‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 120 sur 143 · M EUROPE ET ES AHÉ1IQUE · texte numérisé non relu

M EUROPE ET ES AHÉ1IQUE

dans la Nouvelle- Jersey. La Société des Amie de l'éducation, instituée en 1828, a constaté qu'il y avait dans l'État 1 1,742 enfants entièrement privé» d'instruction , et 15,000 adultes qui ne savaient pas lire. Dans plusieurs villes, plus de la moitié des enfants ne fréquentaient pas les écoles , et 40 districts manquaient d'instituteurs. On croyait pouvoir, en partie , attribuer cet état de choses au faible traitement accordé à ces derniers, traitement qui ne dépassait guère 1 7 à 2 dollars par semaine. L'enseignement était en outre très imparfait et généralement limité aux notions les plu» élémentaires. Peu d'écoles demeuraient ouvertes pendant plus de 9 mois par an, et la plupart même ne l'étaient que de Z à 6 mois. — Il parait cependant que la sollicitude du public et du gouvernement de l'État, en faveur des écoles, commence à se réveiller. La législature a constitué un fonds de 250,000 dollars pour subvenir aux besoins de l'instruction populaire ; et le revenu de cette somme est réparti annuellement çntre les districts qui, de même que dans l'État de New-York , consentent à s'imposer pour une somme au moins égale au subside accordé par le trésor public.

Nous avons déjà dit qu'en Pennsylvanie les en* fants pauvres étaient admis gratuitement dans les écoles; mais il ne parait pas que cette faveur ait eu les résultats qu'on semblait devoir en attendre. La Société de Pennsylvanie pour V encouragement des écoles publiques a constaté en effet que sur un

70 isitbuctioh nuiAimi

nombre de près de 400,000 enfants aptes à i voif l'instruction , il n'y en avait guère que 180,000 qui fréquentassent les écoles. D'après le rapport du comité nommé en 1833, par la législature, pour préparer les bases d'un système général d'instruction, on évaluait à 100,000 le nombre d'électeurs qui ne savaient pas lire , et ce nombre s'augmentait annuellement de 2,500; sur 4 à 500,000 enfants placés par la loi sous le patronage de l'État, on n'en comptait , d'après les derniers relevés officiels, que 17,462 qui profitaient du bénéfice de l'instruction gratuite.

Le nouveau système d'instruction publique, introduit par l'acte de 1833, est conforme à beaucoup d'égards à celui qui fonctionne avec un si admirable succès dans l'État de New- York. Chaque commune doit avoir son école; chaque district d'école nomme un comité chargé de surveiller l'instruction et de pourvoir à ses besoins. Les districts d'école sont partagés en deux grandes divisions qui ont chacune leur inspecteur. Le secrétaire de l'État exerce en même temps les fonctions de surintendant, et il est chargé, à ce titre, de présenter annuellement à la législature un rapport sur la situation des écoles, leurs dépenses, leurs besoins, leurs progrès, etc. Les districts d'école ont droit à un subside , mais dans le cas seulement où ils consentent à s'imposer pour une somme équivalente au double de ce subside.

Les renseignements manquent pour apprécier

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Pétat de l'instruction primaire dans le Maryland. Mais à en juger par celui de la capitale, Baltimore , il ne doit pas être très florissant. D'après le recensement de 1830, il y avait dans cette ville 14,270 enfants entre 5 et 15 ans ; or, le nombre d'écoliers n'est que de 6,000, répartis dans 175 écoles , plus 1 ,000 élèves fréquentant les écoles de charité. La rétribution exigée des élèves payants est de 4 dollars par an. — En 1821, on décréta nne loi en faveur des écoles primaires de l'État, par laquelle les comtés furent divisés en districts , les banques chargées d'une contribution de 12,000 doll. , et les villes et les comtés autorisés à s'imposer directement pour augmenter les fonds destinés à l'instruction. H résulta de là que les uns s'imposèrent , que beaucoup s'en abstinrent et qu'il est aujourd'hui des populations sans écoles, tandis que d'autres ont fait à cet égard de notables progrès.

