EN 8 PI 881. O
. Il n'existait dans le pays de Vaiid >n centrale de détention , mais seuletons communales où les condamnés maux inférieurs , dans les limites de nce , étaient renfermés.
le Yaud étant entré, en 1809, dans lissance de son indépendance , dut lotissements dont il était dépourvu, ier organiser une maison centrale de
nement du nouveau canton ne trouva mier moment d'autre emplacement [ne celui de l'hôpital , appartenant à fiusanne. Le Se étage de ce bâtiment i la détention criminelle, le second our les malades, et l'on plaça les coniétention correctionnelle dans la pari du bâtiment.
3 choses , qui avait de nombreux indura plusieurs années. Enfin Taraéi situation financière du canton permit iseil de voter les sommes nécessaires motion d'une maison de détention, et bâtiment de l'hospice à sa véritable La première pierre du pénitencier fut lars 1822 , et dans fe mois de mai 1820 fiée put recevoir les détenus des deux iminelle et correctionnelle. Les frais Train, de construction, d'ameubleliera et des cellules , des fournitures
4 DU SYSTÎWB rfviTtATlàllB
de lits, de vêtements, d'ustensiles de méi objets qui durent presque tous être établis a h élevèrent à la somme de 348,000 francs Suisse '),
Le pénitencier de Lausanne consiste en un bâtiment, présentant un parallélogramme d pieds de longueur sur 70 de largeur * 5 il est à peu de distance de la ville et dans la plus position où un établissement de ce genre j se rencontrer.
A l'extérieur, le pénitencier offre plutôt pect d'un hospice que celui d'une prison : de gardes destinés a empêcher les prison nie s'évader ; point de ces énormes barreaux d qui attristent l'âme en rappelant sans cesse la | nation des bâtiments dont ils garnissent les fen
Mais c'est surtout à l'intérieur que des ira sîons toutes nouvelles attendent le visiteur guichetiers n'ont pas cet air rébarbatif devej quelque sorte classique pour cette classe de liminaire*. La propreté est extrême, le silen plus absolu règne dans toute la maison, arrivez dans le cabinet du directeur, et à peii avez- vous annoncé que vous venei visiter 1 et sèment pénitentiaire confie à ses soins , qu'i nne petite trappe fixée dans la paroi de l'ut*
1 te fmne de Suisse vaut 1 h\ 45 Bl de France. Le i l i centime.
3 Le pied vaudois est de 3 décimètres
de suite vous voyez , à travers un fin , un vaste atelier dans lequel une Jëtenus travaillent dans le plus grand veillant se promène au milieu d'eux et e cause r et d*î rtterrompre leur tra vai 1 . >pes ainsi pratiquées dans la muraille cessivement apercevoir les différents s dans la maison. Ainsi, le directeur ue instant, et sans se déranger, voir
la conduite des détenus et inspecter
i, au nombre de 104, sont au prebacune de celles qui sont occupées rvue de tout ce qui est nécessaire été du prisonnier et pour sou amcaie : une brosse, un peigne, une l'eau, un lit d'une grande propreté, quelques livres de morale et de ment tout le mobilier de ces cellules, ne que Ton aperçoit de ce premier jnifique et bien propre à répandre » détenus les sentiments de calme et ui doivent présider à leur réforme :
n immense étendue , tes Alpes dans ndeur, forment la partie principale bie panorama.
le, une infirmerie ? un bureau dans lus les registres ouverts sur le compte tenus, se trouvent situés encore au
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Autour dès bâtiment» se trouvent les cours et jardins. Les détenus dont on est satisfait ont la permission de se livrer à l'exercice du jardinage pendant leurs heures de récréation*
La base du régime suivi dans la maison peut se réduire à ces deux mots : travail et silence ; c'est sur leur pratique rigoureuse qu'est fondé l'espoir de rendre à la société de bons et utiles citoyens , lorsque les détenus auront terminé la durée de leur peine.
Le pénitencier de Lausanne est destiné à renfermer les détenus des deux sexes , condamnés à plus de 3 mois d'emprisonnement. Les prisonniers, indépendamment de la classification par sexe, sont encore classés en condamnés correction nellensent et condamnés criminellement; car il y a une parfaite analogie, sous ce rapport, entre le code pénal du canton de Vaud et le nôtre.
Des différences dans le costume f et surtout dans la sévérité du régime , sont les signes distinctiJs auxquels on reconnaît les deux classes des cou-' damnés correctionnel lement et criminellement.
