Le nombre des détenu*, dans le pénitencier
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de Washington, à la fin de 1835, était de 64; c'était 13 de plus que Tannée précédente. Sur ce nombre il y avait 30 hommes de couleur et seulement une femme.
Il n'y a pas eu de décès pendant Tannée. Le rapport du directeur porte le nombre des récidifs à 10 sur 35. D'après le rapport du chapelain il y avait dans rétablissement 7 détenus qui donnaient des signes non équivoques de repentir et d'amendement.
L'excédant des dépenses sur les recettes était de 9,555 dol. 91.
9. Il résulte du rapport du directeur du nouveau pénitencier du Tennessee, pour les deux années finissant en septembre 1835, que le nombre des détenus, au commencement de cette période, était de 67, et a la fin de 92 : c'est une augmentation de 25 en deux ans.
Sur 95 entrées il n'y a pas eu de femmes et il n'y a eu que 3 hommes de couleur.
U n'y a pas eu de décès dans l'établissement jusqu'en juillet 1833 où le choléra s'y introduisit ; ce fléau y fit de nouveau invasion en juillet 1835 : 28 détenus succombèrent. Il y a eu depuis cette époque deux autres décès.
Il n'est pas fait mention dans le rapport du nombre des récidives ni des résultats de l'instruction morale et religieuse.
L'excédant des recettes sur les dépenses, depuis l'ouverture du pénitencier jusqu'au 30 septembre 1835, est estimé par Je directeur à dol. 9,214 49.
10. Le nombre des détenus dans le pénitencier fie Colurobus (Ohio), en décembre 1835, était de 276, parmi lesquels se trouvaient une femme et 22 hommes de couleur.
II 7 a eu six décès sur une population moyenne de 231 détenus : c'est 1 sur 38 7.
Ce pénitencier est établi depuis peu. On a employé les détenus eux-mêmes à sa construction. 350 cellules dans l'aile orientale étaient terminées et en partie occupées à l'époque du dernier rapport. On faisait des préparatifs pour la construction de l'aile occidentale. Les bâtiments, appropriés pour une population de 700 hommes et de 25 femmes, coûteront environ 100,000 dol., indépendamment de la valeur du travail des prisonniers. On a adopté le plan d'Auburn avec des simplifications.
11. On prépare également le plan d'un nouveau pénitencier pour l'état du Maine, d'après le même plan d'Auburn.
12. Le nouveau pénitencier du Missouri a été décrété par la législature dans l'hiver de 1832 à 1833. Il est situé à Jéfferson city, à 250 pas environ de la rivière du Missouri. Il est construit en briques, d'après le plan rayonnant, sur deux étages ; les cellules ont 12 pieds sur 6 à 7. Il est approprié pour le travail solitaire et est entouré d'une muraille de 236 sur 266 pieds , et de 22 pieds de haut. Les cellules et l'habitation du directeur ont coûté 25,000 dol. Ce pénitencier a été ouvert en mars 1836.
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1&. La nouvelle prison d'État de Providence, dans le Rhode Island , est en coars de construction. On a adopté le plan de M. Haviland pour l'emprisonnement de jour et de nuit.
14. Le nouveau pénitencier dans le Haut-Canada a été ouvert dans le courant de Tannée 18&5. Le nombre des détenus, à la fin de cette même année, était de 62, parmi lesquels se trouvaient trois hommes de couleur et trois femmes. — 11 n'est fait mention d'aucun décès dans le rapport du comité d'inspection. — On n'a pas encore jusqu'ici nommé de chapelain, et en son absence c'est le directeur qui récite les prières, que les détenus écoutent de leurs cellules. Le comité demande avec instance la prompte nomination d'un chapelain spécialement et exclusivement attaché à l'établissement.
