BBLGIQGÉ
Eaison centrale de Vilvorde :
* Nous n'avons pas compris dans le chiffre des décès, 103 5 tenus enlevés, en 1832, par le choléra qui sévit avec
? e grande violence dans le pénitencier de Sing-Sing.
ni. 27
314 sTmsTiQirv dis raisaas
fop. «or.
Moy. 1831-1836 926
Maison ceotr. de St- Bernard :
Moy. 1831 -1836 939
Maifon centrale de Gand :
Moy. 1831*1836 1,187
Maison oentrale d'Alost :
1 Année du choléra.
3 Le oholéra a sévi arec force à St-Beruard en 1833 et 1833 : de là le grand nombre de décès constaté dans ce» deex années. Le nombre seul des cholériques décédés a été de 54.
* Le choléra a régné dans la maison de Gand en 1831 : il a enlevé 14 détenus.
BrcJ*.
l dêc. par ta »T
39,80 dét
sa AU11QVI ET SU I0&OFI. 315
Pop. moj. Décès, i die. par an •*
1833 466 19 24,53 dét.
Moy. 1832-1836 458 8 57,25
Les 4 maisons centrales :
lr,per. avant 1830 3,736 133 28,09
2' » après 1830..... 3,510 112 31,34
Maisons de sûreté et d'arrêt :
Moy. 1831-1836 1,574 19 82,84
11 résulte des données qui précèdent,
1° Que l'état sanitaire des prisons est en général sensiblement amélioré depuis quelques années;
2° Que celte amélioration s'est particulièrement fait remarquer dans les établissements où l'on a commencé à introduire la réforme pénitentiaire*
8° Que la mortalité dans les maisons centrales de France est, proportionnellement à la population détenue, plus du double de celle des maisons centrales de Belgique et plus du triple de celle des pénitenciers américains : sur 100 détenus décèdes on peut dire qu'il y en a 54 en France, 27 en Belgique et seulement 19 aux États-Unis.
4° Que, malgré l'épidémie du choléra, la morta-
316 STATISTIQUE DBS tUSSllS
Kté dans les maisons centrales de Belgique a été réduite de 9 p. °/0 environ depuis I&SO.
5° En estimant la moyenne annuelle des décès dans la vie libre, à 1 sur -40 habitants1, on voit que la vie est abrégée de près des deux tiers pour les condamnés incarcérés dans les maisons centrales de France , tandis qu'elle dépasse au contraire la moyenne dans les pénitenciers des États-Unis. En Belgique, les cbances d'existence sont à peu près les mêmes pour le détenu dans la maison de Gand que pour l'homme libre ; elles sont plus favorables dans la maison d'Alost, ce qui s'explique d'ailleurs par la nature de la population composée en grande partie de militaires dans la force de l'âge ; elles sont moins favorables dans la maison de Vilvorde ; et dans la maison de St-Bernard elles se réduisent de moitié ! — Ne pourrait-on pas demander jusqu'à quel point la société se croît autorisée à percevoir une sorte de dime sur l'existence des condamnés a l'emprisonnement, et si l'humanité et la justice ne commandent pas impérieusement l'emploi des moyens susceptibles de réduire dans les prisons la mortalité au taux général? La chose est possible, puisqu'un grand nombre de maisons de détention nous offrent même un rapport plus favorable. C'est mue question de vie ou de mort dont la solution n'admet pas de délai.
1 Y. Essai de physique sociale, par A. Quetetet ; tome 1 , p. 136eU37.
Bit- JJlillQCB M EU EC&Ori.
9. Rapport sur Vèlat sanitaire de la maison de force à Gand, pendant F année 18364 adressé à T administration des prisons.
M B881EOTIS !
Le tableau des maladies observées pendant Tannée qui vient de s'écouler, et celui des affections qui ont entraîné la mort des détenus décédés, présentent la plus grande analogie, sauf les différences produites par les épidémies, avec ceux des années précédentes1. Il ne peut en être autrement,
1 État numérique des malades entrés dans l'hôpital des hommes, pendant 1836, avec désignation des maladies.
Malades atteints de contusions, plaies, fractures à la suite de
coups, chûtes, etc 11
Malades atteints d'ulcères a toniques 8
de dartres 3
hernies 2
carie des dents, etc 3
carie de vertèbres 4
exostoses vénériennes
engorgement de l'épididime
abcès A l'anus 1
hydrocèle
antrax ►
débilité, vieillesse 19
Kuubago 7
Scrofules 9
ophlhalraie 7
gale 7
A reporter 95
318 STATISTIQUE DBS 9*1ÊÛB§
les mêmes causes devant produire les
effets.
Report 99
Malades atteints d 'affections aiguës de la poitrine (pneumonie, bronchite, pleurésie, etc.) . . 16
préicardite chronique 3
hémoptysie. 1
anévrisme du cœur 1
marasme, nostalgie, êtisie 37
asthme W
congestion cérébrale 5
araehnoldite aiguë I
hydropisie ascite •
diarrhée H
hématemèse.. . 2
aquirre du pylore 3
fièvre intermittente -8
aliénation mentale 2
épilepûe 2
ictère spasmodique 1
érysipèle a la face 1
rhumatisme chronique ou aigu 5
Pendaison volontaire *
Détenus qui viennent dans l'hôpital avec maladies fêtâtes, ou par besoin de se déplacer, ou par désir de
changer de travail, etc J^
Sont décédés à la suite de consomption pulmonaire. . m m abdominale..
cancer
péricardite chronique. .... 2
araehnoldite aiguë 1
apoplexie » '
mort subite (cause incone.) I
vieiUesse 2
M AjUllQUB IT KR *CHOM. 319
Quand on examine ces tableaux, trois choses attirent principalement l'attention, savoir : le petit nombre de maladies aiguës, la fréquence de la phthisie , et l'existence d'affections qui n'ont d'au* tre origine que le désordre.
