DES
PROCÉDES DE PÉRITONISATION APRÈS HYSTÉRECTOMIE
Procédé en « double bourse » du professeur Guyot. HISTORIQUE
L'étude de l’évolution de la technique, en ce qui concerne l'hystérectomie, est un des plus beaux exemples de la lenteur minutieuse avec laquelle progresse la réalisation d’une idée chirurgicale.
Après avoir cru, au début, en la folie de ceux qui voulaient faire des hystérectomies, on étudia leurs procédés et on les enrichit, petit à petit, des fruits de l’expérience de chacun. Chaque chirurgien y apporta sa pierre, et la dernière, peutêtre la plus importante, est justement la péritonisation, dont nous nous proposons d'étudier dans cette thèse un des procédés créé et mis au point par notre maître le professeur Guyot.
Il est toujours curieux, à distance, de voir s'ajouter ainsi peu à peu à l'édifice les blocs dont, à l'heure actuelle, aucun, à nos yeux, ne pourrait être soustrait. Comment ne pas s’étonner de voir apparaître et placer en dernier lieu la clef de voûte.
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La péritonisation, en chirurgie gynécologique, temps capital de toute intervention, doit être particulièrement soignée. On a peine à s’imaginer qu'élle ne fut pas toujours exécutée et qu'elle ne survint que comme complément d’une technique déjà très avancée. Mais, n'est-il pas plus curieux encore de voir l'orientation des idées actuelles, qui, véritable pas en arrière disent les uns, progrès disent les autres, se fait vers ce vieux Mikulicz, panacée ancienne, abandonné ensuite, repris de nos jours.
Nulle technique chirurgicale n'est absolument parfaite. Nous avons trop de tendance à systématiser et à croire en l'absolu de nos méthodes. Nous oublions trop facilement l’œuvre des vieux maîtres et nous devrions plus souvent nous reporter à leurs travaux. Un rapide historique de la question nous semble assez utile et rempli d'enseignements pour qui veut étudier plus et mieux qu'une technique : L'évolution d’une pensée humaine.
Les premières hystérectomies datent de Heater (1843), et de Clay (1844), qui firent respectivement la première subtotale et la première totale. C’étaient des hystérectomies supravaginales à pédicule interne; on faisait la ligature en masse et on abandonnait ainsi, sans péritoniser, le moignon dans le ventre.
En 1863, Koeberlé employa le serre-nœud, qui étreignait tout le. pédicule par- une anse métallique. Inutile de dire que ces quelques tentatives, qui, pourtant, croissaient en nombre, resaient encore à l’état isolé (surtout à cette période préantiseptique) et que les résultats étaient lamentables.
Une deuxième période s'ouvre avec Péan, en 1869, qui crée le pédicule externe et se sert de la forcipressure. Il transfixe d’aiguilles lancéolées le pédicule au-dessous d’une ligature métallique au serre-nœud de Cintrat et l’extériorise ainsi dans l’angle inférieur de l’incision. Plus tard, on substitue la ligature élastique-à celle-ci, et Kléber, en 1876, Martin en 1880, Pozzi en 1883, emploient ce procédé. Entre temps avait sonné T’heure antiseptique. Le mot infection avait désormais un sens. On voulait, on pouvait l’éviter. De plus, la richesse grandis-