Dans l'État d'Ohio le fonds destiné à subsidier les écoles s'élevait, en 1833, à 550,000 dollars. On estime que le 20e seulement de la population adulte de cet État ne sait pas lire et que le 10e ne sait pas écrire. Quant à la génération n «lissante , il est rare de trouver un enfant qui n'ait pas reçu les premiers rudiments de l'instruction ; on en compte à peine 1 sur 30 qui ne fréquente pas l'école au moins pendant quelques mois de l'année.

L'État $ Minois contenait, en 1831, environ 161,000 habitante, dont 47,805 étaient âgés de

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4 à 16 ans. Sur ce nombre il n'y en avait guère que 13,000, ou un quart, qui se rendaient aux, écoles , et seulement encore pendant une partie de l'année. On comptait à la même époque 860 écoles, ce qui donnait pour chaque école 22 élèves environ. Le dernier acte législatif relatif aux écoles date de 1833.

Il n'y a pas jusqu'ici de système général d'éducation publique dans l'État d'fndlana : aussi estime-t-on qu'un enfant sur 5 seulement jouit âes bienfaits de l'instruction , et qu'un huitième de la population, savoir, 22,000 enfants et 18,000 adultes, ne sait pas lire.

lien est de même dans le Kentucky : sur 143,738 enfants âgés de 5 à 15 ans, il y en avait, en 1830, 103,337, ou plus des cinq septièmes, qui ne recevaient aucune instruction.

Dans l'État de Virginie on a mieux compris les devoirs du gouvernement à l'égard des pauvres enfants. 45,000 dollars sont consacrés annuellement au soutien des écoles gratuites. Ces écoles contenaient, en 1830, 15,738 élèves, ou la moitié environ du nombre des pauvres enfants de l'État, qui s'élevait, en 1832, à 31,231. La législature fit une nouvelle tentative, en 1829, pour améliorer et propager l'instruction ; mais il ne parait pas que cette tentative ait été couronnée de succès.

Dans la Caroline du sud on ne compte guère que 8 à 0,000 enfanta fréquentant les écoles.

Les renseignements manquent sur la situation

BU KUlOfI BU BU AMÉBTQCI. 78

des écoles et le nombre des élèves dans les États de la Caroline du nord, de Delaware , Tennessee, Géorgie, Floride, Âlabaraa, Mississipi et Louisiane , dans le district de Colombie et dans les territoires d'Arkansas, de Missouri et de Michigan. Le tableau suivant présente le résumé des données que nous avons recueillies pour les autres États:

Étals.

New-York

Masfachusetts . .

Maine

Vermont

Hew-Hampflhire.

Les 6 état* de la

Nouv.-Anglet.

îfouv. Jersey. . .

Pennsylvanie . . .

Baltimore (Ma-

ryland)

Obio

IUinoia

Indiana

Kentucky

Caroline-du-Sd. .

Population (bWne) en i83o.

Population Nombre Nombre Btpp danomb.

de d'école» d'écoliers, des élèves à la

5 â i5 ans. pQpulat totale,

i «1er* sur

503,884 » 531,240 3,6 hab.

On remarque généralement que les États du nord et eeux qui n'ont pas d'esclaves , sont mieut partagés , sous le rapport de l'instruction, que les États du sud et ceux où l'esclavage fait encore partie des institutions. Les esclaves, qui étaient, en ni. 7

74 hstsvctio* tiraint

M M , au nombre de 2,010,416 , sont excra* des écoles , et les enfants de conleur ne participent presque nulle part mi bienfaits de l'édocatio* publique.

D'après des renseignements recoeUlts par la Sêciètè américaine dis écoles, il parait qoe dans cinq États seulement, la Pennsylvanie, Kentocky, Tennessee, Indiana et Illinois, il y a au moins 600,000 enfants qui manquent de moyens d'instruction ; c'est environ le cinquième de la population totale de ces États. La population âgée de 15 à 15 ans, dans le Maryland , la Virginie, les deux Carolines, et TOhio, s'élève à 803,219 individus. Il est probable que le nombre des enfants qui fréquentent les écoles dans ces États , n'excède pas la proportion indiquée pour la Pennsylvanie et le Kentucky ; il s'y trouverait donc 462,090 enfants , ou les deux tiers , privés d'instruction. D est impossible, d'ailleurs, de constater jusqu'à quel point l'éducation privée supplée dans ces États à l'insuffisance de l'éducation publique.

