‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 142 sur 143 · DESCRIPTION DES PLANS · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES PLANS

N° 1. Plan d9une petite prison 7 propre h contenir 4 détenue , dans des cellule» séparées , au rez-dechaussée; ou 8 détenus si on la construit à deux étages.

L'habitation du gardien ou concierge , située â l'entrée de la prison , se compose d'un vestibule , un bureau , un parloir et une chambre à coucher ; un escalier conduit an souterrain qui contient la cuisine, la laverie (qui servira en même temps de

spéciale de chacun de ces trois modes, afin d'être à même d'en comparer les résultats. Quant an mode de ventilation , les inspecteurs anglais recommandent le procédé suivi récemment par l'architecte qui a construit la nouvelle chambre des communes, et qui a déjà été introduit avec succès dans plusieurs mines et manufactures. V. la planche 1 1 et 12 ainsi que le texte explicatif. (Éd. D.)

372 COMTIVCTIttff

chambre de bain) , le magasin aux provisions et les latrines. On peut disposer au besoin dans les combles une chambre à coucher pour une servante ou un aide. Les cellules des prisonniers sont disposées à l'arrière du logement du concierge et rangées de chaque côté d'un passage ou corridor de 14 pieds de large. Ce corridor peut servir en même temps de chapelle. Chaque cellule a 12 pieds de long sur 8 de large et 10 de haut jusqu'au sommet de la voûte. Les mors de séparation entre les cellules doivent être d'une épaisseur suffisante pour empêcher toute communication entre les détenus ; et l'intérieur de chaque cellule sera approprié et disposé conformément aux indications de la planche 11 et là.

Le bâtiment sera entouré de trois côtés par un espace de terrain de 20 pieds de large , dont la partie postérieure pourra être disposée pour servir de promenoir. Le mur de clôture qui environnera tout l'édifice sera élevé à 15 pieds au moins audessus du sol.

En disposant à l'étage un nombre de cellules égal à celui du rez-de-chaussée , on pourra loger dans la prison 8 détenus ; on communiquera dans ce cas aux cellules supérieures au moyen d'une galerie suspendue de chaque côté du corridor qui sera ouvert depuis le sol jusqu'au faite du bâtiment, de manière è l'aérer et â l'éclairer d'une manière convenable. Dans ce cas aussi , on pourra disposer trois chambres au-dessus du bâtiment â l'entrée ,

du mi*w§. 373

pour l'usage de la famille du concierge , et l'on réservera l'une des pièces du rez-de-chaussée pour ies magistrats visiteurs, le chapelain et le médecin.

N° 2. Plan d'une petite prison, propre à contenir 12 détenus dan* de* cellule* séparée*, disposée* sur deux étages.

Ce plan est établi d'après le même principe que le plan n° 1 , mais le bâtiment cellulaire s'étend à l'arrière et doit avoir deux étages avec 6 cellules à chaque étage. L'habitation du concierge , qui forme la façade de la prison, se compose d'un parloir, d'une cuisine, d'une chambre pour les magistrats , et d'un bureau avec un escalier conduisant au souterrain et à l'étage supérieur. Le souterrain contient une laverie , une chambre de bain , un magasin aux provisions , une cave , et une cellule de réception pour les détenus qui , à leur entrée, ne seraient pas dans un état à occuper les cellules ordinaires ; le premier étage se compose de trois chambres à l'usage du concierge et de sa famille; il n'occupe que le milieu de la façade et ne s'étend pas au-dessus des ailes ou sont disposées, au rez-de-chaussée , la cuisine et la chambre des magistrats.

L'arrangement intérieur des cellules , la forme du corridor et des galeries , l'étendue de l'espace intermédiaire , l'appropriation du préau et l'élevant. 32

374 coumvcno*

tion du mur de ronde , sont en tout conformes aux indications dn plan n* 1.

On pent, en prolongeant le bâtiment cellulaire, augmenter d'autant le nombre des cellules, de manière à pouvoir admettre dans la prison 16 , 30 et même 24 prisonniers ; cette augmentation de population ne nécessitera d'ailleurs aucune modification dans la disposition du bâtiment de service.

N° i. Plein d'une petite prison pour t% détenue dansdes cellules séparées, disposées à deux étages*

Dans ce plan les cellules sont rangées de Z cotés d'un observatoire central , dont l'habitation dn concierge et ses dépendances foraient le quatrième côté. L'arrangement de cette habitation est semblable à celui que nous avons indiqué pour le pian n° 2.