Depuis long-temps on a extirpé de l'établisse* ment toutes les maladies dont le développement peut être évité ; mais il est impossible de soustraire entièrement les détenus aux causes générales, telles, par exemple , que les différents changements de la constitution atmosphérique ; aussi , quoi qu'on fasse, on n'empêchera jamais l'apparition de quel* ques cas de pneumonies et de pleurésies aiguës dans la saison d'hiver ; on n'empochera jamais, au printemps et en automne 2 le développement des fièvres intermittentes, fièvres vraiment endémiques dans une partie des Flandres ; de même qu'on n'a pu empêcher la grippe et le choléra de marquer leur passage dans la prison, lorsque ces épidémies ont régné à Gand.
L'on doit se contenter d'être parvenu à rendre, sous ce rapport, l'état sanitaire de l'établissement toujours plus satisfaisant qu'au dehors.
Dans les recherches statistiques que je vous ai communiquées en 1834, sur les causes morbides particulières aux détenus , je n'en ai trouvé que quatre ou cinq qui pussent être considérées comme exerçant de l'influence sur la santé; ce sont elles, Messieurs , qui méritent spécialement d'être étudiées , parce que c'est à elles que la fréquence de
320 STiTMTW* >ci riiMf
U phthrsie doit être attribuée, non-seulement dans notre établissement , mais dans tonte prison., to qu'elles sont en partie inhérentes à la rie de dé* tention.
Ces causes sont la vie des ateliers qui entraîne le défaut d'air et d'exercice, l'alimentation trop peu animale, l'onanisme et la pédérastie, rabattement ou la dépression morale causée par la priration de la liberté.
Les détenus passent leur journée, on dans des ateliers dans lesquels ils sont réunis en grand nombre , et qui ne sont pas assez aérés , ou dans des souterrains plus ou moins humides et froids ■ ; pendant les courtes heures de récréation ils se couchent par terre dans les cours ou préaux , ou se groupent les uns autour des autres pour jouer et pour causer; rien n'est plus rare que de les Toir se promener ou faire queiqu'exercice ' ; la
1 La translation prochaine des femmes dans le pénitencier central de Hamur mettra l'administration à même de disposer les ateliers d'une manière plus convenable, de pourvoir à leur ventilation et d'y rendre possible la continuité de la surveillance. Les ateliers souterrains seront supprimés. (En. D.)
3 Lorsque la maison de Gand aura subi les changements et les améliorations qui doivent dépendre de la translation des femmes, lorsque chaque détenu aura sa cellule pour la nuit et sera soumis dans les ateliers communs à une surveillance continue , il sera possible de remédier aux abus que signale le médecin de l'établissement. Au lieu de se coucher dans les cours, de s'y réunir par groupes et de soustraire leurs rapports au contrôle de la police de la maison *
Hft ASÉEIQgE ET W* ECKQTB. 321
nuit ils sont renfermés dans des cellules étroites. Depuis les travaux de Baudelocque sur les scrofules, personne ne révoquera en doute l'énergique puissance de tuberculisation que possède le défaut d'air*
Il paraîtrait que la quantité ou la qualité de nourriture étant reconnue agir défavorablement sur la santé, il devrait être facile d'y remédier; mais tes personnes qui connaissent l'intérieur des prisons savent combien cette question présente de difficultés. En donnant une nourriture suffisante, assez animalisée et assez variée pour les besoins de l'économie, non-seulement on risque, comme dit M. Lucas , de faire envie à l'honnête médiocrité, mais on enlève tout aiguillon pour le travail ; car les cantines, désormais inutiles, étant supprimées, quel usage le détenu fera-t-il de l'argent de main qu'on lui donne? Dans le mode actuel, le prisonnier acquiert par le travail l'argent qui devrait lui servir pour se procurer à nos cantines , non pas ce que l'auteur d'un excellent article, inséré dernièrement dans la Revue britannique , appelle les jouissances corruptrices des prisons, mais le supplément de nourriture dont il a besoin ; et ainsi, celui que la paresse a conduit en prison , et un
tes prisonniers pourront être astreints, comme dans les pénitenciers de Suisse et d'Angleterre, à prendre de l'exercice en marchant isolément et à la file des uns des autres sous la conduite d un gardien. (Ed. D.)
322 STATISTIQUE DIS F Ml OIS
grand uorobre sont dans ce cas, devrait apprendre que c'est par le travail que l'homme pourvoit à son existence; mais ce mode, dans le réghne actuel des prisons , est sujet à des inconvénients graves, qui disparaîtront par l'amélioration de ce régime,, et qui en font aujourd'hui une source de maladies. D'abord, la surveillance n'est pas tellement exacte que le détenu; n'abuse de la faculté de se procurer des boissons à la cantine pour s'enivrer ; ensuite , et ce qui pis est , l'argent qm devrait lui servir pour Se fortifier , il le joue om l'emploie pour satisfaire une plus ignoble passion; heureux s'il ne va point jusqu'à vendre les rirres qui lui sont accordés * .