Le llme rapport de la société des prisons de Boston, d'où nous avons extrait la plupart des indications qui précèdent, ne donne aucun renseignement sur les pénitenciers de Pittsburg (Pennsylvanie) , de Trenton (New-Jersey) et de Montréal dans le Bas-Canada, où l'on a également adopté , comme à Philadelphie, à Jefferson city et à Providence, le système de l'isolement de jour et de nuit. Peut-être faut-il attribuer cette omission à l'appui exclusif que prête cette société au système d'Auburn et à l'opposition qu'elle persiste à faire contre l'introduction du système de Philadelphie qui, malgré cela, comme nous le verrons dans la lettre du docteur Julius (N° III), commence à l'emporter sur le système rival.
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li résulte des renseignements que non» venons de résumer que l'état financier et physique des pénitenciers américains continue généralement à être satisfaisant. L'instruction morale et religieuse tend également à s'améliorer. — 11 y a une école dominicale dans la prison d'État du Vermont qui compte environ 60 élèves» — Dans la prison d'État de Charlestown il y a une école du dimanche où assiste environ la moitié de la population détenue. L'instruction est donnée par des personnes du de* hors, au nombre de 20 à 50, qui se succèdent. — * Dans le pénitencier de Sing-Sing il y a également une école du dimanche, mais elle ne suffit pas aux besoins. — L'école dominicale de la maison d'An» hurn contient environ $00 détenus : 40 élèves du séminaire théologique se succèdent à tour de rôle pour leur donner l'instruction. On estime que sur 1,000 détenus qui ont assisté aux leçons depuis 10 ans, il y en avait environ 400 qui ne savaient pas hre à l'époque de leur admission. — Le chapelain du pénitencier du district de Colombie fait l'éloge de l'école dominicale de cet établissement ; il n'y a guère que 3 ou S individus emprisonnés depuis un an qui ne sachent pas lire. Ce sont les détenus eux-mêmes qui secondent le chapelain pour Tin* struction. — Cependant il y a bien loin encore de ces efforts isolés à un système uniforme et complet d'éducation pénitentiaire. On fait encore généra* lement passer l'exploitation matérielle des bras du détenu avant l'œuvre tout autrement importante
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de sa reforme morale. Le système de l'emprisonnement solitaire de jour et de nuit est destiné à opérer , sous ce rapport , une révplution dont les conséquences ne peuvent manquer d'être favorables. Il se base moins , en effet , sur l'importance des bénéfices pécuniaires que sur celle des résultats moraux. Soumis à son action, le condamné gagnera peut-être moins d'argent pour l'État, mais par contre, la peine agissant sur lui avec plus de force et d'intensité , pourra être abrégée ; les récidives deviendront plus rares , et le nombre des détenus diminuera en proportion. Mais pour atteindre ce but il faut aussi que l'éducation pénitentiaire reçoive une part plus large dans la discipline de l'isolement : il importe que chaque pénitencier ait au moins son chapelain et son instituteur; et si ces deux fonctionnaires ne peuvent suffire à l'accomplissement des devoirs qui leur sont imposés , il faut augmenter leur nombre, leur donner des suppléants, et ne rien négliger enfin pour assurer au châtiment son efficacité réformatrice.
La condition des femmes dans les prisons des États-Unis, qui, pendant long-temps, avait échappé, pour ainsi dire, à l'attention et à la sollicitude des réformateurs , commence aussi , depuis peu , a s'améliorer. Nous avons vu qu'on construisait des quartiers spéciaux dans plusieurs pénitenciers, où les femmes condamnées participeront aux bienfaits du système cellulaire. La première prison des Etats- Unis, où Ton ait remplacé les gardiens par une sur-
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refilante, est celle de Baltimore : cette surveillante était M-** Rachel Perijo, qui exerce encore aujourd'hui ses fonctions avec le même zèle et le même succès. L'exemple de Baltimore a été imité dans la maison de correction de Boston où il y a environ 00 femmes, dans la prison d'État du Connectent (17 dét.), dans le quartier des femmes de la prison d'Auboro (27), dans le pénitencier de Philadelphie (18). — Il n'y avait en 1835 que 3 femmes dans le pénitencier du Haut-Canada, 2 dans la prison du Verroont, une ou deux dans la prison du Maine, une seule dans le pénitencier de Washington ; il n'y en avait pas dans les prisons du New-Hampshire, de Tennessee , d'Ohio , et depuis 1826 il n'y en a pas eu dans la prison de Charlestown. 11 serait, comme on voit, tout au moins inutile de nommer des surveillantes dans ces établissements; il en existe partout ailleurs où il y a plus de S condamnées, excepté dans l'ancienne prison de Bellevue à New- York, dont les détenues ne tarderont pas, sans doute y à être transférées dans le quartier qu'on leur prépare dans le pénitencier de Sing-Sing.