En conséquence de l'étendue et de la larme de la salle autour de laquelle sont rangées les cellules, celles-ci sont placées à plus grande distance les unes des autres que dans les plans ri°* 1 et 2. EHes sont également disposées à deux étages, avec use galerie suspendue qui règne tout autour de la salle centrale et qui donne accès aux cellules de l'étage supérieur. La salle centrale peut servir en même temps de chapelle. Les cellules ont la ascèse dimension et sont appropriées de la même manière que dans les deux plans précédents : il n'y a de différence que pour les deux ceVales situées

dis Fuseis. 375

aux angles de chaque étage, qui ont environ 14 pieds carrés , et qui pourront servir d'infirmeries an besoin.

Le mur d'enceinte, an peu plus haut que dans les plans précédents, s'élève à 16 pieds au-dessus du sol.

N° 4. Plan d'une petite prison , ou maison de correction , destinée à contenir 36 prisonniers dans des cellules séparées , disposées à deux étages , ou 84 prisonniers avec 3 étages de cellules.

Le principe d'après lequel est disposé ce plan est analogue au plan n° 2; c'est la disposition la plus économique , celle qui occupe le moins d'espace , et qui se prête le mieux aux divers arrangements.

Le bâtiment de la façade contient, au rei-deohaussée, le parloir du concierge , la cuisine et ses dépendances , la chambre des magistrats , le bureau et le cabinet d'aisance. Les chambres à cou* cher du concierge et de sa famille , au nombre de 3, occupent le premier étage au centre; les bâtiments latéraux , de même que dans les plans précédents , n'ont qu'un rez-de-cbaussée.

Le bâtiment cellulaire est disposé à l'arrière, et , à la longueur près , sa disposition est la même que celle du bâtiment décrit au n° 2. Le mur de clôture, situé â 20 pieds au moins en tous sens du bâtiment cellulaire, s'élève à 16 pieds au-dessus du sol*

N° 5. Plan d'une prison ou maison de correction pour 64 détenue avec deux éiaoes, ou pour 96 avec trois itaaoe de cellules,

La disposition de ce plan diffère de celle des plans qui précèdent ; elle a pour objet de multiplier le nombre des cellules , en facilitant la surveillance. Le bâtiment principal occupe à peu près le centre du terrain, qui forme un parallélogramme plus large que long. L'habitation du gouverneur ou du gardien en chef est disposée à l'entrée de la prison et se projette sur la façade , au-delà du mur de clôture, afin de séparer complètement le ménage et la famille de ce fonctionnaire d'avec le corps-de -logis occupé par les détenus. D'un coté du vestibule qui conduit de l'entrée de l'établissement an guichet ouvert dans le mur de clôture , se trouve la loge du portier , de l'autre , l'escalier qui conduit au souterrain où se trouvent la chambre de visite et la salle des bains. 11 y a également à proximité de la porte d entrée quatre cellules réservées pour les prisonniers admis pendant la nuit et qui n'ont pas encore été écroués régulièrement ; au-delà se trouvent la chambre des magistrats et le greffe ; ces deux appartements occupent le centre de l'édifice et commandent la vue sur les corridors qui coupent le bâtiment cellulaire dans toute sa largeur, et sur lesquels s'ouvrent les portes des cellules. Au fond du bâtiment central ,

tu riMOii. 377

se trouve la chapelle avec des stalles au rez-dechaussée et au premier étage , dans lesquelles les détenus peuvent assister aux exercices religieux sans se voir et sans pouvoir communiquer ensemble. Le bâtiment cellulaire a deux ou trois étages suivant les besoins; l'étage du bâtiment central vers la façade peut contenir les chambres d'infirmerie destinées aux détenus affectés de maladies contagieuses , ou dont l'état de santé exige leur déplacement des cellules ordinaires.

Les cellules sont rangées des deux côtés des corridors qui sont ouverts depuis le sol jusqu'au faite du bâtiment. La communication aux cellules de l^étage supérieur a lieu au moyen de galeries suspendues le long des côtés des corridors. La dimension des cellules est de 12 pieds sur 8 et de 10. pieds de haut ; elles sont voûtées et leur plancher est carrelé. Leur arrangement intérieur est d'ailleurs conforme aux indications des planches 1 1 , là et là.

La section du souterrain sous la partie centrale du bâtiment contient la cuisine , la buanderie , la paneterie et le magasin aux provisions ; dans celle qui est située sous l'aile de devant, se trouvent les chambres pour les visites , pour les bains, pour les fumigations , et le vestiaire.

Le bâtiment est entouré d'un espace de 40 pieds de largeur , et le tout est clos par un mur de 16 pieds d'élévation.

L'habitation du gardien en chef qui forme faiii. 32.