Les antres États et territoires de l'Ouest ne sent guère plus favorisés sous ce rapport qoe le Tennessee et l'Indiana ; or, sur 190,000 enfants dans ces deux états, on en compte environ 150,000 qui ne reçoivent pas d'instruction.

On peut donc estimer , d'après les calculs <fm précèdent, qu'il y avait en 1610, dans les Étateau Snd et à l'Ouest de New-York, 1 ,3 10,<tt0 entants qui ne participaient pas au bienfait des écoles pn*

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bikjnes. Grâce à l'accroissement rapide de la population de ces états qui peut être porté à 45 ou 80 p. °/e en 10 ans, le nombre des enfant» sans instruction, dans toute retendue de l'Union, ne peut guère être évaluée aujourd'hui à moins de 1,400,000.

Maie il faut remarquer que dans celle évaluation me sent pas compris ho enfante de la population de couleur. Si Ton ajoutait ees enfants, dont le nombre s'élève à un demi-million à peu près, aux enfants de race blanche, on aurait un total général de 1 ,000,000 enfanta voués à l'ignorance la plus déplorable.

Ce fait ne s'accorde guère avec la brillante réputation dont jouit en Europe le eyelhne d'éducation publique dee États- Unie; mais il n'en est pas moins exact. On a eu le tort, comme on voit, de prendre la partie pour le tout, et d'attribuer à l'Union tout entière les résultats obtenus seulement dans quel*» que* États.

Bien que dans chaque État il yaitun fonds spécialement destiné à l'encouragement de l'instruction, l'étendue de cette ressource, excepté à New-York et dans la Nouvelle- Angleterre, est loin cependant d'être en rapport avec celle des besoins de la population. Et là même où les écoles sont en nombre suffisant, leur défaut d'organisation et l'inaptitude malheureusement assez fréquente des instituteurs, neutralisent souvent le bien qu'on aurait droit d'en attendre.

L'inaptitude des instituteurs provient de deux

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causes principales : la modicité et l'n du traitement qu'on leur alloue dans un gramd nombre de localités, et l'absence d'écoles noraiaki pour l'enseignement des méthodes.

Cependant on a cherché à remédier è l'absence de ces écoles. On a institué à cet effet des coin spéciaux dans un grand nombre d'académies; et l'État de New-York dote de £00 dollars une académie dans chaque district sénatorial , pour l'achat do livres et instruments à l'usage de ceux qui se destinent à l'enseignement. Les cours normals dasj ces académies, au nombre de deux par an, dureat 4 mois , et l'enseignement etit donne en S ans. — A Jackson-yille , dans l'Illinois, on a fondé un établissement pour l'éducation des maîtres , sous h* auspices de citoyens recoramandables excites à cette œuvre par le triste aspect des écoles de rOaesl; et la législature a assigné 200 dollars par an à disque collège qui embrasse dans son enseignement celui des instituteurs. L'État d'Ohio a égales*** fait un pas honorable en nommant une commisoat de cinq membres chargés, le premier mardi de chaque mois, d'examiner les maîtres qui se présostent pour tenir les écoles de chaque comté : ce jury ne délivre de certificat que lorsqu'il est osavaincu de la capacité intellectuelle et de la morahsé des candidats, sans jamais étendre leur privilège à plus de deux ans. La commission choisit, dans chaque comté, une dame pour l'examen des maltresses. Dans le comté d'Essex (Massachusetts), il

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y a une association d'instituteurs occupes à réformer les méthodes d'enseignement, et qui a pour résultat indirect d'ennoblir le caractère de la profession.