La réforme pénitentiaire aux États-Unis ne s'est d'abord étendue qu'aux prisons pour peines ; les abus qu'on y détruisait, se perpétuaient dans les maisons d'arrêt et de justice. Les condamnés jouissaient des bienfaits d'un régime et d'une discipline auxquels on ne songeait pas à faire participer les prévenus et les accusés ; c'est une inconséquence que MM. De Beaumont, De Tocqueville et Crawi. 8.
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ford n'ont pas manqué de signaler. Cependant, depuis quelque temps il s'est manifesté sous ce rapport un progrès remarquable; on a compris enfin que les réformes introduites dans les pénitenciers, que les efforts faits pour effectuer l'amendement des coupables, demeureraient le plus souvent stériles, si on ne les étendait aux détenus attendant leur jugement. Le dernier rapport de la société de Boston signale de notables améliorations dans le régime de plusieurs prisons secondaires.
La nouvelle maison de correction de Boston est on établissement remarquable. Le nombre d'admis* sions, depuis son ouverture, a été de 542 en 1834.
11 y a eu, comme on voit, une légère augmentation , mais l'accroissement de la population a été proportionnellement beaucoup plus considérable ; on peut en conclure que le nombre des offenses , loin d'augmenter, tend au contraire a diminuer.
Le nombre des récidives a également été en décroissant. 11 était en 1834 de 284.
Ce qui fait une diminution d'un quart environ en 3 aus.
Le nombre des décès a été ,
en 1834, de 2 sur 160 détenus.
sd by VjG40Q
AUX ÉTATi-fJïni. 91
Ce qui donne un rapport de 1 J sur 100 on 1 décès sur 80 détenus annuellement.
Les détenus américains diminuent, tandis que tes détenus étrangers augmentent. Il est entré, en 1834, étrangers 213 américains 329
1835, étrangers 249 américains 303
1836, étrangers 261 américains 298
Quant aux causes des incarcérations, le surin-* tendant attribue à l'intempérance les sept huitième» des offenses commises.
La vieille prison de Lvêrelt Street est vicieuse à tous égards ; ce que l'on pourrait faire de mieux , ce serait de l'abattre et d'en construire une nouvelle.
Les maisons de correction de Denhom , New- Bedford , Wbrcester et Greenfield sont construites sur le plan d'Auburn et offrent les moyens de séparer les détenus et de les soumettre à une discipline convenable. La vieille prison de Worcester a été abattue, et les détenus qui *'y trouvaient ont été transférés dans la maison de correction.
On construit dans ce moment une nouvelle prison de comté à Hartford (Connecticut), d'après Je plan d'Auburn, modifié et amélioré. Cette prison pourrait servir de modèle aux autres prisons du Connecticut qui sont généralement dans un très, mauvais état.
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La maison de détention de la cité de New-York , sur le plan d'emprisonnement solitaire de Philadelphie , est en cours de construction , et les travaux poussés avec vigueur ne tarderont pas à être terminés.
La prison du comté d'AIbany a été améliorée par l'addition d'un quartier d'après le plan d'Auburn qui permettra de séparer les détenus.
La nouvelle prison de Comté à Philadelphie est occupée , et le terrain sur lequel était située l'ancienne prison de TValnut Street a été vendu et approprié à une autre destination.
Les prisons de Comté de Washington, Cincinnati et la Nouvelle Orléans sont toujours dans un état déplorable.