J78 caksTmvcTioi

çade , a également un souterrain et un premier étage, mais sans communication avec la pria» proprement dite.

N° 6. Plan (Tune prison ou maison de ccrrectm pour 100 prisonniers avec deux étages, et f**r 150 prisonniers avec trois étages de cellules.

Ce plan , tracé d'après le même principe qve celui que nous venons de décrire, en diffère cependant par l'aile qui s'étend sur les derrière* de l'édifice.

Dans le bâtiment de façade qui dépasse le mur de clôture, se trouvent deux habitations convenables , l'une pour le gouverneur, l'antre pour le chapelain de l'établissement ; elles n'ont pas de communication directe avec l'intérieur des quartiers occupés par les détenus.

Une avant-cour mène au guichet de la prison; d'un côté de cette entrée se trouve la loge du portier, de l'autre un escalier conduisant au souterrain ; au-delà il y a 4 chambres de réception; la chambre des magistrats et le greffe sont situes ven le centre et ont vue sur les corridors qui donnent accès aux cellules. Le bâtiment central est dispose pour servir d'observatoire et de station principale pour les employés ; de ce bâtiment divergent ,* égale distance les unes des autres, trois ailes divisées en cellules rangées de chaque côté de* corridors. Les cellules sont disposées sur deux étage*»

dm rusons. 879

mai» les corridors et l'observatoire sont ouverts dans toute la hauteur du bâtiment , depuis le sol jusqu'au faite , et sont éclaires au moyen de lanternes percées dans les toits. Dans chaque corridor un petit escalier conduit aux cellules du premier étage , dans lesquelles on communique au moyen de galeries suspendues qui s'étendent autour de l'observatoire et qui servent de passage pour se rendre à la chapelle.

Les cellules de l'étage supérieur sont semblables à celles du rez-de-chaussée; seulement, à l'extrémité de chaque aile, on réserve une chambre d'une grandeur double de celle des cellules , pour servir d'infirmeries au besoin.

Même dimension et même arrangement intérieur des cellules que dans les plans précédents.

L'aile de derrière peut être réservée pour les femmes détenues.

La chapelle occupe le premier étage du bâtiment de devant, et s'étend depuis l'observatoire jusqu'au mur de clôture à l'entrée de la prison ; elle est garnie de stalles disposées en amphithéâtre. À côté du vestibule d'entrée il y a un escalier particulier qui conduit à la chapelle et au cabinet réservé au chapelain. Le souterrain sous le bâtiment de devant contient une chambre de visite pour les hommes détenus , une chambre de bain avec sa chaudière , une chambre pour les fumigations avec un four, et un vestiaire. Sous le bâtiment du centre se trouvent la cuisine , la boula n-

380 COMT1BCT10H

gerie, la paneterie, le magasin aux provisions, aveo une buanderie et une lingerie attenantes et réunies au quartier des femmes sur le derrière. Dans le souterrain de ce même quartier on trouve également une chambre de visite et de bain et deux cellules de réception pour les femmes.

Les habitations du gouverneur et du chapelain sont composées d'un souterrain , d'un rez-dechaussée (distribué suivant les indications du plan) et de chambres à l'étage supérieur.

Le mur de clôture embrasse un espace de 40 pieds au-delà de l'extrémité des ailes rayonnantes, de manière à laisser une vaste cour entre chaque bâtiment.

En ajoutant un troisième étage de cellules , la prison pourrait être appropriée pour une population de 150 détenus.

N° 7. Plan d'une prison ou ma/son de correction pour 150 détenue avec deux étage* , ou pour 220 avec trois étages oie cellules.

Ce plan est assez semblable au précédent ; seulement, pour avoir plus d'espace autour du bâtiment central , les ailes rayonnantes sont disposées â une certaine distance , et mises en communication avec l'observatoire au moyen de passages de même hauteur et largeur que les corridors qui mènent aux cellules.

La disposition des habitations du gouverneur et

DBS >11S0HI. 381

du chapelain ; l'arrangement des cellules, des corridors , des galeries , de la chapelle , de l'observatoire ; la distribution des locaux destinés au service domestique , sont également les mêmes que dans le plan n° 6. Au-delà du vestibule, à l'entréede la prison , se trouvent un certain nombre de ch ambres réservées pour la surveillante en chef et les gardiens des deux sexes, pour le chirurgien , etc.

N0$ 8 et 9. Plan d'une prison, maison de correction ou pénitencier, pour 200 détenue avec deux étages , ou pour 800 détenue avec trois étagee de cellules.