Lors de la création du pénitencier , la peine de discipline la plus sévère consistait à renfermer les détenus qui se conduisaient mal dans une cage dont le plancher était composé de carrelets en chêne du diamètre de deux pouces , ce qui faisait que les malheureux enfermés dans cette cage ne pouvaient jamais avoir les pieds sur une surface plane , mais au contraire sur des barre* d©
*s toits z. 7
ment aiguës* Des réclamations nomionl élevées contre une peine aussi Charles Lucas , entre autres , dans il a publié sur le régime pénitentiaire^ e cet excès de rigueur; sa voix gênéentendue, et Jes cages disciplinaires
u pénitencier est placée une petite & a l'extrémité d'un vaste jardin : c'est eur, aumônier de la prison, Ce pasoud , ne borne pas ses fonctions à î sou saint ministère , il s'est encore fessenr de morale de la prison : il y est exhortant les détenus à se corriger, Iran* toat l'avantage qu'ils trouveront eîlleurs.
Lralion et la haute surveillance du pcit attribuées à la commission des hoss établissements de détention. Celte I réorganisée par l'arrêté du 27 dé- 4 , se compose d'un membre du couprésident ; d'un vice-président et d'un conseil de santé. Le pasteur de la lentiaire , le chapelain de l'hospice et ir des établissements,, siègent dans la avec voix con&uUalivo, lorsqu'il s'agit rentrent dans leurs attributions* ation de la maison, au 31 décemétait de 94 coudaïuués , repartis de suivante ;
8 DU SYSTÈME PiXlTKIITIAlRE
Division criminelle, 58 hommes 5 femmes» » correctionnelle, 23 » 13 »
Total. ... 76 » 18 »
Sur ce nombre il se trouvait 81 hommes et 4 femmes étrangers à la Suisse ou au canton.
Le nombre des journées de consommation s'est élevé , pendant l'exercice de 1835, à 30,360 équivalant à 83 t~ individus entretenus toute Tannée. — Si Ton ajoute aux journées de détenus les 5,328 journées d'employés entretenus par la maison , on aura un total de 35,688 journées de consommation , représentant un nombre de 97 j individus.
Il n'y a eu pendant l'année que deux décès.
La dépense générale a été de 34,312 francs (de Suisse). La retenue sur le travail des détenus et les recettes diverses se sont élevées à fr. 4,0 17. Ce qui laisse à la charge de l'État une somme de fr. 30,295. Mais si Ton déduit de ce chiffre les articles, tels que les frais de construction, qui n'appartiennent pas aux dépenses annuelles et courantes , qui peuvent varier plus ou moins d'une année à l'autre et qui présentent, pour 1835, un total de fr. 7,704, on aura, pour base du coût moyen de la journée de consommation , une somme de fr. 22,591. Cette somme, répartie sur les 35,688 journées de consommation comprenant les 5,38B des employés, donnerait par jour 63 rappes : mais si , comme cela doit être , on fait supporter
fcl StJlISI,
les journées des employés * le chiffre l rappes ( 1 fr, 7 cent* ) à fournir par État* La nourriture seule figure dans lr 31 ~ rappes (Ao centimes), riture se compose, chaque jour, de >ain bis de froment par pour les horupour les femmes. Le matin, une soupe secs ou verts, À midi, des légumes , assaisonnés au beurre , et des pombouiîïieB. Le soir, une soupe comme Limanche et le jeudi, f livre de viande, seul peut apporter quelque changeante. La nourriture est assez abonîffire aux besoins des détenus* fi n'y tînt. Aucun autre aliment , aucune uvent être introduits secrètement. Le ilument interdit. L'entretien des déteconfié à un entrepreneur. La maison ject d'un grand ménage, dont Y'ma direction. Les grands achats de nt ordonnés par la commission, sur contrôleur, qui s'entend,, pour cela, teur. Ce dernier n'est autorisé qu'à île t les d'objets de détail qui doivent tuptant.
heuiisc , les mouchoirs de col et de >nt changés touLes les semaines, Tlias hommes consiste dans un bonnet , n gilet, un pantalon et des guêtres jut en laine.
10 DO 8T8TÈMI rfïIlTERTUIlE
Les détenus correctionnels ont cet habillement d'une seule couleur , en gris. Pour les criminels , il est moitié bleu , moitié gris.
En hiver , tous ont de pins un gilet à manches et des bas en laine. En été , le pantalon est en toile , barrée en travers pour les correctionnels , en long et en travers pour les criminels.
