que le pouvoir absorbant à déjà notablement diminué. Ces expériences peuvent être faites in vitro avec du sang défibriné

L'air

auquel on ajoute de 1 à 4 p. 100 de chlorate de potasse en poudre. Du sang de bœuf additionné d’une petite quantité de ce sel, m’a donné au bout de quatre heures les résultats suivants :

Capacité respiratoire au colorimètre : 21°,84. —— à l’hydrosulfite : 16 ,86.

Au spectroscope, on constate la présence d’une bande d’absorption dans le rouge, due à de la méthémoglobine.

Ces expériences montrent donc qu’en général les procédés colorimétriques ne donnent pas la vraie valeur physiologique du sang, et qu’ils dosent, non pas l’hémoglobine, mais toute matière colorante rouge contenue dans ce liquide. On peut dire, d’une façon générale, que ces procédés renseignent sur les variations de quantité, tandis que la détermination de la capacité respiratoire indique les variations de qualité de la matière colorante.

J’ai fait également avec le colorimètre de Duboscq des dosages directs d’hémoglobine en fixant, une fois pour toutes, la valeur de létalon coloré.

On détermine avec soin l’épaisseur colorimétrique de quatre solutions titrées d’hémoglobine. Soient X et k' les quantités d’hémoglobine p. 100 contenues dans deux solutions, e et e', leurs épaisseurs colorimétriques. Comme les richesses en matière colorante sont en raison inverse des épaisseurs, On à :

RG CN hs

D’où : CORELeNUR

Le produit des épaisseurs par les richesses en hémoglobine doit donc étre constant. De plus, comme on a :

ph €

rase JE

on obtiendra la richesse centésimale d’une solution en divisant par son épaisseur colorimétrique le produit constant e. 2. Voici les résultats des déterminations qui ont servi à fixer la valeur de cette constante :

Origine de l’hémoglob. Quantité d’hémogl]. Epaisseur Produit des épaiss. p- 100. au colorim. par les richesses en hémoglobine.

Cheval....... 0®",4037 30,4 12,272 HER 0 ,3100 41,1 12,741

Hi tisdee LR RC) 0 ,3299 36,5 12,041 Chienria io 0 ,2915 41,3 12,039 MOYENNE. .... 12,219

Un liquide, qui sous l’épaisseur e, aura la même teinte que l’échantillon, contiendra pour 100 cent. cubes, une quantité d’hémoglobine 4 égale à :

12,273 == Dr

et comme j'ai toujours étendu au 1/40 les sangs à analyser, ce résultat est à multiplier par 40. Un sang qui, dilué au 1/40, présentera une épaisseur colorimétrique e, contiendra donc pour 100 cent. cubes un poids d’hémoglobine égal à :

! Cette donnée obtenue, il s’agit de déterminer avec quel degré d’exactitude on peut apprécier à l’aide de cette constante, la richesse d’un sang en hémoglobine.

L'erreur commise dans la comparaison des teintes est, en général, assez faible. Un sang de vache dilué au 1/40 et porté au colorimètre donne, sur dix lectures successives, quatre fois le chiffre 50 et six fois le chiffre 49: ce qui fournit les quantités suivantes d’hémoglobine pour 100 cent. cubes de sang:

ger,81 — 109,01.

See

L'erreur moyenne de chacun des dix résultats n’atteint pas 0f,1 pour 100 cent. cubes de sang, ou 15,3 pour 100 gr. d’hémoglobine.

Les liquides examinés au colorimèêtre ne présentent pas toujours exactetement le même degré de limpidité. En outre, on commet toujours dans la mensuration des volumes de sang et d’eau, une erreur dont il était bon de, connaître l’importance.

Pour cela on prépare une série de dilutions,.de concentration croissante, obtenues en étendant chaque fois 5 cent. cubes du même sang, de quantités variables d’eau. Les liquides additionnés de quelques gouttes d’ammoniaque sont filtrés, et on détermine avec soin leur épaisseur colorimétrique, en prenant la moyenne de plusieurs lectures. Les résultats obtenus sont consignés dans le tableau suivant: la première colonne indique les degrés de dilution ; la deuxième, les épaisseurs observées, exprimées en dixièmes de millimètres; la troisième, les poids correspondants d’hémoglobine pour 100 cent. cubes de sang.

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