La maison du gouverneur et celle du chapelain «ont à l'entrée de la prison et sont disposées de la même manière que dans les plans précédents.

D'un côté du vestibule, passé le guichet, se trouvent la loge du portier avec une chambre à coucher; de l'autre, un escalier, à l'usage des employés , conduisant à la chapelle. Au-delà du vestibule règne un large passage ayant de chaque côté un certain nombre de chambres destinées à la surveillante en chef , au chirurgien et aux surveillants des deux sexes ; à l'extrémité de ce passage se trouvent la chambre des magistrats et le greffe qui ont vue sur l'observatoire et sur les corridors des bâtiments cellulaires. L'observatoire central est une vaste pièce semi-circulaire , vers

388 cfxrrnxTio*

lequel convergent et où te réunissent tes corridors ou passages des 4 bâtiments cellulaires , occupés par les détenus. Ce» bâtiments sont disposés, d'après le plan rayonnant, à égale distance les uns •des antres , de manière à ce qae d'an même point on poisse avoir vue sur l'intérieur de chaque corridor. Les cellules des détenus sont rangées de chaque côté des corridors et y ont leur entrée.

Im bâtiments cellulaires ont deux étages de baut ; mais les corridors et l'observatoire sont ouverts dans toute la hauteur, depuis le sol josqu'au faite du bâtiment , afin de faciliter l'admission du jour, la libre circulation de l'air et l'inspection de l'intérieur des quartiers. A reitréuûté de chaque corridor un petit escalier conduit aux cellules du premier étage ; des escaliers sont également pratiqués dans l'observatoire pour établir une communication avec la galerie supérieure.

Les cellules au premier étage sont semblables a celles du rez-de-chaussée ; seulement, à l'extrémité de chaque aile , on réserve deux pièces , chacune de l'étendue de deux cellules , destinées à servir d'infirmeries pour les détenus atteints de maladies contagieuses ou d'indispositions assez graves ponr nécessiter une garde contiuue. Les portes des cellules du premier étage donnent sur une galerie en fer, fixée le long des corridors et continuée tout autour de l'observatoire , afin de mettre les détenus à même de se rendre par petites sections à la chapelle , dans laquelle on a pratiqué à cet effet buatre entrées distinctes.

BBS BB190V8.

Dans la chapelle chaque détenu a sa stalle séparée ; les stalles sont disposées en gradins élevés et disposées de telle sorte que les détenus ne puissent ni se voir ni communiquer entre eux. Le pupitre, la chaire, et les bancs des employés sont placés en face des stalles qui peuvent être ainsi surveillées sans interruption. À proximité de la chapelle il y a un cabinet pour le chapelain.

L'un des quatre bâtiments cellulaires est destiné aux femmes détenues.

Un escalier vers l'entrée descend au souterrain, qui contient les cellules de réception pour les lK>mmes prisonniers , une chambre de visite avee nn bain et sa chaudière , une chambre pour les fumigations avec un four, et un dépôt pour les habits. La partie du souterrain sous l'observatoire central contient la cuisine , arec la buanderie et la lingerie qui communiquent avec le quartier des femmes ; sous l'aile occupée par ces dernières on trouve également pour leur usage spécial une chambre de bain , un vestiaire et deux ou plusieurs cellulles de réception. Enfin , à proximité de la cuisine et dans les souterrains des ailes occupées par les hommes , sont la boulangerie , la paneterie , les magasins à provisions et les chambres des domestiques.

La dimension et l'arrangement des cellules «ont conformes aux indications des plans 11 et 12. Rangées sur deux étages, elles permettraient d'admettre dans la prison une population moyenne de

984 C0HST1CCTI0I

J00 détenus ; la construction d'un troisième étage permettrait d'y admettre 100 détenus de pins.

N° 10. Plan d'une prison , maison do correction ou pénitencier, pour 500 déténus , dans des cellules séparées, sur trois étages.

Dans ce plan le bâtiment de façade s'étend en longueur, de manière a ce que l'observatoire central occupe A peu près le milieu du terrain. Cette modification permettra de disposer dans l'avaoteorps-de-logis plusieurs cellules et chambres qui serviront de lieux de quarantaine pour les détenus entrants, de logement pour les employés, etc. II y a cinq ailes rayonnantes, tandis que dans le plan n° 9 il n'y en a que quatre ; ces ailes , rangées à égale distance les unes des autres, laisseront entre elles plus d'espace que dans le plan précédent.

Les bâtiments ont trois étages ; le rez-de-chaussée contient 172 , et le premier et le second étages 164 cellules , ce qui fait en tout 500 cellules. Sous tons les autres rapports l'arrangement général et l'appropriation intérieure des bâtiments sont semblables A ceux du n° 9.