1 Les cantines, "dans le régime actuel de nos prisons, sont malheureusement un mal nécessaire ; elles suppléent, par l'appât d'une jouissance matérielle, à l'impuissance de la discipline et à l'insuffisance des moyens de coercition. Lorsqu'une meilleure distribution des locaux aura rendu l'euvploi de ces moyens possible et facile , l'encours gement taclice des cantines pourra être supprimé. laU il importer* dans ce cas de substituer au mode d'alimentation actuelle une nourriture à la fuis plus solide et plus substantielle La suppression des cantines entraînerait la suppression de l'argent de poche, désormais sans objet. Ce serait couper < somme on voit, aux abus nombieux que signale avec i le médecin de la maison de Gnnd. En admettant même eue Ton autorisât dans certains cas, eu égard à l'état de santé et à la bonne conduite de quelques détenus , l'achat ne certains aliments ou boissons, cette faveur devrait toujours être subordonnée à la condition de consommer lea i
BU AJlillQUB BT BR.BUROVE. 323
Vous dirai -je, Messieurs, ces mariages monstrueui qui, sous le rapport physique , détruisent les détenus , et , sous le rapport moral , achèvent leur abrutissement , les ravalent au-dessous de la brute, et finissent par leur faire désirer l'atmosphère des prisons* comme ia seule qui convienne à leur organisation dénaturée?
11 y a, dans*Ja prison, deux espèces* de frégate* (pardonne!, Messieurs, ces détails obscènes, mais je pense que ce n'est pas en taisant les abus qu'on les fera cesser); les unes j ont des frégates particulières , et les autres sont des prostituées à l'usage de tous ceux qui paient ; la défense de l'entrée de l'argent du dehors a un peu diminué le nombre décès dernières. « On ne donne plus que dix centimes , le métier ne va plus, » osa me dire un jour un de ces êtres déhontés. Mais les mariages sont encore fréquents ; là il y a du désintéressement , parfois même il y a beaucoup d'affection, et, comme dit M. Yillermé, une fidélité digne d'une autre union. Les coups de couteaux et autres blessures , qui constituent en partie le troisième genre d'affections dont j'ai parlé plus haut, n'ont d'autre source que la jalousie qu'entraînent ces rapports immoraux, et plus d'une fois l'on a vu la jalousie don-
ou boissons dans le» réfectoires. Ces fournitures seraient portées en compte aux détenus dans leurs livrets, comme cela se pratique à Genève et à Berne ; mais dans aucun cas ils ne devraient avoir d'argent â leur disposition. (En. D.)
324 STATWIQ1TV ou »I4pS8
lier Hea à des actes de fureur très violents; le
détenu V , que la pédérastie conduisit au
marasme, s'est pendu de désespoir parce qu'il croyait un autre préféré.
Les amours de D... et d'H vous sont connues. Depuis leur séparation, D... dépérit de désir et de jalousie; il fait tout pour se rapprocher de sa trop digne moitié, jusqu'à feina>e un crachement de sang pour le rencontrer dans l'hôpital.
N.... convoite H , et-N.... a beaucoup d'argent;
H ne lui cédera-t-il pas? Voilà le cauchemar
qui ne laisse pas à D... un instant de repos. Le soufflet donné par lui à son surveillant d'atelier, Ta "été dans l'espoir qu'on le changerait de quartier pour cet acte d'insubordination, et qu'ainsi îX rentrerait peut-être dans celui d'H On ne cesserait
si l'on voulait rapporter tous les expédients que ces malheureux imaginent dans la terrible tourmente de leur affreuse passion.
Rien ne serait plus facile que d'arrêter ce vice. Lorsqu'un détenu convoite un autre détenu, il commence par lui faire la cour, il l'entoure de soin* et d'égards, il partage avec lui son café, son tabac, le régale à la cantine ; gardiens et détenus, tous le voient et se disent en souriant : « Voilà des noces qui se préparent » ; si alors on les séparait en les punissant, on mettrait peut-être un terme à ces honteuses Maisons : mais non , il faut pour sévir qu'on les prenne sur le fait, ou que l'on ait, comme on dit, des preuves matérielles. C'est une erreur
IH ABilIQUl 1T BU BVBOtB. 325
que d'exiger des gardiens une surveillance qui demande la moindre intelligence '.
Dans mes rapports précédents j'ai cité beaucoup d'exemples de l'influence de l'abattement moral
sur le physique; cette année le détenu B
m'en a fourni un bien remarquable. Emprisonné depuis 13 années, il achevait tranquillement son ban ; doué d'une constitution forte, il aurait vécu long-temps encore , si la nouvelle , «arrivée du dehors, que sa femme, profitant de la faculté que la loi lui laissait, s'était unie à une autre, n'était ve-*
1 Rien ne prouve mieux la funeste influence du système de réunion que les détails dans lesquels le médecin deGand a eu le courage d'entrer. Pour porter remède au mal il fallait mettre la plaie à nue , la montrer saignante et hideuse. Quoi que Ton fasse , quelles que soient les précautions que l'on prenne , malgré la surveillance la plus active et la plus continue, tant que les prisonniers seront réunis dans des locaux communs , on ne pourra combattre avec succès ces honteuses passions, étouffer ces désirs désordonnés, calmer cette ardeur effrénée qui attire l'homme vers l'homme, â défaut d'autres moyens de calmer les sens et de faire taire le cri de la concupiscence. On pourra peut-être empêcher le scandale et faire que les désirs ne se transforment pas en actes de la plus dégoûtante immoralité ; mais on ne préviendra pas le trouble mental et l'action pernicieuse qu'une passion sans cesse alimentée ne peut manquer d'exercer sur le moral et la santé des détenus. Pour les mettre é l'abri de cette cause de désordre, il n'y a qu'un moyen , c'est la séparation y il n'y a que le calme et le silence de^a cellule, combinés avec l'emploi des moyens de moralisation , qui puissent extirper complètement un vice contre lequel tout palliatif a été jusqu'ici impuissant. (Éd. D.)
