‹ Des procédés de dosage de l'hémoglobineChapitre 35 sur 41 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les conclusions qui ressortent de ce travail sont les suivantes :

4° Un certain nombre de procédés de dosage de l’hémoglobine, dont le point de départ est donné, soit par la numération des globules, soit par la puissance colorante d’un sang normal, doivent être absolument rejetés. Les résultats qu’ils fournissent n’expriment que des valeurs relatives d’hémoglobine, et sont difficilement comparables entre eux d’un appareil à Pautre, et même pour un appareil donné d’un observateur à l’autre.

En outre, la quantité de sang sur laquelle on opère dans presque tous ces procédés, est si minime, que les moindres erreurs d'analyse, le plus petit défaut de graduation, se trouvent multipliés par un chiffre considérable et doivent dépasser, dans bien des cas, la valeur des variations qu’il s’agit de mesurer.

Ces procédés sont ceux de Worm-Müller, Bizzozero, Welcker, Hayem, Quincke et Mantegazza ;

2° Les autres procédés donnent directement des poids absolus d’hémoglobine ou des volumes d’oxygène, théoriquement comparables entre eux. Parmi ceux-ci, plusieurs ont été écartés dans le cours de ce travail, soit à cause de leur inexactitude possible, soit par suite des difficultés qu’ils présentent dans leur application. Ce sont ceux de Brozeit (dosage par l’hématine), de Quinquaud (dosage par le chlore), de Hoppe-Seyler, de Preyer et de Lesser.

3° Les procédés que j'ai trouvés supérieurs à tous les autres et que, pou cette raison, j'ai spécialement étudiés, sont les suivants :

À) Le dosage par l’oxygène absorbé ; B) Le procédé colorimétrique de Jolyet et Laffont ; C') Le procédé spectrophotométrique de Vierordt.

À) La quantité maxima d'oxygène absorbée par le sang est proportionnelle à la richesse en hémoglobine.

Tout procédé de détermination de l'oxygène peut donc servir à doser l’hémoglobine.

L’extraction de oxygène par la pompe à mercure s’accompagne d’une perte qui varie du cinquième au quart de la quantité totale du gaz.

Des dosages successifs exécutés sur le même sang, à l’aide de ce procédé, diffèrent en moyenne de 0*,25 pour 100 cent. cubes de sang, ou de 1°,27 pour 100 cent. cubes d'oxygène. Le plus grand écart observé a été de 0,60 pour cent. cubes de sang.

Le dosage par l’hydrosulfite de soude fournit, en moyenne, 4 à 6 cent. cubes d'oxygène en plus que la pompe à mercure ; le rapport des quantités de gaz obtenues dans les deux méthodes, est d’environ de 5 à 4.

Cette différence est due à la consommation d’une partie de l’oxygène par les matières organiques, dont l’action est proportionnée à la durée de Pextraction et à la température à laquelle se trouve porté le sang en expérience.

Dans les conditions de l’opération, l’action réductrice de l’hydrosulfite et de l’indigo blanc sur l’oxyhémoglobine du sang, s'arrête à l’hémoglobine. L'écart entre les chiffres trouvés à la pompe et par l’hydrosulfite de soude n’est pas dû à une décomposition plus profonde de l’hémoglobine et à la formation d’hémochromogène, comme l’ont avancé Rollet et Hoppe-Seyler.

Des essais successifs exécutés sur un même sang diffèrent, en moyenne, de 0*,20 pour 100 cent. cubes de sang, ou 0,88 pour 100 cent. cubes de gaz. L'erreur maxima est de 0*,60 pour 100 cent. cubes de sang.

On devra, en général, s’abstenir de traduire en hémoglobine les résultats fournis par l’analyse, jusqu’à ce que l’on ait déterminé exactement la quan- * tité d'oxygène que peut fixer l’unité de poids de la matière colorante.

Néanmoins, la détermination de la capacité respiratoire reste du plus haut intérêt clinique, puisqu'elle nous renseigne exactement sur la vraie valeur physiologique du sang.

Les travaux de M. Quinquaud ont suffisamment prouvé que le procédé, quoique délicat, peut être utilisé en clinique.

B) L'appareil employé par MM. Jolyet et Laffont est le colorimètre Duboscq. Le liquide sanguin est comparé, non pas à une solution d’hémoglobine ou de picro-carminate toujours altérable, mais à un verre coloré dont on Gétèpmine une fois pour toutes la valeur en hémoglobine.

Cet instrument permet de doser l’hémoglobine avec une approximation moyenne de 05,25 pour 100 cent. cubes de sang, ou de 15,80 pour 100 gr. de matière colorante.

Il peut servir aux recherches physiologiques, puisque un à deux grammes de sang suffisent amplement pour un dosage très exact.

Si l’on diminue le diamètre de Pun des godets de l'instrument, la quantité minima de sang nécessaire n’est plus que de 0,05, ce qui rend le procédé applicable aux recherches cliniques.

Le colorimètre peut également servir à déterminer, avec une exactitude suffisante, la capacité respiratoire d’un sang d’après son épaisseur colorimétrique ; 1l suffit de fixer, par quelques dosages à l’hydrosulfite, la valeur en oxygène de l’étalon coloré.

Mais ce procédé participe au défaut commun à toutes les méthodes colorimétriques, à savoir qu'il ne dose qu’une matière colorante rouge et qu’il ne peut indiquer les variations de la capacité respiratoire d’un sang qui, tout en gardant sa couleur, aurait perdu son pouvoir absorbant.

C). Le procédé spectrophotométrique permet de constater l’identité optique de toutes les hémoglobines.

Le rapport des coefficients d’extinction d’une solution sanguine dans deux régions spectrales données est constant, si le liquide ne contient qu’une seule matière colorante. Ce rapport varie, au contraire, si des matières colorantes anormales accompagnent loxyhémoglobine.

Le coefficient d'extinction d’une solution sanguine exprime sa richesse relative en matière colorante. La détermination du rapport d'absorption faite une fois pour toutes permet de transformer ces résultats en poids absolus d’hémoglobine.

Le procédé spectrophotométrique permet de doser simultanément dans le même sang l’hémoglobine et l’oxyhémoglobine. Il suffit pour cela de le diluer à l’abri de l'air et de prendre le coefficient d’extinction de la solution

à la fois dans deux régions spectrales. On peut donc, à l’aide de cet appareil, suivre dans leurs transformations réciproques les deux matières colorantes du sang et apprécier en chaque point du système circulatoire l’intensité des phénomènes d’oxydation.

Avec le spectrophotomètre de Vierordt, l’approximation est en moyenne de 65,28 pour 100 cent. cubes de sang, ou 25,25 pour 100 gr. d’hémoglobine. Avec celui de Hüfner lPapproximation est de 1,23 pour 100 gr. de matière colorante. Ce procédé est donc d’une utilité incontestable en physiologie, où il permet d’aborder une foule de problèmes insolubles par toute autre méthode et en particulier par l'analyse chimique.

Comme la quantité de sang nécessaire est très faible (de 0‘,03 à 0,05), on peut faire à l’aide de ces appareils des dosages cliniques. Mais leur maniement exige des précautions minutieuses et une grande habileté.

Vu :

Le Président de thèse, BEAUNTIS.

Vu et permis d'imprimer 2 Nancy, le 20 juillet 1882.

Le Recteur, MOURIN.

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