N. B. Dans chacun des plans dont nous Tenons de donner la description , il est indispensable de laisser au-delà du mur de clôture une espace de 90 pieds au moins entièrement libre et d'y interdire toute espèce de construction.

ftis vivons. 385

Noa 1 1 et 12. Plan figuratif et description d'une cellule pour l'emprisonnement séparé.

Chaque cellule a 12 pieds de long , 8 de large et 10 pieds de haut jusqu'au sommet de la voûte. La muraille extérieure doit avoir une épaisseur de deux briques et demi ; il suffit d'une épaisseur de deux briques pour la muraille intérieure , du côté du corridor ou du passage. La séparation des cellules a lieu au moyen de deux murs épais chacun de 9 pouces, séparés l'un de l'autre par un intervalle de 6 pouces rempli de sable bien sec* Les cellules sont voûtées ; la voûte se compose de trois courbures , chacune d'une demi brique , superposées et cimentées avec soin. Le plancher des cellules est carrelé et repose sur des supports en briques. Les murs intérieurs sont rejointoyés et, lorsqu'ils sont secs, blanchis au lait de chaux.

L'encadrement des fenêtres doit être en pierres dures, jointes ensemble au moyen d'ancres en fer. Les châssis des fenêtres sont en fer battu et doivent être emboîtés dans des rainures pratiquées dans les encadrements de manière à ne pouvoir s'ouvrir. Les barreaux, également en fer battu, sont rivés dans les châssis et sont garnis de coulisses ou de cannelures pour y encadrer les vitres dont le verre doit être dépoli. Dans le seuil des portes en pierre de taille , de la largeur du mur , on pratique des mortaises pour le placement de quatre jambages m. 33

38fr COVfTIVCTMMI

de portes en bois de chêne, mesurant chacun de 5 à 6 ponces , assujettis dans le linteau , et disposés dans la largeur du mur. L'encadrement ou le bord des portes doit être garni de feutre , ou de toute autre matière analogue, afin de fermer bien hermétiquement et d'empêcher toute transmission des sons. Chaque cellule a deux portes solides en bois, disposées en saillie à l'intérieur et à l'extérieur du mur, Tune du côté du corridor, l'autre du côté de la cellule : la porte intérieure, la plus rapprochée de la cellule, doit avoir une double épaisseur, arec une forte plaque de tôle entre deux. Les portes doivent avoir de forts gonds en fer, »rec une serrure solide à triple pêne , et , de plus , à k porte intérieure, deux verroux. Dans cette dernière on pratiquera également un guichet , avec un volet en fer, au moyen duquel on puisse avoir vue dans l'intérieur de la cellule.

La plate-forme de la couchette est formée en planches de bois de chêne de trois pouces d'épaisseur; elle est engagée dans le ranr et repose sur un support en maçonnerie*

L'eau est distribuée dans chaque cellule aa moyen d'un tube à robinet qui communique avec un réservoir disposé dans les combles. Ce robinet donne sur un petit évier en pierre dure, fixé dans le mur latéral, avec un tuyau pour la décharge des eaux dans le vase du siège d'aisance. Ce vase est en fer coulé , avec un appareil à soupape , dît à l'anglaise. Le tuyau d'écoulement du siège d'ai-

dm r&isoM . 887

tance , également en fer, traverse la mur extérieur, et Ta se déverser , par un large conduit en fer , dans un égout creusé au pied du bâtiment. Le couvercle du siège doit pouvoir se fermer hermétiquement , de manière à empêcher toute émanation.

La ventilation des cellules s'opérera au moyen d'un large conduit pratiqué sous le parquet du corridor, dans toute la longueur de chaque aile du bâtiment; ce conduit recevra l'air du dehors, à l'extrémité de chaque corridor, par une ouverture recouverte d'un grillage. Au grand conduit longitudinal se rattacheront des conduits transversaux de moindre dimension qui , passant sous le parquet des cellules , feront circuler le, courant d'air dans des tuyaux ascendants disposés dans le mur extérieur, de manière à lui donner issue par le haut de chaque cellule, au moyen d'un tube garni de trous ou d'un grillage qui règne tout le long de l'arc de la voûte. L'air corrompu des cellules sera évacué au moyen de petites grilles disposées près du sol , de chaque côté de la porte , dans le mur latéral du corridor, et sera dirigé par des conduits en pente dans un autre conduit longitudinal , parallèle au conduit pour l'air froid , également pratiqué sous le parquet du corridor, et qui débouchera dans une vaste cheminée élevée au centre des bâtiments. Cette cheminée doit être constamment échauffée, soit par un fourneau particulier, soit par le fourneau de la cuisine de la

386 COIITEUCTIM BIS F&UOKf .

prison, afin de lai donner le pouvoir d'aspirer l'air eorrompn des cellules et de faciliter son évacuation par le conduit central qui doit être élevé à une hauteur considérable au-dessus des bâtiments.