326 STâTWTIQCl DBS ruseas
nue 1© précipiter dans un chagrin profond , qui bientôt provoqua chez lui la parte d'appétit , l'amaigrissement, la destruction des forces, un état de malaise indéÛnia&able, et finalement des tubercules dans les poumons, et la mort £.
Oui, Messieurs, telle est la marche de cette terrible maladie qui , dans la prison de Gand , sur deux décès en réclame un ; les causes indiquées n'agissent pas directement sur les poumons : elles exercent leur action d'une manière leste et chronique sur l'économie entière, elles diminuent l'énergie du système circulatoire , et déterminent une véritable diathèse ou cachexie tuberculeuse, qui n'attend, à la fin, que la moindre circonstance favorable pour se traduire en symptômes contre lesquels tous les remèdes viennent échouer.
Le plus souvent c'est dans les poumons que les tubercules se développent, mais quelquefois aussi ils se déposent dans d'autres organes ; les fonctions physiologiques des poumons sont sans contredit la raison de cette préférence. Il n'est pas rare de les Toir se former dans plusieurs organes à la fois.
J'ai suivi attentivement, depuis plusieurs années, la marche de cette maladie, et il m'est impossible, comme je vous l'ai communiqué en 185-4 , de ne pas embrasser sur sa nature l'opinion de ceux qui
# 1 Le système de séparation , qui exclut tout rapport avec i extérieur, empêcherait certainement le retour du lait que signale l'auteur du rapport. (Éd. D.)
15 nÉJUQcs et ih «non. 327
la regardant comme asthénique. Les idées émises par M. Broussais ont pendant quelque temps éloigné les observateurs de cette manière de voir, à laquelle on revient. Le médecin anglais Clarck, et M. Roche, pensent, et leur opinion me parait pro bftble , que c'est dans le sang que les tubercules se ferment, que c'est ce fluide qui les dépose dans les ponéions pour produire la pbthisie , ou dans les organes du ventre pour provoquer la consomption abdominale.
La marche est en général plus lente quand l'alimentation et le défaut d'air et d'exercice agissent seuls , que lorsque la nostalgie s'empare du malheureux détenu.
Parfois une circonstance indifférente en ellemême réveille dans l'âme du prisonnier le plus vif désir de la liberté et du retour dans sa famille. Si deux criminels ont été condamnés pour le même fait , et que l'un des deux sorte de prison , il est rare que le deuxième ne devienne pas nostalgique *.
B.... et deK.... sont devenus nostalgiques pour avoir été battus , l'un par des camarades , sur l'instigation, à ce qu'il croyait, des gardiens, et l'autre par des gardiens eux-mêmes. De K a été mis
1 Autre cotiBéquence du système de réunion. Il est évident que, si les prisonniers étaient séparés et ne pouvaient jamais se voir ni communiquer ensemble, ils ne pourraient connaître la position de leurs complices et l'époque de leur sortie. (EÔ. D.)
328 STàTlSTIQSl BIS Illl«lf
en liberté sur une demande spéciale que je root ai adressée pour lui ; je n'ai pas été aussi heur
pour B : soutenir le moral par des
et des paroles consolantes , plaider entre-temps la cause du détenu auprès de l'administration pour obtenir sa grâce , voilà à quoi se réduit le rôle du médecin dans ces cas. Deux motif» militent pour la lui accorder ; le premier c'est l'impossibilité de ne pas reconnaître la nostalgie feinte, et la seconde, c'est que l'abattement n'atteint jamais le grand coupable ; elle n'attaque que le détenu qui fiût un retour sur lui-même , ou qui a conservé assez de pudeur pour rougir des compagnons qu'il s'est donnés ; de pareils délinquants offrent à 1s société des garanties suffisantes de bonne conduite '.
1 Cette cause de nostalgie , qu'il est impossible de prévenir et de combattre dans le système de réunion, Tient naturellement a cesser dans le système de séparation. Isolé de «es compagnons de captivité, le détenu n'a pat é rougir de ae trouver confondu avec des nommes pins pervers que lui; il n'a pas à redouter leurs railleries ou leur haine et leur vengeance ; a mesure que son cœur s'ouvre au repentir, le régime auquel il est soumis se présente à lui sous un aspect tout nouveau ; la solitude qui lui apparaissait d'abord connu* le plus terrible des chatinlents, finit par devenir pour lui un asile et un refuge. Car c'est lé Tune des propriétés las plus remarquables et les plus incontestables de l'emprisonnement séparé : il se proportionne à tous les degrés de criminalité et de moralité, et si la règle qu'il impose pèse douloureusement sur l'âme de l'homme pervers, elle s'adoucit par contre et perd successivement de sa rigueur pour le coupable repentant et corrigé. (Ed. D .)
U AMlUQUl ET Bit BDKOPE. 829
Les détenus très corrompus non-seulement ne deviennent pas nostalgiques , mais ils se soustraient en partie aux autres influences de la détention. Ils sont soumis , ils ont un langage flatteur et insinuant, ils savent se rendre utile* , et arriver par là à des faveurs , ou bien ils les arrachent par l'importunité ; ils sont, ce qu'on appelle en termes de prison, de bons détenus, et ils se font un sort tellement supportable , qu'il n'est pas sans influence sur les récidives. Le type de ce genre de détenus sont G...., et les trop fameux C... etD....
