AV GOMIHCIUIT DI 1836 IT J»K
Les renseignements sur les pénitenciers américains, recueillis par MM. de Beauroont et de Toe-
1 Sur les vingt-quatre Etats qui composent l'Union, il y en •▼•it, en 1836, 20 qui avaient des maisons pénitentiaires, ■avoir: Pennsylvanie, flevr-York, New-Jersey, Connecticut, Massachusetts, New-Hampshire, Venoont, Maine, Maryland, district de Colombie, Virginie, Kentucky, Tennessee, Ohio, Indiana, Géorgie, Illinois, Hhode lsland, Missouri. Les ttaU
€0 DU STATUE riKITEHTMUE
queville , ne comprennent que les années antérieures à 183$, et ceux que donne M. Crawford , et dont nous venons de présenter l'analyse, s'arrêtent au commencement de 1834. J'ai donc cm qu'il ne serait pas sans utilité et sans intérêt de compléter ces renseignements jusqu'au commence ment de 1826 et de 1827, à l'aide des rapports les plus récents adressés aux législatures des divers États de l'Union.
A. Pénitencier de Philadelphie.
Les inspecteurs du pénitencier de Philadelphie ont adressé leur septième rapport annuel au sénat et à la chambre des représentants de Philadelphie, le 30 janvier 1836.
Le nombre total des prisonniers admis dans l'établissement depuis son ouverture , le 22 octobre 1829, jusqu'au 1er janvier 1886, a été de 554. Il en est sorti à l'expiration de leur peine 158 » par suite de remise de peine 3 1
Décédés SI
De sorte que la population, au 1er janv. 1836,
était de 344
(325 hommes, 19 femmes.)
et territoires suivants n'avaient pas encore de pénitenciers, à l'époque du voyage de MM. Graw ford et Julius : Delaware, Caroline du Nord , Caroline du Sud, Alabama , Mississipi , territoires des Florides, de Michigan et d'Arkansas. (Ed. D.)
AUX tTATa-TOIf. 61
Sor les 554 détonas entrés dans rétablissement, 257 appartenaient à la Pennsylvanie, 218 aax antres États de l'Union, ♦ 55 étaient Anglais et Irlandais, 24 étaient natifs d'antres pays.
Avaient été condamnés pour
Vol simple (laroeny) M9
Vols qualifiés 208
Faux M
Fabrication et émission de fausse
monnaie 18
Incendie 7
Meurtre et assassinat ....... 83
Viol 4
Tentatives de meurtre et de viol,
coups et blessures 19
Faux témoignage, subornation . . 6
Évasions 8
Grime contre nature, bigamie ... 2
79 détenus étaient âgés de moins de 20 ans.
62 DU STftTBIB rBAITBRTUIlE
Célibataires ...» 347 Mariés. ...... 165
Veufs 41
Divorcé 1
Hommes blancs 351
» de couleur ... 181
Femmes blanches .... 8 )» de couleur ... 14
Sous le rapport de leurs habitudes , on pouvait ranger les 554 détenus de la manière suivante :
Ivrognes déclarés 25
Adonnés à la boisson 103
Buveurs occasionnellement dans l'ivresse 286
Sobres. 130
Douteux • ♦ . 10
Sous le rapport de leur instruction :
277 savaient lire et écrire, 147 savaient lire seulement, 130 ne savaient ni lire ni écrire.
Sous le rapport de leurs professions :
103 avaient été en apprentissage et étaient demeurés chez leurs maîtres jusqu'à 21 ans.
121 avaient été apprentis, mais avaient quitté leurs maîtres avant le terme fixé.
330 n'avaient jamais été en apprentissage.
AUX tTATS-Mlf. 63
888 détenus étaient emprisonnés pour la 1" fois.
