‹ Des procédés de dosage de l'hémoglobineChapitre 25 sur 41 · LARGE · texte numérisé non relu

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bine au moyen du colorimètre Duboscq est d’une grande simplicité en même temps que d’une exactitude suffisante. La seule opération délicate est le choix du verre coloré et la détermination de sa valeur en oxygène ou en hémoglobine. Mais ce résultat une fois acquis, on a l’avantage considérable de posséder un étalon d’une constance absolue. .

Ce procédé de dosage est-il applicable en clinique? L’appareil instrumental et le manuel opératoire sont fort simples, comme on l’a vu. Quelle est, d’autre part, la quantité de sang nécessaire? M. Quinquaud a exécuté en clinique, un nombre très considérable de dosage d’oxygène à l’aide du procédé de Schützenberger, qui en exige environ 2 à 3 cent. cubes. Ce volume serait amplement suffisant pour faire un dosage au colorimètre Duboscq avec toutes les conditions d’exactitude désirables. Il est bien évident que plus on réduit le volume de sang soumis à Panalyse, plus sont grandes les chances d’erreur. En réalité, il suffit d’avoir à sa disposition une quantité de sang telle que, diluée au 1/40, elle occupe, dans le godet du colorimètre, une épaisseur maxima de 1 cent. Il faudrait, dans ces conditions, environ 0%,2 de sang. Mais ce volume peut être réduit encore, en rétrécissant le godet dans lequel on introduit le liquide coloré, de telle façon que son diamère soit à peine supérieur à celui du plongeur. J’ai pu faire ainsi des dosages d’hémoglobine assez exacts en n’employant que 0,05 de sang. La pipette capillaire qui sert à la mensuration du volume sanguin, doit être exactement jaugée à l’aide du mercure. Celle que j'employais mesurait 0,056. À ce volume de sang, j’ajoutais chaque fois 3 cent. cubes d’eau contenant une trace d’ammoniaque. En faisant une série de dosages sur un même sang de bœuf, je suis arrivé aux résultats suivants :

9er,09, — 8,67, — 85,76, — 9,26, — 98,09, — 86,92 p. 100.

L'écart maximum a donc été de 05",65.

Malgré la petite quantité de sang employée, le procédé resterait donc suffisamment exact. Mais en faisant des dosages sur le vivant, il est difficile de faire des prises de sang dans des conditions toujours identiques. Il y a là une cause d'erreur dont la plupart des observateurs ne semblent pas s’être préoccupés, et dont l’importance a été mise en lumière et démontrée par

Leichtenstern. En effet, la petite quantité de sang nécessaire s’obtient par une piqûre faite à la pulpe du doigt. La lymphe et les liquides qui imbibent les tissus, viennent certainement diluer la goutte de sang dans une proportion inconnue et variable. De plus, la forme de la piqûre ou son diamètre peuvent favoriser plus ou moins la sortie de la partie liquide du sang, vis-àvis des éléments figurés. En me faisant une prise de sang à la pulpe des cinq doigts d'une main, j'ai trouvé les quantités d’hémoglobine suivantes :

Je dois ajouter, cependant, qu’il est difficile d’obtenir, à l’aide d’une seule piqûre, 0®,05 de sang; il en faut ordinairement deux, faites coup sur coup, Pune à côté de l’autre.

De toutes ces expériences, il ressort que le colorimêtre Duboscq peut servir au dosage de l’hémoglobine, aussi bien en clinique qu’en physiologie. Les résultats qu’il fournit sont entachés d’une erreur moyenne d’environ 0,20 à 05,30 pour 100 cent. cubes de sang.

4 Chromocytomètre de Bizzozero.

Cet appareil (1) a été inventé en 1879. Comme son nom l'indique, il peut servir à la fois de chromomètre et de cytomètre ou globulimèêtre. Dans le premier cas, on compare à la lumière transmise la teinte d’une solution sanguine à celle d’un étalon coloré de nature particulière; dans le second, on mesure le degré de transparence d’un liquide, dans lequel les globules sont simplement mis en suspension. D’après Bizzozero, ce degré de transparence peut servir à mesurer la richesse des globules en hémoglobine. Les indications chromométriques et cytométriques concordent ordinairement. Pour certains sangs pathologiques, au contraire, on observe des écarts, dont l'interprétation raisonnée fournit des renseignements précieux.

Le principe du chromomètre ne prête à aucune objection. Celui du cyto-

(4) Je dois la traduction du mémoire de Bizzozero à l'obligeance de M. Micault, élève du service de santé militaire. Je le prie de recevoir ici ous mes remerciements.

Le 00e

mètre repose sur les considérations physiques suivantes, dont quelques-unes me semblent sujettes à caution.

« Les globules sanguins absorbent et dispersent les rayons lumineux en raison de l’hémoglobine qu’ils contiennent. Le stroma est absolument incolore. L’opacité du sang tient à une différence de l’indice de réfraction du sérum et des globules, et plus est grande la richesse de ceux-ci en matière colorante, plus est grande aussi cette différence d’indice, et l’opacité qui en résulte. On peut objecter que pour une même richesse en hémoglobine, l’opacite peut varier selon le volume des globules. Mais ceux-ci ont presque toujours le même diamètre, et, dans les cas de mycrocythémie, le nombre des petits globules est relativement faible. »

On voit que Bizzozero a appliqué le principe du lactoscope de Donné au dosage des éléments figurés du sang. Mais il me semble qu’il n’a pas tenu compte de ce fait important que deux facteurs concourent à produire l’opacité de ce liquide, à savoir le nombre des éléments figurés, et leur densité. On peut négliger, comme le fait Bizzozero, les différences de volume des globules, dont le diamètre ne varie en effet que dans des limites très res-. treintes.

Dans le lait, Popacité est due à une seule substance, le corps gras émulsionné. Si l’on admet que les corpuscules graisseux ont toujours à peu près le même volume, l’opacité variera avec le nombre des globules en suspension, et pourra servir à mesurer la richesse en corps gras.

Un raisonnement analogue peut-il s’appliquer en toute rigueur au sang ? Je ne le crois pas. Que le stroma globulaire soit transparent ou non, ceci importe peu. Il suffit qu’il existe dans le sang sous forme d’un élément figuré ayant une densité différente de celle du plasma, pour qu’on puisse affirmer qu’il contribue à l’opacité. Le corpuscule graisseux est transparent et brillant au microscope; il n’en produit pas moins l’opacité du lait. Rollet fait remarquer très justement que si l’on supprime par la pensée la matière colorante des globules, il reste un liquide qui aurait évidemment l’apparence du lait. Cependant on peut admettre que les variations de composition du stroma globulaire exercent peu d’influence sur l’opacité du sang. L’hémoglobine, qui forme les 9/10 du poids du globule sec, a certainement une influence prépondérante.

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