N° 1&. Section d'un bâtiment cellulaire.

N" 14, 15, 16, 17 18, 19 et 30. Plane dee pénitenciere américaine leeplue récemment conetruite, eoit pour le système de réunion silencieuse, eeit pour le système de séparation.

POST-SCRIPTLM.

En visitant récemment quelques prisons de Belgique avec l'un des inspecteurs - généraux des prisons d'Angleterre, M. Whitworth Russell, nous nous sommes fréquemment entretenus de l'utilité qu'il y aurait à se concerter sur les moyens les plus propres à préparer et é accélérer la réforme pénitentiaire en Europe. Pourquoi en effet, disions-nous, les progrès de cette réforme sont-ils si lents et si incomplets ? D'où vient cette divergence de vues et de systèmes , là où l'unité serait surtout nécessaire et peut seule offrir chance et garantie de succès ? De ce que les hommes qui par goût ou par devoir s'occupent de la solution du problème pénitentiaire , ne sortent guère encore du cercle de leurs études personnelles, et se bornent le plus souvent é n'interroger qu'une opinion formée d'éléments nécessairement imparfaits. Tous sont animés du même désir de faire le bien , d'arriver à la connaissance de la vérité; mais les faits et les raisonnements sur lesquels ils s'appuient, ne leur ouvrent qu'une voie douteuse ; ces faits et ces raisonnements sont combattus par l'expérience et l'autorité d'autres hommes et d'autres pays. Telle difficulté qui arrête ici la marche de la réforme» a été levée ailleurs avec succès ; tel projet qui s'offre ici sous des couleur* séduisantes , a été , là , jugé d'une exécution impossible. Comment faire cependant pour éviter les conséquences funestes de ces divergences, pour épargner le temps et l'argent que coûtent des essais vicieux ou hasardés ? Le semède est facile : il suffirait de se voir et de s'entendre* m. 33.

de se communiquer tes doute*, ses objections, tes projet, les résultats obtenus.

Oo a institué des congrès scientifiques où les savant* des divers pays se réuaissent à des époques et dans des lieux déterminés é l'avance , pour se mettre en rapport et s'éclairer mutuellement sur le résultat de leurs études et de leurs travaux. Ce que l'on a fait depuis quelques années, é cet égard, dans l'intérêt des sciences exactes, pourquoi ne le ferait-on pas dans l'intérêt des sciences morales et politiques? Non-seulement on s'occuperait dans ces réunions de la question pénitentiaire, mais encore de tout ce qui se rapporte a l'amélioration physique, intellectuelle et morale dos attisa*. — C'est lé certes un champ vaste et un plan qui mente de fixer l'attention de tous les hommes de bien. L'exécution de ce plan serait peut-être le signal et l'origine d'une vaste association é laquelle se rallieraient tous ceux ehes lesquels resprit d'égoisrne , cette maladie de notre siècle , n'aurait pas étouffé tout germe de sympathie pour les grands intérêts de l'humanité.

Les réunions du congrès dont nous proposons l'institution pourraient avoir lieu alternativement dans l'une des giandcj villes de France, d'Angleterre, d'Allemagne, de Suisse aide Belgique, é Paris, Londres, Berlin, Genève ou Lausanne, et Bruxelles ; un comité, formé à l'avance, ferait les i tions et formulerait le programme des questions qui i soumises aux délibérations de rassemblée. Chacun i terait à cette assemblée le tribut de ses travaux , de sa» recherches , de son expérience; et après les disousnâons auxquelles suraient donné lieu les questions proposées, ks membres de la réunion retourneraient dans leurs pays respectifs, avec la mission de faire valoir et triompher les doctrines qui auraient été soumises é leur examen.