In » » 9e »
Noos ayons va que pendant un espace de 7 ans il y avait en 21 décès sur an nombre de 554 détenus : c'est un décès sur 57 détenus environ , ou 2 -£ pour cent. « Si Ton considère , disnet les inspecteurs , combien est grande la proportion des détenus qui entrent dans cette prison avec des constitutions délabrées et presque entièrement détruites par la débauche et l'intempérance , on ne trouvera pas le rapport qui précède trop élevé, et on n'accusera pas l'emprisonnement solitaire d'abréger la vie des détenus. »
■ L'état de santé dés prisonniers pendant l'année 1835, dit le docteur Bâche dans son rapport spécial, a généralement été satisfaisant. Les maladies les plus fréquentes ont été la fièvre, la diarrhée, les rhumatismes et les catarrhes. C'est en juin et juillet qu'il y a eu le plus grand nombre de maladies , et en janvier et septembre qu'il y en a eu le moins.
» Les détenus qui ont été rois en liberté cette année peuvent, sous le rapport de leur santé , être rangés en quatre classes :
64 DU 9TSTÈVB piaiTOTTUIRE
1° Admis et sortis en bonne santé. ... 52
V Admis et sortis dans on état de santé également chancelant 3
3* Sortis en meilleure santé qu'a l'époque de leur entrée 15
4° Sortis dans un état de santé plus mauvais qu'à leur entrée 14
11 y a eu pendant la même année 6 décès. Sur deux détenus morts de consomption, l'un était atteint d'un catarrhe violent à son entrée en prison, et l'autre avait depuis longtemps une maladie de poitrine pour laquelle il avait déjà été traité pendant un emprisonnement antérieur. Un troisième détenu, mort du rhumatisme, venait de sortir de l'hôpital de la prison de Walnut-Street, où il avait subi un traitement de cinq mois. Il n'y a pas eu pendant toute l'année un seul cas d'aliénation mentale.
En conséquence de l'augmentation du nombre des femmes détenues en 1835 , le comité des inspecteurs a pourvu à la nomination d'une dame surveillante. Cette mesure, quoique récente, a déjà produit d'excellents résultats ; les prisonnières se montrent généralement soumises et repentantes ; et l'on a tout lieu d'espérer que le xèle et la piété de la nouvelle surveillante surmonteront les obstacles qui pourraient encore s'opposer à l'accomplissement de sa mission.
Le comité , depuis l'ouverture du pénitencier , n'a encore recommandé que cinq détenus pour
àim fcriTi-wvu. 65
étn graciés. « U a, dit* il dans «on dernier rapport, la conviction que la certitude du châtiment est le plu sur moyen de prévenir le crime, et il a pu constater , par l'expérience , que tant que le condamné entretient l'espoir d'obtenir la remise de sa peine, l'influence de l'emprisonnement solitaire est presque nulle sur lui et n'aide en rien à l'œuvre de sa réformation. »
Parmi les détenus libérés en 18S5 il y en avait un qui avait subi 6 années d'emprisonnement; Savaient été incarcérés pendant o ans, 10 pendant 4 ans, 0 pendant & ans, et les autres n'avaient subi qu'an emprisonnement de moindre durée. Tous ceux qui avaient passé & ans et plus dans le pénitencier avaient éprouvé une amélioration sensible tant dans leurs dispositions et leur caractère que sous le rapport de leur santé. Le comité persiste à croire qu'il faut au moins une épreuve de deux années pour que le régime et la discipline du pénitencier opèrent la conversion radicale du condamné, et l'expérience de la dernière année vient entièrement à l'appui de cette opinion.
Le nombre total des détenus libérés, depuis l'ori* gine de l'établissement jusqu'au 1er janvier 1826, est de 189; sur ce nombre &0 ont obtenu leur pardon et 159 ont achevé le temps de leur condamnation ; 16 sont tombés en récidive pendant les deux dernières années : c'est 1 sur 15 libérés; mais il faut observer aussi que la plupart de ces récidifs n'avaient subi qu'un emprisonnement de courte durée, i. 6.
66 DO ITSTilE rimTBHTUI&B
Le comité a reçu les rapports les plus favorables sur la conduite et la position sociale d'un grand nombre de détenus libérés; on a même constaté que la vie de plusieurs était exemplaire.