Quelle différence entre ces hommes et ces jeunes étourdis , bien moins pervers qu'eux , qu'ils mettent si bien en avant, et qui , ayant encore le sentiment de leurs forces physiques , osent se révolter contre un ordre , s'indigner hautement contre ce qu'ils croient inique, ou employer la violence pour arriver à leur but; mais la partie n'est pas égale , le cachot les a bientôt matés* C'est à cette classe
qu'appartenait B , qu'appartiennent encore
Van B , Van U et maints autres. Chez
ceux-ci survient la nostalgie; mais c'est quand leurs yeux se sont ouverts et qu'une triste expépérienoe leur a appris qu'ils étaient dupes et servaient d'instruments.
Si le nombre des récidives est considérable et va en augmentant , la raison en est en partie , comme je viens de le dire, dans les faveurs , dans les positions avantageuses que les criminels corrompus obtiennent dans la prison. Les condamné»
880 tTATMTIQVB BIS IUMII
par récidive font auje<sfd'n»tt le tiers de la popu* lation totale ' ; encore ne cotnpte-t-on que oenx qui le sont a*z ternes du œde , et qui sont reconnus pour tels a.
Lorsqu'on songe à cette vérité , que le principe de la récidive s'est pas seulement dans la difficulté de pourvoir à son existence que le détenu éprouve après sa sortie, mais encore dans les vices du régime intérieur des prisons; quel est celui qui, à ^i vue de l'accroissement continuel des récidives , ne désire ardemment l'amélioration du système pénitentiaire , et n'applaudisse aux efforts de ceux qui veulent faire remplir par la société les devoirs qu'elle a envers les coupables qui l'ont offensée?
L'administration a beaucoup fait déjà pour l'ex* tirpation des abus. Le bâtiment , ce beau monument élevé par Vilain XIII l pour l'honneur de la Belgique , reprend peu à peu son aspect primitif. Les murs de séparation des cellules se relèvent,
1 La popul. moy. de rétablissent' a été en 18S4 de 886 ho m.
1886 • 888 - La popul. au 1 janv. 1834 était 882 nom. dont ? eu récid.
* C'est une remarque fort juste que me fit faire l'autre jour M. Vandevelde, membre de la commission administrative de la prison.
Bfl ilUlQUS ET 121 IVBOFK. SSII
et ainsi nous voyous disparaître ces combinaisons de nombres impairs , que Cuuningham nous reproche , dans lesquelles on croyait trmiver une garantie contre l'immoralité, et qui n ont d'autre effet que de faire de l'espionnage et de la délation unJnéritepu une nécessité de prison. Les chambres de sûreté qui avaient été transformées en cachots obscurs et humides, seront bientôt aérées et assainies. L'entrée de l'argent du dehors a été défendue ; par un arrêté royal qui bientôt recevra son exécution , on empêchera les communications entre les détenus des deux sexes, communications inévitables quand ils sont renfermés dans un même établissement. Et enfin , en confiant la surveillance des femmes détenues à des religieuses instruites et actives, l'administration a voulu par l'enseignement religieux et par l'exemple de la vertu éveiller le recueillement dans l'âme des criminelles ; mais il s'en faut qu'elle soit parvenue à soustraire entièrement notre système pénitentiaire au blâme commun dans lequel on a enveloppé toutes les prisons de l'Europe, en disant qu'elles sont des écoles de vices.
J'ai déjà dit combien est encore grande cette plaie des prisons désignée sous le nom de pédérastie ; j'ai dit les rixes et les combats qu'elle traîne à sa suite , l'ivrognerie et le jeu qui ne sont pas entièrement extirpés. Les motifs qui ont motivé le renvoi du dernier sergent gardien démissionné, ont fait connaître le genre de relations qui peuvent
232 tTATitTiQOB m ruani
exister entre lea détenus et ceux préposés à leur surveillance immédiate.
Ce n'estas tout. Il y a et il y aura peut-être long-temps encore dans les prisons des positions avantageuses; il y a des places qui seront ton» jours recherchées parce qu'elles sont .favorables par leur nature, telles sont celles d'écrivains , de fatigues , de cuisiniers , etc. Le bon sens indique de faire de ces places la récompense d'une bonne conduite long-temps éprouvée. Eh bien ! à la manière dont elles ont été accordées jusqu'ici , on croirait qu'on ait voulu en faire une prime d'encouragement pour le mal. C'est une bien grande amélioration , Messieurs , que vous venei d'introduire en défendant que les places d'écrivains soient désormais confiées à des condamnés par rédicive ; elle s'étendra, j'espère , aux autres catégories privilégiées ; votre tâche, alors, sous ce rapport sera remplie ; mais l'exécution de la mesure reste, elle doit être abandonnée au jugement et au zèle des employés ; à eux de faire parmi les condamnés non récidifs le choix que la justice et le bien de l'établissement réclament. Ce choix est important : se fera t-i! avec précaution? Il doit être fait avec la plus grande circonspection, surtout maintenant que de grandes faveurs sont en outre attachées à ces places.
Il doit être à votre connaissance que deê fatigues ont l'entrée dans la famille de quelques employés; que les livranciers paient aux écrivains
Bft iliUQUB BT BR BVBOM. 839
pour la formation de leurs factures certains droits, et que leur générosité est en raison de l'élévation de ces factures. Les hommes de peine reçoivent également des rétributions pour port de charbons, de grains , de farines , etc. Aux yeux de chacun , ce sont là des usages qui établissent entre les prisonniers et les livranciers , par l'intermédiaire des employés , des rapports d'intérêt qui ôtent à ceux* ci la considération dont ils ont besoin , et exposent les premiers à la corruption. On objectera que c'est en considération de leurs rudes travaux que cette faveur est accordée aux fatigues. Mais déjà , indépendamment du régime ordinaire et du sa* laire , ne reçoivent-ils pas un supplément de nourriture , qui , avec la vie active qu'ils mènent en plein air, les arrache à trois des causes morbides que nous avons indiquées ; et dans le cas où ce supplément serait reconnu insuffisant , ne serait-il pas préférable d'accorder d'une manière régulière et administrative ce que l'on croit nécessaire à leur entretien, plutôt que de leur permettre de recevoir un argent dont ils font un si fatal usage?