L'utilité de ce plan ne peut être méconnue lorsque Ion songe à l'hésitation et au défaut d'ensemble avec lesquels on procède encore généralement A racconxadîsseanent de Vœmvte importante de l'amélioration sociale. Bans tons les

rosT-scairrua. 3B1

pays civilisés se manifeste, il est vrai, à cet égard une tendance plus ou moins prononcée au progrès : réforme pénale 9 révision du système pénitentiaire , extension de l'éducation et de l'instruction, soulagement de l'indigence, suppression de la mendicité , institution des caisses d'épargne , création des colonies agricoles, propagation de la tempérance, émancipation et amélioration du sort des classes laborieuses, régime hygiénique , tels sont les mots inscrits sur toutes les bannières ? mais combien les éléments qui devraient aider à la solution de tous ces problèmes ne sont-ils pas encore incomplets? Que d'efforts condamnés à l'impuissance! Que de beaux et bons projets dont la réalisation se traduit en utopies ! Que d'espérances généreuses Tont échouer et se briser contre recueil de l'indifférence et de l'apathie! Et cela pourquoi? Parce que ces espérances, ces projets, ces efforts sont isolés; parce qu'il y a manque d'union entre les hommes dont le cœur saigne à la vue des misères humaines et bat à la noble pensée d'y porter, remède. Mais que ces hommes s'associent, qu'ils se donnent la main, qu'ils se parlent et se répondent en s 'encourageant mutuellement , et leur apostolat ne sera plus infructueux, et le grain qu'ils sèmeront autour d'eux, recueilli par des mains amies et bienveillantes, ne sera plus emporté par les vents.

La toute-puissance de l'esprit d'association, appliqué aux couvres d'utilité et d'humanité, est incontestable ; ce sont les associations qui, aux États-Unis, en Angleterre et en France , ont provoqué les premières réformes dans le régime des prisons 5 c'est é l'association que la Grande-Bretagne et le monde entier sont redevables de l'abolition de la traite des nègres et de l'esclavage dans la plupart des colonies ; c'est à elle que l'on doit l'extension des habitudes de tempérance dans les pays et dans les classes où l'abus des liqueurs enivrantes occasionnait le plus d'abus. En Hollande, la société peur le bien public , la société d'utilité publique en Suisse ont été le signal et le moyen d'importantes réformes dans le système d'éducation et la condition des classes laborieuses.

302 rosT-sciimm.

Voilé, certes, des précédents qui Tiennent à l'appui de notre appel. Cet appel , nous redressons non-seulement aux hommes qui, comme nous, sont revêtus de fonctions publiques, mis encore A tous ceux qui travaillent ou s'intéressent, à quelque titre que ce soit , A la solution des mêmes problèmes et à l'accomplissement de la même œuvre; nous l'adressons aussi aux gouvernements qui comprendront peut-être l'utilité qu'il y aurait à envoyer des délégués aux réunions annuelles de l'association dont il s'agit. La mission dont MM. de Beaument, de Tocqueville, Gravrford , Julius, Blouet et de Mets, ont été cbargés par les gouvernements français , anglais et prussien , les visites officielles de H. Cousin dans les écoles d'Allemagne, de Prusse, de Hollande et de Suisse ; celles de M. W. Rnssell dans les prisons de France et de Belgique, témoignent d'ailleurs assez de l'importance que plusieurs pays commencent à attacher A ces rapports, que nous voudrions rendre autant que possible permanents et voir s'organiser sur une plus vaste échelle. Voilà notre vesu ; aera-t-il compris? Nous l'espérons.

L'homme a une double mission A remplir sur cette terre : il ne lui suffit pas de travailler A son perfectionnement et A son amélioration individuelle , il doit encore coopérer , autant que possible > A l'amélioration et au perfectionnement de ses semblables ; il ne lui suffit pas d'être bon fils, bon époux, bon père, il doit encore être bon citoyen : A côté des devoirs relatifs A l'individu été la famille viennent se ranger les devoirs sociaux. La constitution de la société exclut l'isolement et l'égoïsme ; chacun de ses membres se doit A tous ; la charité, cette grande loi du christianisme, embrasse dans un seul mot l'ensemble des obligations qui résultent de notre admission et de la position que nous occupons dans la grande famille. C'est lA une vérité vulgaire peut-être ; mais combien n'y en a-t-il pas qui la méconnaissent ou l'oublient! Combien y a-t-il d'hommes qui, faisant de leur vie une double part, s'occupent des intérêts des autres hommes en même temps que de leurs propres intérêts ? Combien y

MST-tCHITO*, 393

en a-t-il qui , récapitulant le soir leurs actions et songeant aux bienfaits qu'ils ont répandus autour d'eux, puissent se dire : je n'ai pas perdu ma journée ?