Quelques personnes avaient douté de la possibilité de diriger et de surveiller un si grand nombre de détenus constamment enfermés dans des cellules isolées ; l'expérience est venue détruire ces appréhensions. Le directeur, M. Wood, dans son rapport particulier, déclare que l'augmentation de la population du pénitencier Ta mis à même déclasser les détonus dans leurs cellules d'après la nature de leurs occupations; en confiant la direction de chaque section à un contre-maître entendu et en rendant cet employé responsable de la conduite et de l'activité des détenus de sa section, il a obtenu un ordre et une régularité jusqu'alors inaccoutumés. Un louable esprit d'émulation règne parmi les surveillants ; c'est à qui obtiendra dans sa section les résultats les plus favorables. Rien d'ailleurs n'est plus facile que de diriger les prisonniers; le système agit en quelque sorte par lui-même, et c'est là un de ses principaux avantages. Les détenus sont généralement avides d'instruction, et la plupart d'entre eux accomplissent leur tâche avec joie et activité, convaincus qu'ils sont que les plus longs jours sont ceux où ils demeurent inoccupés. Traités comme des êtres raisonnables par des gardiens bienveillants qui s'empressent de leur donner toutes les indications utiles , ils ne donnent
AUX tTATS-tm. 67
guère de sujet de plainte, et one simple rédaction de nourriture suffit ordinairement pour réprimer Je mauvais vouloir et l'insoumission.
« Il n'y a peut-être pas, dit le directeur, de situation plus favorable que l'isolement pour scruter le caractère , les dispositions et les secrets penchants du condamné ; un gardiçn intelligent découvre bientôt ses bonnes et ses mauvaises qualités, la force ou la faiblesse de son esprit, et il le traite en conséquence. On se fait généralement une très fausse idée du caractère des détenus, qui sont peur la plupart de pauvres êtres sans éducation , d'une complète ignorance, victimes de l'intempérance et de l'abandon dans lequel on les a laissés dès leurs jeunes années. Quelques-uns font preuve, il est vrai, d'une certaine astuce, mais il y en a bien peu qui soient vraiment intelligents. Un petit nombre a reçu les premiers rudiments de l'instruction scolaire ; mais on peut affirmer que la grande majorité, on pourrait presque dire la totalité, a été privée des bienfaits d'une éducation morale et religieuse. »
Le seul défaut que l'on puisse reprocher au système de discipline suivi à Philadelphie , c'est de n'avoir pas assez tenu compte de l'importance de l'instruction religieuse comme moyen de réformatiou. Dans leur rapport, les inspecteurs insistent de nouveau sur la nécessité de nommer un chapelain qui serait exclusivement attaché au pénitencier. « L'absence d'un semblable fonctionnaire frappe
68* DU 8TSTÉBS rffflTBHTUIRE
tout autant, disent-ils, les étrangers que nos propres concitoyens. M* Crawford, le commissaire distingué du gouvernement britannique, dans son excellent rapport sur les pénitenciers des Étals- Unis, remarque avec raison que l'on a totalement perdu de vue chez nous l'une des conditions essentielles du système.en négligeant de nommer un instructeur religieux résidant, qui non seulement présiderait au service divin le dimanche, mais encore visiterait les malades, instruirait les ignorants, consolerait et fortifierait ceux que le remords viendrait visiter et dont l'esprit serait prêt à succomber sous le poids d'une conscience coupable... Le comité , pénétré de l'étendue de ses devoirs tant à l'égard du pays qu'à l'égard des infortunés confiés à ses soins , se croit obligé d'appeler de nouveau l'attention de la législature sur cet objet et d'exprimer sa conviction que sans l'aide de l'instruction religieuse les résultats de l'emprisonnement soli* taire doivent nécessairement demeurer incomplets. La loi pourvoit au soulagement du corps lorsqu'il lutte contre le mal physique : il est temps aussi qu'elle avise aux moyens de guérir les âmes que torture le mal moral. »