On sait que le gouvernement français a envoyé, il y a quelques mois, aux Etats-Unis, M. Blouet, architecte distingué, et M. De Metz, conseiller à la cour royale , pour y étudier le système et le mode de construction des meilleurs établissements pénitentiaires de l'Union. Accompagnés de MM. G. Devaux et J. Verel , MM. Blouet et De Metz ont examiné avec une attention scrupuleuse les établissements dont il s'agit , et ils se sont particulièrement attachés à comparer les avantages et l'efficacité des deux systèmes rivaux , celui d'Auburn et celui de Philadelphie. Après avoir accompli leur mission, ces messieurs sont revenus en
1DI BTATS-UBIS. 93
France , il y a quelques semaines, en passant par rAngleterre.
Pendant leur court séjour dans ce dernier pays, ils se sont mis en rapport avec MM. les inspecteurs généraux W. Crawfordet Whitworth Russell qui, dans le rapport qu'ils viennent d'adresser au secrétaire d'État de l'intérieur ', s'expriment en ces termes sur le résultat des études des commissaires français :
« A la suite des conférences que nous avons eues avec ces messieurs, nous avons en la satisfaction de nous convaincre *que les renseignements qu'ils avaient recueillis, et les conclusions qu'ils en avaient tirées, étaient entièrement conformes aux voes que nous arons exprimées nous-mêmes sur les avantages incontestables du système de séparation 3. f
» Le rapport officiel des commissaires français ne tardera pas sans doute à être publié ; mais, en attendant, nous ne pouvons nous empêcher de faire connaître quelques faits qu'ils ont bien voulu bous communiquer.
» On sait que la plus grande sévérité présidait naguère à la discipline des pénitenciers d'Auburn et de Sing-Sing, dans l'État de New- York. Mais il parait que depuis peu cette discipline est consi-
1 Second report of Inspectera of prisons, prosentedto both kounes of parliament by command ofhis majesty. 1837. aVoyexn* VUI,ch.2.
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dérableraent relâchée. Cette circonstance doit en grande partie être attribuée à l'impossibilité de maintenir le système de réunion silencieuse, même a l'aide de châtiments dont l'excessive rigueur devait seule suffire pour neutraliser l'action pénitentiaire. Les surintendants de ces établissements ont eux-mêmes reconnu qu'ils ne pouvaient continuer à poursuivre l'exécution d'une règle qui exigeait chaque fois des mesures plus acerbes et des châtiments plus fréquents.
n II parait par contre que , dans le pénitencier de Wethersfield où la discipline était comparativement beaucoup plus douce, on a dû recourir à l'emploi des moyens les plus rigoureux pour pré-' server jusqu'à un certain point l'efficacité du châtiment. Ce double fait témoigne également contre le système de réunion silencieuse. En effet, l'exemple de Wethersfield prouve que ce système reste impuissant, s'il n'a pas pour auxiliaire la rigueur des châtiments; tandis qu'il résulte des exemples d'Auburn et de Sing-Sing que cette rigueur même devient insuffisante dans un grand nombre de cas, et que la discipline échoue contre l'arrêt de l'opinion publique qui ne saurait admettre l'aggravation d'un code de punition où le fouet figure déjà comme principal instrument.
» Les commissaires français nous ont aussi appris que le système de séparation continuait à offrir les résultats les plus satisfaisants ; l'expérience de chaque année prouve de plus en plus la facilité
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qa'ïl y a à simplifier ses arrangements, et ajoute à la conviction de son efficacité. MM. De Metz et Bloùet n'hésitent pas à l'approuver sous tous les rapports ; ils sont convaincus qu'il n'exerce aucune fâcheuse influence sur l'esprit ni sur la santé des prisonniers. Ils se sont entretenus avec plusieurs de ces derniers qui n'avaient pas quitté leurs cellules depuis plus de quatre ans, et aucun d'eux ne leur a semblé avoir souffert de cette longue séclusion.
» Ces messieurs, retournent en France avec la ferme persuasion que le système de réunion silencieuse est non-seulement inefficace, mais encore impraticable, et que les seuls moyens,1 à l'aide desquels il puisse être maintenu , sont d'une sévérité que rien ne peut justifier, ils se prononcent au contraire sans réserve en faveur du système de séparation, qui seul leur parait susceptible d'être adopté sans réserve et de servir de base à la réforme pénitentiaire projetée. »