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INTRODUCTION

Le rôle de l'hémoglobine du globule sanguin, au double point de vue de la respiration des éléments anatomiques et de leur excitation vitale, est des plus importants.

Le sang, pendant son passage si rapide à travers les poumons, fixe l'oxygène qui doit servir à la respiration des tissus.

Cet oxygène se trouve contenu dans le sang sous deux formes : une faible quantité est dissoute dans le sérum, tandis que la majeure partie est retenue chimiquement combinée.

Cette combinaison, si facilement effectuée dans les poumons, se défait avec une égale rapidité en présence des tissus, pendant le court instant que dure le passage du sang à travers les capillaires généraux.

La substance qui sert ainsi d'intermédiaire entre l’air et les tissus est l’hémoglobine. C'est elle dont la combinaison avec l'oxygène présente ce double caractère si curieux : affinité énergique et instabilité rela-tive.

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Dans des conditions d’intégrité parfaite de la matière colorante, la quantité d'oxygène fixée peut atteindre un maximum constant.

Il suffit donc que le sang contienne une moindre proportion d'hémoglobine pour qu’il en résulte un apport moindre aux tissus du gaz nécessaire aux combustions organiques. De là diminution de ces combustions, diminution de l’excitabilité des éléments anatomiques, et déchéance de tout l’être vivant.

Il y a donc, au double point de vue physiologique et clinique, un grand intérêt à posséder un moyen à l'aide duquel on puisse suivre les variations de quantité et de qualité de l’hémoglobine, sous l'influence de conditions physiologiques, pathologiques ou expérimentales, ou sous l’action thérapeutique d’un médicament.

Malheureusement le médecin, physiologiste ou clinicien, qui veut faire des dosages d'hémoglobine, est effrayé du nombre toujours croissant de procédés qui s'offrent à lui, et la multiplicité des méthodes et des appareils semble lui indiquer que le problème n'a pas encore reçu de solution satisfaisante.

En est-il vraiment ainsi? C'est ce qu’il m'a semblé utile de rechercher.

Le but que je me suis proposé dans ce travail est donc le suivant : étudier les différentes méthodes qui ont été proposées pour le dosage de l’hémoglobine et les procédés que comporte chacune de ces méthodes ; vérifier l'exactitude du principe de chacun d’eux ; déterminer quelle est en pratique la limite des erreurs possibles, les conditions de rapidité et de facilité du dosage; voir enfin quel est le procédé qui joint à une exactitude suffisante la facilité et la rapidité d'exécution nécessaires aux recherches cliniques, quel est, au contraire, celui qui répondra aux exigences plus sévères d'un travail de laboratoire.

La difficulté principale que rencontre le dosage qui nous occupe, est la nécessité d'opérer aussi bien, en clinique que dans les recherches physiologiques, sur de très petites quantités de sang. La suppression

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absolue de la saignée en fait une nécessité en clinique ; et d'ailleurs on à reconnu que des soustractions répétées de quantités même relativement faibles de sang altèrent la composition de ce liquide. Ces considérations, d'abord secondaires, dominent aujourd'hui la question. Aussi les procédés purement chimiques qui exigent en général une notable quantité de sang, sont-ils relégués au second plan, et remplacés par les procédés colorimétriques souvent moins exacts, mais plus simples et plus rapides, et ne demandant que quelques gouttes de liquide.

Dans ces dernières années, on a appliqué au dosage de l’hémoglobine une méthode purement physique, la méthode spectrophotométrique qui, tout en n’exigeant que des quantités minimes de sang, semble présenter toutes Les conditions d’exactitude désirables.

Ces trois méthodes : chimique, colorimétrique et spectrophotométrique seront examinées suecessivement dans ce travail. Il m'a été impossible d'étudier en détail les nombreux procédés que comporte chacune d'elles, et surtout de me procurer tous les appareils nécessaires à une étude absolument complète. Néanmoins les plus importants, ceux qui peuvent servir de type dans chaque méthode, ont été soumis à un examen approfondi. Les autres ont été simplement décrits et discutés dans leur principe fondamental.

Il ne suffit pas de connaitre tous les détails d'un procédé de dosage ; il faut aussi en posséder les raisons. Aussi ai-je cru devoir exposer en premier lieu les principales propriétés de l’hémoglobine, et en particulier celles qui ont fourni le point de départ d’une méthode de dosage.

Le plan de ce travail est donc le suivant :

Une première partie est consacrée à l’histoire des matières colorantes du sang et de quelques produits de décomposition ou de substitution.

Dans une deuxième partie, on étudie les différents procédés de dosages dans l’ordre suivant :

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1° Dosage par le fer; 2° dosage par l’hématine ; 3° dosage par l’oxygène absorbé ; 4° dosage par le chlore.

Un second chapitre, consacré à l'exposé des méthodes colorimétriques, est subdivisé en deux paragraphes relatifs aux méthodes à étalon fixe et à étalon variable.

La méthode spectrophotométriqne fait l'objet d'un troisième chapitre.

Enfin, le travail se termine par la discussion des résultats obtenus, leur comparaison et l'exposé des conclusions qui en découlent.

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