Les inspecteurs ont également fait tous leurs efforts pour occuper les détenus de la manière la plus profitable ; mais , par suite de circonstances indépendantes de leur volonté, ils n'ont encore pu, en 1835, réussir a couvrir les dépenses au moyen du produit des travaux.— Les dépenses de l'établis-
âOl ÉTATS-ntS. 68
t pendant cette dernière année, abstraction faite de* salaires, se sent élevées à 17,510 dol. 31 cens; tandis que la recette provenant des travaux des prisonniers n'a été que de 11,520 dol. SI cens : il en résulte un déficit de dol. 4,998 91. Le manque de capital a rois l'administration du pénitencier dans l'impossibilité d'imprimer à la fabrique tonte l'activité dont elle était susceptible, et elle a été obligée d'avoir recours à des entrepreneurs particuliers pour occuper les bras des détenus. Ces entrepreneurs n'ont pas toujours fourni leurs matériaux d'une manière régulière; de sorte que les prisonniers sont demeurés parfois sans ouvrage. Dana tout autre établissement du même genre, où les détenus sont employés d'une manière profitable, l'État fournit un capital suffisant pour le soutien et l'alimentation de la manufacture ; les inspecteurs du pénitencier de Philadelphie réclament également de la législature un fonds spécial pour les travaux : c'est le seul moyen, disent-ils, de procurer aux prisonniers une occupation régulière et continue , et de porter les bénéfices au niveau des dépenses. Les travaux d'ailleurs n'ont pas varié depuis le compte-rendu de M. Grawford. Sur les M4 condamnés qui se trouvaient dan» l'établissement au 1" janvier 1880 , 117 exerçaient le métier de tisserand, 149 celui de cordonnier, 16 épluchaient delà laine, 16 étaient employés à la couture, 2 au blanchissage et 1 aux travaux du ménage. Il y avait en outre 8 charpen-
70 DO SYSTÈME PÉHITMT1A11E
tiers, h forgerons, 1 tonnelier, 1 étainier, 1 limeur, 1 tourneur et 1 pharmacien.
Le comité termine son rapport en ces termes : « L'opinion que nous avons exprimée jusqu'ici que l'isolement, ou plutôt la séparation , combiné avec le travail, n'a de fâcheuse influence ni sur le physique ni sur le moral des prisonniers, est pleinement confirmée par l'expérience d'une année de plus ; nous sommes en outre convaincus que ce mode de discipline, combiné avec un traitement doux et bienveillant , accompagné d'un bon système d'éducation morale et religieuse, devient un puissant instrument non seulement pour prévenir les offenses par la crainte du châtiment, mais encore pour effectuer l'œuvre de la réformation du coupable et le rendre à la société. »
B. Pénitenciers à" A uburn, Sing-Sing, JVethersfield7 Baltimore , New - Hampshire , TVindsor (Vermont) , Charlestown (Massachusetts), Washington, Tennessee, Colomhus (Ohio)y Jofferson city (Missouri) , Maine, Providence (Rhode Island) , Haut-Canada.
Le dernier rapport des inspecteurs du pénitencier d'Âuburn a été adressé à la législature de l'État de New-York, le 13 janvier 1837.