L'égoïsme, nous l'avons déjà dit, est la maladie de notre siècle : qu'importe à celui qui nage au sein de l'abondance, la misère qui gémit à sa porte ! Qu'importe à celui que la fortune mets l'abri des tentations de l'indigence, que la loi frappe sans pitié le malbeureux que la pauvreté et le désespoir ont conduit au crime ! Pourvu qu'il existe des prisons, que lui importe le régime auquel on y soumet les prisonniers ! Si les prisons ne remplissent pas leur but, l'écbafand n'est-il pas toujours lé pour porter remède au mal et trancher la vie du coupable qu'on n'aura pas su corriger? Et ce fabricant qui exploite d'une manière si cruelle les bras de ses jeunes ouvriers , croyex-vous qu'il songe à leur avenir? Si ces infortunés croupissent dans l'ignorance, que lui importe , pourvu qu'ils fassent marcher ses métiers ! Et si, accablés par un travail excessif, ils meurent é la fleur ée Tâge, n'en est-il pas quitte pour les remplacer?.... Aussi n'est-ce pas à ces êtres ches qui l'égolsme a séché le cœur que nous nous adressons ; nos tentatives près d'eux seraient vaines, ou n'exciteraient que leur moquerie et leur incrédulité. Ils ont élevé leurs autels A la richesse et aux jouissances éphémères ; tout pour eux est subordonné é ces deux mots : argent et plaisir. Mais si ces hommes manquent é leur mission, il en est d'autres, et leur nombre est encore considérable, qui n'ont pas fermé l'oreille à la voix du devoir et au cri de l'humanité. C'est à ces derniers qu'il appartient de féconder le champ des réformes utiles en unissant leurs efforts et en consolidant leur union.

Souvent , en jetant nos regards autour de nous sur ce mélange d'hommes bons ou méchants, heureux ou malheureux, que l'on appelle le monde, nous nous sommes demandé d'où provenaient cet abattement profond, ce dégoût, cet ennui, cette apathie, qui flétrisseut les plus belles années de la vie de tant de personnes que la fortune a néanmoins favo-

804 sesT-saxirrirsu

risées de ses dont. Toujours ou presque toujours nous avons reconnu que le meilleur de ©es personnes était occasionné par une cause unique , l'erreur sur la source véritable du bonheur et l'absence d'un but utile A accomplir. Les unes , froissées dans leurs affections les plus chères, s'isolent au sein de la société dont elles croient avoir A se plaindre ; les autres T méconnues dans le cercle où elles avaient borné leur existence , se voilent le front et se croient vouées A traîner une existence désormais mutile. Sais qu'elles relèvent la téta et qu'elles ambrassent un horison plus vaste que celui qui s'est jusqu'ici développé A leurs yeux, et elles ne pourront manquer de comprendre que la divine providence leur a réservé des remèdes è leurs msux, des consolations à leurs chagrins dans un ordre d'idées et de faits supérieur A celui qui les a exclusivement préoccupées pendant les premières années de leur vie. Nous aussi , nous avons eu nos moments de désenchantement, nos peines du cœur , nos tortures secrètes; mais lorsque nous avons mesuré toute l'étendue de bms devoirs à l'égard de nos semblables , lorsque nous avons interrogé la nature de la mission que nous avions A remplir ici-bas, nous nous sommes sentis pénétres d'un nouvel espoir, ansmris d'un nouveau courage. En effet , quelle que soit la pince que nous occupions dans la société , qoelquluimble que sort notre position, tous nous avons le pouvoir de taire quelque bien , de répandre autour de nous quelques bienfaite ; quelles qu'aient été nos souffrances, nous trouverons toujours autour de nous des souffrances plus grandes , plus réelles encore A soulager. Doutons-nous de la gratitude des hommes? Agissons par amour pour celui qui ne nous a placés dans ce lieu d'épreuve que pour nous mettre à même de mériter une vie d'éternelle félicité.

C'est en ralliant ainsi à la sainte cause de l'humanité tous les hommes susceptibles, n'importe A quel titre , d'aider A son triomphe, que nous ne pourrons manquer de voir inoesmmment se produire et se propager les idées et les doctrines qui doivent fonder et assurer le bien-être et la moralité des

rosT-KiiFTui. 395

classes let plui nombreuse! ; c'est en unissant nos bonnes intentions , nos efforts louables , et en les dirigeant vers le même but d'utilité et de progrès , que nous vaincrons les obstacles qui pourraient encore s'opposer à notre marche et que nous commanderons le succès. Nous osons donc compter sur la prochaine réalisation du projet de réunion et d'association dont nous avons essayé de faire ressortir l'utilité et l'importance ; nous recevrons avec joie et reconnaissance les adhésions des personnes qui pourraient partager notre conviction et nos espérances; et nous offrons dès à présent le concours de notre zèle et de nos efforts à celles qui se montreraient disposées à prendre à cet égard une généreuse initiative.

Éd. D.

Page 1