Indépendamment des écoles primaires proprement dites, il existe encore anx États-Unis des écoles gardiennes et dominicales dont le chiffre ne figure pas dans les relevés qui précèdent. D'après le compte-rendu en 1835 par la société américaine des éeoUê du dimanche l, on comptait, en 1883, 10,718 de ces écoles, 91,872 instituteurs et institutrices remplissant gratuitement leurs fonctions, et 024,834 aères; en 1884, le chiffre a augmenté de 708 écoles, 4,867 maîtres et 83,847 élève». Les recettes se sont élevées à 03,848 dollars. La société mère a son siège à Philadelphie, et elle compte 1,108 sociétés auxiliaires disséminées dans toute l'étendue de l'Union.

Au nombre des institutions d'éducation susceptibles d'exercer une influence favorable sur le sort de la classe ouvrière, on peut également citer l'association, introduite dans quelques écoles, de l'enseignement industriel avec l'enseignement scolaire. Cette association est féconde en heureux résultats ; oar , 1° elle procure aux élèves une distraction après l'étude; 9° elle contribue à conserver la santé que des occupations exclusivement sédentai-

1 The ehvênth an nu al report of the american Sunday êckool Union. May 26, 1886. Philadelphie

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70» pourraient altérer; 4V» elle offre un moyen d'existence qui ennoblit l'Âme en inspirant de beaux sentiments d'indépendance fondée sur les propre* forces et les ressources de l'homme ; 4° elle détruit, partout ou il est enraciné, le préjugé funeste qui tend à avilir les professions mécaniques ; 5° enfin eUe diminue, par le produit du travail manuel, le prix de la vie et les frais de renseignement des élèves pauvres.

Ce système a été appliqué avec suceès dans le collège de Waterviile , de l'État du Maine. Plus de la moitié des élèves travaillent trois heures par jour dans les ateliers ; et ce qu'ils gagnent varie de KO cents à 3 dollars et demi par semaine , selon leur habileté. Il en résulte que , terme moyen, iU balancent avec le produit de leur» ouvrage» les frais de nourriture, qui sont évalués à on dollar par semaine.

On a organisé sur un plan semblable le collège de Bristol et celui de Sud-Hanovre, à Indiana. Cette dernière institution, qui a pris naissance sous une cabane de bois, occupe maintenant un vaste édifice qui contient 300 élèves et 6 maîtres dont la santé n'a pas été altérée, lors même que le choléra sévissait aux environs d'une manière alarmante. Les atelier» occupent 50 ou 60 élèves deux heures par jour. Ceux qui sont laborieux peuvent gagner de 10 à 15 dollars dans la durée des cours ; les plus habiles davantage. Les dépenses ne dépassent pas un dollar par semaine pour chacun.

IK HAOFS BT SU AMÉA1QUK. 79

Le séminaire des Hisfitutears de Madison, dans l'iftdiana, renferme 10 élèves qui paient leurs dépenses par le travail , sans que leurs études en souffrent.

Dans rObio, le collège Réserve, qui compte 84 élèves , possède des ateliers où Tont s'occuper ceux qui le désirent. On en voit a qui cet exercice procure la santé ; d'autres chez qui il développe les facultés de l'esprit , douce compensation de deux heures d'activité corporelle ; il en est encore qui ont diminué par ce moyen le prix annuel de la pension , qui coûte ISO dollars.

Le collège Marion, dans le Missouri, exige 70 dollars pour frais de nourriture et d'instruction. Chaque élève doit mettre la main à l'œuvre : en travaillant trois heures par jour, soit dans les ateliers , soit aux champs, il peut gagner de quoi couvrir la plus grande partie de la somme. Trois personnes connues par les bienfaits qu'elles répandent T ont doté cette institution de 5,000 acres de terre, et se sont même chargées de les préparer à la culture *.

A Philadelphie et dans quelques-unes des principales villes de l'Union, on a institué des cours pour les ouvriers , à l'instar des institutions industrielles (mechanie'ê inêtituttong) de l'Ecosse et de r Angleterre. On a également fondé des bibliothèques circulantes {circulatiny librarie§) qui

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