Il résulte de ce rapport que le total des recettes , pendant l'année fiscale , finissant le 30 sep-
itrx tTiTS-u»i». 71
tembre 1848, a été de ... . Dol. 62,843 42
Et celai des dépense» de 51,446 90
Ce qui offre au proût de la maisou
une balance de 2,297 52 *
1 On voit figurer an chiffre de la recette une tomme asaez élevée, produit du droit d'entrée que paient les visiteurs et les curieux admis dans l'établissement* Cet usage est en vigueur dans la plupart des pénitenciers des États-Unis, et on y regarde l'admission des étrangers, non-seulement comme un moyen de contrôle, mais encore comme un moyen de profit. La fréquence des visites dans les prisons nous parait un véritable abus. Sa conséquence la plus immédiate est de distraire les détenus et de détourner l'attention qu'ils doivent donner à leurs travaux. La visite des personnes du sexe, dans les quartiers occupés par les hommes, donne lieu A des inconvénients bien plus graves encore et sur lesquels il est inutile d'insister. La seule maison d'Auburn a été visitée, en 1830, par plus de 6,000 personnes : il en est résulté une sorte d'exposition continue pour les malheureux condamnés, livrés ainsi en spectacle à la foule des curieux. Est-ce bien 1A le moyen de réformer leurs habitudes, de les moraliser, et de préparer l'œuvre importante de leur réhabilitation ?1I est permis d'en douter. Il importe de n'accorder le droit ou la faculté de visiter les prisons qu'aux personnes dont les visites ont un but d'utilité et non de simple curiosité ; en attirant dans les établissements pénitentiaires les hommes bienfaisants et éclairés, et en écartant les oisifs et les indifférents, on obtiendra un double résultat également désirable et un moyen de contrôle réellement efficace ; c'est ce qui a lieu dans le pénitencier de Philadelphie , et c'est encore 1A un des avantages du système de l'emprisonnement solitaire. En Belgique aussi on 'a réduit le nombre des visites dans les prisons, et les femmes ne peuvent plus, dans aucun cas, parcourir les quartiers occupés par les hommes condamnés.
(Êo. D.)
72 DIT STfTftME PiXlTEKTUI&K
La population, aa 1er janvier 1826, s'élevait a 659 détenus. Pendant Tannée on en a reçu 183 (159 hommes blancs, 17 id. de coulenr, 4 femmes blanches, 3 id. de couleur) , et il en est sorti 190 (par expiration de peine, hommes 1 1 9, femmes 7 ; par suite de pardon, 37 hommes et 8 femmes ; par décès 18, et par évasion 1). De sorte qu'il restait, au 1er janvier 1837, 652 prisonniers (637 hommes, 15 femmes). Sur ce nombre, 504 sont occupés pour compte d'entrepreneurs particuliers, et 148 pour compte de l'État.
D'après le rapport du médecin, la moyenne journalière du nombre des malades a été d'un peu plus de 20. Il y a eu 18 décès : c'est environ un décès sur 36 détenus.
Depuis l'ouverture de la prison, il y a 20 ans , jusqu'au 1er janvier 1837 , 3,000 individus y ont été successivement envoyés par suite de condamnations pour les crimes suivants :
Vol simple 1,568
Vols qualifiés, effraction , recèle-
ment, etc 309
Escroquerie 37
Malversation 8
Faux 303
Fabrication, émission de fausse
monnaie 253
Incendie 42
Assassinat, meurtre, empoisonne* ment 68
AUX ÉTATS -UFTIf. 7S
Tentative de meurtre, de viol, coups
et blessures 166
Viol 41
Parjure 95
Bris de prison et complicité d'évasion 65
Bigamie 34
Félonie 8
Inceste 7
Sodomie. « 5
Misdemeanor 4
Vol d'enfans 2
Sur ce nombre il y avait 101 femmes, 270 personnes de couleur, 26 Indiens : 152 ont été condamnés pour la deuxième fois, 14 pour la troisième, et l pour la quatrième.
1,405 détenus appartenaient à l'État de New- York, 1,022 aux autres états de l'Union, et 575 étaient étrangers*
371 étaient âgés de moins de 20 ans.
1,396 » de 20 à 30 ans.
720 » de 30 à 40 »
324 » de 40 à 50 »
139 » de 50 à 60 »
37 » de 60 à 70 »
13 » de 70 à 80 »
Sur les 2,348 libérés, avant le 1er janvier 1837, il y a eu :
74 DU STSTftVV pimTBHTUlRE
Par suite de l'expiration de leur peine 1,120 » de pardon 866
Morts 165
Envoyés au pénitencier de Mount-
Pleasant. 100
Envoyés travailler au canal d'Erie . . 65
Évadés 25
Envoyés à la maison de refuge .... 6
» n d'aliénés .... 1
La construction de la prison spéciale pour les femmes, autorisée parla législature en 1825, n'était pas encore commencée. On a disposé, en attendant, quelques cellules pour les condamnées dans le quartier des hommes.