Avant l'extirpation du jeu de loto, la possession des cartes était un privilège qui procurait aux détenus qui l'avaient un moyen de gagner beaucoup d'argent. Aujourd'hui , il y a encore une route pareille ouverte pour arriver au bien-être, ce sont les fonctions d'écrivains publics, occupées en ce moment par les D , les D , etc.
Si l'on veut des exemples de l'influence de ces
SM STATfeTIOjCI ai* M1MX9
censés sur les récidives, on en a on bien reçoit
dans V dont vont connaisses l'histoire , dans
le fameux G et tant d'autres. Il me parait entendre encore ce dernier •nconrager son complice, leraqu'il* venaient d'être condamnés; à la me de la prison, eu ils allaient passer le reste de
leurs jours, V se mit à verser 4^b larmes :
« Malheureux, lai dit G , avec on peu d'adresse
en est plus heureux là qu'au dehors. » Eu effet, pen de temps après son entrée, il était en possession d'nne première faveur ( un supplément de pain) l.
1 Ce peu de mots sent plus significatifs que 4e loags commentaires. Kot prisons a offraient pat les grands coupables, let hommes pervers ; ils s'y trouvent dans leur élément et y rencontrent la seule société au sein de laquelle ils puissent se complaire : les terreurs et les ennuis de la captivité sont réservés aux condamnés qui n'ont pas perdu toute pudeur et don* le oscar n'est pas entièrement cerroaapu. Ainsi la peine a§U en raison inverse du degré de k criminalité ; elle est moins sévère, moins pénible pour le scélérat endurci, pour le récidif , que pour le novice. L'adoption du système de réunion silencieuse suffira-t-elle pour remédier A cette inconséquence? Il est permis d'en douter. Ce système implique l'emploi de moniteurs déteaus ; c'est une cause permanente d'inégalité dans l'iuâiction du «bâtiment. Les invrigants, les hypocrites, les bon 9 détenus, comme on les appelle, jouiront de faveurs que l'on refusera A ceux qui vaudront mieux qu'eux, mais qui n'auront pas le même talentde se faire valoir. C'est ce qui est arrivé dans les prisons d'Angleterre où l'on a essayé d'introduire le système dont il s'agit (V. t. 2, a* VIII.) La parfaite uniformité de la disciplina n'est possible
sit AstaQVi xx it nmora. 835
Depuis que l'on a senti la nécessité d'essayer l'amendement des coupables , deux systèmes ont été principalement vantés : le système cellulaire, et le travail en commun avec l'isolement pendant la nuit. Par l'isolement absolu , on coupe court à tous les abus ; on dispose le détenu à réfléchir, à écouter de bons conseils et les préceptes de la religion , et si on ne l'améliore pas , au moins on l'empêche de corrompre les autres , ou de se corrompre lui-même davantage par le contact avec de plus immoraux que hii ; il y a plus , sous le rap* port physique , en certains points, l'avantage est encore pour ce système; la pédérastie est impossible , et au moyen de cellules suffisamment grandes et bien ventilées on peut donner au détenu plus d'air et un air plus pur que maintenant; mais Fexercice devient impossible , et l'abattement moral me parait devoir être tel que, malgré qu'on dise de la diminution de la mortalité dans les prisons de Philadelphie , ce système m'effraie, et que je ne conçois pas la possibilité de le mettre rigoureusement à exécution sans réforme du code pénal. Je voudrais n'y voir recourir que lorsqu'il serait bien démontré que l'autre système est inefficace; mais pour cela je désirerais en voir faire chee nous un essai conduit avec intelligence et bonne
que dans le système de séparation ; l'adoption de oe système est le meilleur et le seul moyen de couper court nui abus inséparables de l'emploi de la règle opposée. (En. D»)
886 sTiTii tistx bis riisovs
foi. La maison de force de Gand , grâce an génie de l'architecte , s'y prête admirablement , au point que quelques auteurs l'appellent système de Gand1. Les conditions indispensables de réussite sont qu'on introduise la règle du silence , qui rend inutiles les classifications toujours difficiles à établir ; que le couchage et le découchage se fassent par
1 Tout en rendant justice aux Tues élevées de l'auteur du rapport, je craint qu'il ne te méprenne tur la valeur du système dit de Gand ou d'Auburn ; nous avons vu en effet que , ti ee système n'avait pas complètement failli aux États-Unis et en Angleterre, il n'avait au moins produit qne des résultats très imparfaits (V. n** I et VIII). C'est un palliatif, rien de plus; ce n'est pas un remède radical. Qu'on l'essaie de nouveau, je le veux bien; il serait d'ailleurs difficile, sinon impossible , de faire mieux ou autrement avec nos constructions pénitentiaires actuelles. Mais qu'on fasse au moins l'essai du système de séparation ; la construction récente du quartier cellulaire dans la maison de Gand offre A cet effet toute facilité. Il suffirait de l'affecter aux condamnés dont l'âge, le crime et les antécédents n'excluraient pas tout espoir de réforme ; la durée de la peine de ces condamnés pourrait être réduite d'un quart ou même d'un tiers ; ce mode de discipline perdrait dès-lors le caractère d'une aggravation de châtiment. Quant au défaut d'exercice et A l'abattement moral que redoute le médecin de la maison de Gand , on y portera remède en autorisant les détenus à se promener é tour de rôle dans les cours ou sections de préaux annexés aux cellules, et en substituant pour eux aux rapports corrupteurs de nos prisons actuelles, les relations morales, les enseignements fréquents, les soins bienveillants et les consolations qui forment le trait dittiactif de la règle de la séparation. (Éd. O.)