La direction et la discipline du pénitencier n'ont d'ailleurs subi aucune modification. Le service religieux et l'école du dimanche ont été continués comme auparavant.
2. Le dernier rapport du comité des inspecteurs du pénitencier de Sing-Sing (Mount Pleasant) a été présenté à la législature de l'État de New- York, le 5 janvier 1837.
Le montant des recettes effectuées pendant Tannée financière finissant au 30 septembre 1826, s'est élevé à doll. 63,018 31
Le montant des dépenses et frais d'entretien pendant la même période a été de 55,345 90
Ce qui ofire en faveur de l'établissement une balance de* . 7,67ft 41
AUX ÉTATS- mis. 75
Le 30 septembre 1825 la population de la maison était de 796 détenus ; il en est entré pendant Tannée, jusqu'au 20 septembre 1826, 182. II en est sorti , pendant la même période , par suite d'expiration de la peine SIS, de pardon 27, d'ordre de h cour suprême 1, et de décès 11 : en tout 252. De sorte qu'il ne restait plus à la fin de l'année que 726 prisonniers. C'est 70 de moins que l'année précédente. Les occupations n'ont pas Tarie : au 20 septembre 1826, il y avait 56 serruriers,
27 tailleurs de pierre ,
51 constructeurs de chaises , 22 polisseurs de marbre , 99 cloutiers,
41 selliers et bourreliers,
28 chapeliers, 127 tonneliers,
52 cordonniers,
24 ouvriers occupés à la carrière ,
22 constructeurs d'outils,
24 maçons et manœuvres.
Les autres détenus étaient employés aux travaux auxiliaires, au service domestique, etc.
Le pénitencier de Sing-Sing avait été originalrement destiné à une population de 1,000 détenus, et les inspecteurs, dans leur rapport de 1821, avaient estimé que cette population aorait pu s'élever jusqu'à 1,200 prisonniers. Ces prévisions ne se sont pas accomplies : le nombre des détenus,
76 DU STSTÈMI PÉRIT1RTUI1I.
loin d'augmenter, a diminué successivement dans une forte proportion ; de 980 qu'il était en 1831 il est, comme nous venons de le voir, descendu à 726, et près de 500 cellules sont inoccupées.
On achève, dans ce moment, dans le pénitencier de Sing-Sing, la construction d'un quartier spécial pour les femmes, qui contiendra 72 cellules. En attendant , ces dernières , au nombre de 32 , sont enfermées dans la prison de Bellevue qui ne répond nullement à sa destination et qui doit être supprimée lors du prochain transfert des condamnées dans le nouvel établissement qu'on leur destine. Les frais de construction de cet établissement doivent être imputés sur les bénéfices résultant du travail des hommes détenus.
L'état sanitaire est très satisfaisant. Nous avons déjà vu que le nombre des morts, en 1836, n'avait été que de 11; il avait été de 31, en 1825, sur une population moyenne de 819 détenus. La moyenne journalière du nombre des malades n'a pas dépassé 32.
Le personnel de rétablissement se compose d'un agent, d'un commis, d'un directeur, de 21 surveillants et d'une garde de 25 hommes, y compris un sergent ; ce personnel ne paraîtra pas trop nombreux, si Ton songe que les locaux où travaillent les détenus ne sont pas entourés de murs et que plusieurs sont employés dans les carrières à une assez grande distance de ht prison.