B!f AMÉRIQUE IT 15 EUROPE. 337
ordre et par commandement dans un temps donné; que les heures de récréation se passent en jeux gymnastiques , ou à des exercices utiles à la santé ; et que les employés même les plus subalternes soient à l'abri de la corruption , et connaissent le but de leur mission ; car si on veut le retour à la probité , à la morale et à la vertu , que tout autour du coupable inspire probité , morale et vertu. Par ces moyens on verra disparaître les abus , et le défaut d'exercice, le mode d'alimentation et la pédérastie cesseront d'exercer leur maligne influence sur la santé.
Il y a des êtres , rares à la vérité , si pervertis , et dans l'âme desquels le vice a poussé des racines si profondes que l'aspect même de la mort ne peut les ébranler; ceux-là, aucun système ne les amendera; mais je ne suis pas convaicu que, malgré le travail en commun , la généralité des détenus ne puisse être amenée à la réflexion ; je ne vois rien qui pourrait empêcher, dans un pénitencier où la règle du silence serait établie , d'où les abus seraient extirpés , je ne dis pas d'arrêter la propagation du vice, mais de Réussir à faire naître avec les sentiments religieux l'amour du bien chez quelques détenus , d'abord choisis , et d'étendre peu à peu l'œuvre de l'amélioration à la masse. Mais ne perdons pas de vue que « la » théorie du châtiment sera incomplète tant que » la théorie du principe moral ne régira pas la soft ciété elle-même. Les prisons , les bagnes , les m. 29
338 STATISTlOd Dtl PI1S05S
» cachots , ne sont que les postules et les bubons m qui annoncent la corruption intérieure des huit meurs et du sang; extirper les manifestations « d'âne santé détruite et détériorée n'est rien , il » faut assainir les veines mêmes , sans quoi les ef- » forts seraient inutiles. »
En essayant de vous démontrer, Messieurs, que les mesures qui dissiperont ou affaibliront les causes de maladies dans l'établissement feront en même temps disparaître des abus , et imprimeront une tendance morale au régime intérieur, je ne crois pas être sorti des limites de mes attributions. J'ai pensé que je ne devais pas me contenter de soigner les malades qui m'étaient envoyés, mais qu'il fallait pénétrer jusqu'à la source où le mal prend son origine pour la détourner s'il était possible ; je n'ai fait du reste qu'obéir au conseil donné par M. Julius aux médecins des établissements pénitentiaires : « Leur but , dit-il , ne doit » pas être seulement de guérir les maladies , mais » encore de les prévenir, et de contribuer d'une » Aâiauière essentielle à la régénération des criraih nels , objet principal de l'institution, n
J. Maieska.
Note. La moyenne des âge* des 862 détenus présents in 1" janvier 1837, était de 41 ans, et 9 ans et £ était celle de leurs années d'incarcération.
La moyenne des âges des 906 détenus, présents au 1er janvier 1836, était 40 ans, et 9 ans était la moyenne du séjour en prison.
1H AMBftlQUB ET BJI BVftOtB. 339
39 ans était la moyenne des âges des 880 condamnés présents au 1er janvier 1835.
La moyenne des âges des détenus décédés en 1836 était 45 ans 2 mois; et 10 ans était celle de leurs années de détention.
La moyenne des âges des détenus morts en 1835 était 48 ans, et 1 1 ans 3 mois et £ celle de leurs années d'incarcération.
Enfin, la moyenne des âges des décédés en 1834 était 51 ans, et 9 ans 8 mois la moyenne de leurs années de séjour en prison.
Le détenu moyen a donc vieilli depuis trois ans. Je regrette de ne pas avoir commencé plus tôt les recherches relatives au détenu moyen ; je suis sûr que j'aurais trouvé une différence subite et grande après l'arrivée des prisonniers de Vilvorde. La population de la salle des vieillards et infirmes qui n'excédait jamais 12 avant cette époque, varie maintenant entre les limites de 24 et 37. Le nombre moyen des vieillards et infirmes admis dans l'hôpital, pendant 1836, a été 28 ; celui des malades a été 18 pour les hommes, 13 pour les femmes.
La moyenne des âges des détenus décédés a été en diminuant. C'est l'année 1834 surtout qui a été fatale aux vieux prisonniers; mais on se rappellera qu'à cette époque, le choléra a enlevé quatre ou cinq vieillards, qui, sans l'apparition de cette épidémie, auraient eu peut-être encore quelques années d'existence.
Vingt hommes sont décédés en 1836, ce qui donne l sur 44 ou 2,26 sur 100 de la population. La mortalité est plus grande pour les détenus en récidive ; elle est de 3,11 sur cent de ce genre de population ; elle n'est que de 1,85 pour les autres.
11 est entré en 1830, 117 condamnés, dont 37 ont été transférés ; des 80 qui sont restés, 43 sont sortis par terme fini , ou par remise de peine ; 32 existent encore et 5 sont décédés ; ainsi dans l'espace de 7 ans, sans compter l'incarcération antérieure aux débats, il est mort un détenu sur 16 entrés. J. M.