Le service divin se célèbre, le dimanche matin ,
âPt ÉTAT8-UH18. 77
dans h chapelle, et l'on récite les prières du soir dans l'espace qui sert d'enceinte aux cellules. Mais le chapelain déclare lui-même qu'il est imposable de se faire également comprendre, à une aussi grande distance, de tous les détenus. Le chapelain visite fréquemment les malades à l'infirmerie; mais il ne peut se dissimuler qu'il lui est matériellement impossible de visiter de même , à toorde rôle, dans un temps limité, les détenus dans leurs cellules , comme il en aurait le désir et en sent le besoin. On a fait, à diverses reprises, des distributions de livres pieux aux détenus; mais il faut regretter d'un autre côté que l'ancienne école dominicale ait été supprimée et n'ait pas été rétablie. Le chapelain signale également dans son rapport l'absence d'institutions en laveur des condamnés libérés ; il s'ensuit que les efforts faits pendaut la captivité, pour amender les détenus, sont le plus souvent neutralisés par l'abandon dans lequel on les laisse à leur sortie de prison.
3° La prison d'État de WethersGeld ( Connectant) contenait, en 1835, une population moyenne de 204 détenus. Il y a eu 8 décès , et un détenu a été en outre tué par un de ses compagnons de captivité. C'est une mortalité de 4 pour cent environ ou 1 sur 25; tandis que le rapport des décès, pendant la période des 7 années antérieures, n'avait été que de 1 - pour cent ou 1 sur 76. Les bénéfices résultant du travail des détenus se
sont élevés à 6,005 dol. La moyenne annuelle des
78 DU SYSTEME PÉNlTtNTIAlRE
8 années précédentes n'avait pas excédé 4,657 dol. a. II résulte des tables dressées par le chapelain de rétablissement que les individus âgés de 15 à 50 ans sont pins enclins au crime que ceux qui ont dépassé cet âge, et que les propensions criminelles diminuent généralement à mesure que Ton s'éloigne de la période de 20 à 30 ans. Sur un nombre de 201 détenus qui subissaient leur peine dans le pénitencier, à la fin de 1855,
15 avaient été condamnés à l'âge de 15 à 20 ans. 86 » » 20 à 50
après les tables anglaises de population , voici
quel
aurait dû être le rapport des condamnés aux
âges
dans chaque période décennale de 1 0 à 80 ans :
52 de 10 à 15
» 80 et au-dessus.
kVX ÉTATS-U1I». 79
En France et en Belgique on a également constate que le nombre des condamnés de 16 à 30 ans formait la moitié do nombre total des condamnés*
6. Les crimes contre nature et ceux qui décèlent le plus de perversité sent commis le plus sou* vent à on âge assez avancé, après que le coupable a en le tempa d'endurcir son cœur et de faire taire la voix de sa eonscience. Il se trouvait, en 1835, dans le pénitencier de Wetbersfield ,
Un homme coud, pour avoir tué sa femme, âgé de 46 ans.
One femme »
> ion mari,
Un père •
pour inceste avec sa fille,
Une mère •
• avec son fils,
Un père »
pour avoir tné son fils.
Un homme •
pour crime de bestialité,
Il n'y avait qu'un seul détenu moins âgé (27 ans) condamné pour parricide. Tous, excepté la femme condamnée pour avoir tué son mari , n'étaient eu prison que depuia peu de temps.
c. Ceux qui font le mal craignent le grand jour. Sur 66 détenus écrouép en 1835, 50 avaient commis les crimes pour lesquels ils avaient été condamnés, après le coucher du soleil.
d. Sur les 66 entrants il parait que 54 avaient été poussés au crime par la cupidité, 8 par la luxure et 4 par la vengeance. Leurs châtiments réunis s'élevaient â 234 années d'emprisonnement : c'est une moyenne de 8 -^ par condamné ; il y avait de plus deux condamnés â vie. On a constaté que les bénéfices résultant de la commission des cri-
60 DU SYSTÈME PftfllTKHTIAllB
mes équivalaient à peine à un dollar pour chaque année de prison infligée aux coupables. Si tout homme qui médite une offense était bien pénétré de celte vérité , il est probable qu'il hésiterait à risquer sa liberté pour un aussi faible avantage* e. Dans les comtés où il y a des villes et qui sont accessibles par eau, les crimes sont plus fréquents que dans les comtés agricoles et éloignés de la mer. Voici quel a été, en 1855, le nombre des condamnés écroués appartenant a chacun des 8 comtés de l'État :