340 STATISTIQUE BU PUSOKS
10. Situation financière des priions. — Frais à* entretien des détenus et profit* des travaux.
A. états- unis '.
Dans le pénitencier d'Aubarn (New-York), la dépense moyenne et annuelle de chaque détenu , pendant une période dé 7 ans , de 1825 à 1831 , a été de 62 dol. 92 c. (333 fr. 47 c. *). Le produit annuel du travail de chaque détenu , pendant h même période , s'est élevé à 59 dol. 08 cents ( fr. 31 3- 12). Si Ton déduit ce produit du montant de la dépense, cette dernière sera réduite à fr. 20-35.
Dans le pénitencier de Wethersiield ( Connecticut), pendant une période de 3 ans , de 1829 à 1831 , la dépense moyenne de chaque détenu par an a été de 46 dol. 72 c. (247 fr. 61 c.) et le produit des travaux de 83 dol. 415 o. (fr. 442-28). C'est fr. 194-67 de bénéfice en sus de la dépense.
Pendant la même période , la dépense moyenne du détenu, dans le pénitencier de Sing-Sing (New-York) a été de 58 dol. 77 c. (311 fr. 48 c.),et le produit des travaux de 28 dol (fr. 148-40 c); ce qui réduit le montant de la dépense à fr. 163-08.
Dans le pénitencier de Baltimore ( Maryland ) ,
1 De Beaumont et de TocqaeviHe. — Crawford'ê report. — Rapport* de» inspecteurs des différents pénitenciers. — Rapports de la Société des privons de Boston , etc.
* Le dollar ?aut 0 fr. 30 c. environ.
Kl AMtlIQBB II BU IU10H. 341
pendant une période de S ans, de 1828 à 1880 , la dépense annuelle de chaque prisonnier a été de 44 dol. 46 c. (235 fr. 63 c), et le produit de son travail s'est élevé à 87 dol. 88 c. (fr. 465-60 c.). Ce produit excède , comme on voit , la dépense de fr. 229-97 c.
La situation financière des pénitenciers américains n'a pas été moins favorable pendant les dernières années qui viennent de s'écouler. On pourra en juger par le relevé suivant, extrait des rapports les plus récents sur ces établissements :
Pénitenciers. Populat.
Dépenses.
Recettes.
Excédant des recettes sr les
Doll.
dépenses.
Philadelphie (1835) 344
Aubum .... (1836) 659
Sing-Sing. . . (1836) 726
Wethersfield(l835) 204
Windsor.... (1836) 120
Baltimore . . (1835) 390
Charlestown(1835) 279
. PBAKCE1.
Dépenses des prisons départementales. — H résulte du compte-rendu des dépenses de l'exercice 1881, que:
1 V. Appendice à l'analyse des réponses des directeurs des maisons centrales de force et de correction de France , à une circulaire ministérielle du 10 mars 1 834 sur les effets du . régime de ces maisons. (1836.)
ni. 29.
342 STàTHTIQCÏ SES H1SOSS
Là population moyenne de toutes les prisons a
été , pour 1830, de 34,766
Dont, dans les maisons centrales 17,378
Reste pour les maisons départementales — 17,388
Pour connaître la dépense moyenne annuelle des détenus dans les prisons départementales, tous frais de surveillance, entretien et transféreraient de condamnés compris , il faut déduire du chiure cidessus :
Les enfants en correction paternelle qui sont aux
frais de leur familles 60
Les détenus pour dettes 719
Les correctionnels qui s'entretiennent è leurs
frais 300
Reste 16,309
La dépense du chap. U (budgets variables) est de fr. 3,915,389
En y ajoutant l'indemnité payée pour les condamnés non admis dans les maisons centrales, faute de place, ci 305,418
On a un total de 4^30,799
qui, divisé par 16,309, donne par an et par détenu fr. 258-80 c.
Le prix de la journée , dans les prisons de Pari», est de 80 centimes -^*
Dépense* des maisons centmle*. — Tons les services des maisons centrales se font par entreprise.
1!! AXltlQCB ET BR EV10F1. 343
L'entreprise est donnée par voie d'adjudication publique. Il n'y a qu'un seul entrepreneur pour chaque maison. Le prix lui est payé à raison de tant par journée de présence. En 1827, la journée de détention a coûté 51 centimes •— , frais compris. Le prix moyen de la journée a été réduit, en 1829, de près de j de centimes. 11 s'est élevé, en 1820 , à 52 centimes -^, et, en 1834 , à 56 centimes -^-.
Le tableau des dépenses ordinaires des maisons centrales, pendant 8 ans4, de 1827 à 1824, présente , pour cette dernière année , les chiffres suivants :
Frais d'administration et de garde. . . .fr. 527,198 02
Dépenses de l'entreprise générale 2,571 ,377 87
Achat d'objets mobiliers 8,805 45
Entretien des bâtiments 103,776 90
Dépenses accidentelles et imprévues . . . 52,561 64
Total des dépenses 3,263,719 98
La population des maisons centrales , pendant la même année 1824 , était de 15,768 individus , ce qui donne, pour chaque détenu, une dépense annuelle de fr. 207 environ. — Les seuls frais d'administration et de garde se sont élevés, pour chaque individu , à fr. 22-42.
Dépensée des bagne*. — La dépense totale de l'entretien des bagnes est de fr. 2,176,500 pour 7,200 condamnés j les forçats coûtent donc à l'État chaoun 200 fr. par année.
844 •T4Tun$tri dm »nt*fls
• La valeur du travail exécuté par les condamnés dans les bagnes n'a pas été évaluée jusqu'ici. — Dans les maisons centrales le bénéfice des ateliers a été,
En 1832, de fr. 1,269,965 57
Ce bénéfice est également partagé entre rentrepreneur, les détenus et le gouvernement. Chaque journée de travail a donc rapporté à ce dernier, en 1834, la faible somme de 9 centimes environ.