L'habillement des femmes , outre la chemise et la coiffe qui est noire pour les correctionnelles et bleu clair pour les criminelles, outre les mouchoirs de col et de poche , des bas de fil en été et de laine en hiver , se compose d'une jaquette et d'une jupe en étoffe de laine de couleurs diverses comme celles des hommes , et d'une jupe de dessons en toile barrée comme celle des pantalons. En hiver la jupe de dessous est en laine. — Tous ont des souliers.
Les détenus de la division criminelle , condamnés à la peine des fers , et c'est le plus grand nombre , ont un collier en fer rivé, et qu'ils ne quittent jamais.
On a vu que tous les détenus ont leur cellule , meublée d'une manière uniforme. Les draps de lit sont changés tous les mois ; la paille est renouvelée tous les six mois , et les couvertures lavées une fois dans l'année.
Chaque détenu doit , le matin , balayer sa cellule, faire son lit, se laver la figure et les mains, ouvrir sa fenêtre.
On renouvelle l'air des ateliers en ouvrant les
EN SOlf IV. Il
grandes fenêtres et celles des corridors ; on balaie chaque matin les ateliers , qui sont , en outre , lavés le samedi.
Quant à la sûreté intérieure, elle paraît garantie autant qu'elle peut l'être dans une maison pénitentiaire dont les cachots ont dû être bannis. Les cellules n'ont d'issue que dans les ateliers ; ceuxci sont éclairés pendant la nuit , et un factionnaire armé circule dans les corridors dont les fenêtres ouvertes lui permettent de voir tout ee qui pourrait se passer au dehors. Les cellules sont d'ailleurs d'une inspection facile ; les employés les ouvrent et les ferment plusieurs fois dans le jour, et il serait difficile que la moindre tentative pour percer les murs ou attaquer les fenêtres , pût leur échapper. Chaque soir , en outre , après le coucher des détenus , leurs habits leur sont enlevés , pour ne leur être rendus qu'au moment du lever.
Le personnel des employés est composé de la manière suivante : un inspecteur chargé de l'économie et de la police de h\ maison. Il est logé avec sa famille. Il reçoit , outre le bois nécessaire à sa consommation, 1,200 fr, , et de plus 400 fr. pour une aide chargée des détails du ménage , qu'il choisit et qu'il nourrit , et dont il est responsable . . . fr. 1,600
Un employé pour les écritures , qui remplace au besoin l'inspecteur. . . 480
Quatre chefs d'ateliers , dont l'un est
A reporter • . • 2,050
12 DU SYSTÈME rfHlTIKTIAIlB
Report . . 3,080 maître cordonnier ; leur traitement est
deSOOfr 1,200
Deux suppléants de 300 fr. . . 600
Un maître tisserand 300
Un cuisinier 300
Un employé pour le service extérieur 240
Deux gouvernantes pour les femmes
(àStëOfr.) 500
Une suppléante. 180
Une cuisinière pour la table des employés 200
(N. B. A l'exception de l'inspecteur, qui a son ménage particulier , ces divers employés sont entretenus par la maison )•
Enfin un portier, qui est en même temps cordonnier; il reçoit les pratiques dans sa loge , prend les mesures et prépare l'ouvrage pour l'atelier. Il est logé avec sa famille ^il reçoit, outre le bois et la lumière 560
En tout 16 employés, dont 14 sont nourris fr. 6,130
Des journaliers, hommes et femmes, sont chargés du coupage du bois et des lessives '.
1 II pourrait paraître étrange que les détenus ne soient pas chargés de ces travaux, mais pour cela ils devraient sortir de leurs quartiers, et leur surveillance exigerait une
eh smssi. 13
Le pasteur du pénitencier jouit du même traitement que les autres pasteurs du canton. Le médecin , qui est en môme temps celui de la maison des aliénés , reçoit 600 fr. , dont 400 sont fournis par la caisse de l'hospice.
On ne saurait assez le répéter; c'est du bon choix des employés que dépend essentiellement le succès d'un pénitencier tel que celui de Lausanne. H en est ici comme de la machine la mieux construite qui peut , à tout instant , être arrêtée dans sa marche , éprouver des perturbations dont les suites sont incalculables , si les ouvriers qui doivent en surveiller le jeu manquent d'adresse , s'ils sont distraits, négligents, s'ils s'endorment lorsqu'il faudrait agir. Ayez le pénitencier le mieux approprié à son but, dont l'organisation ne laisse rien à désirer , dont le règlement ait prévu jusqu'aux moindres détails, si vos employés ne sont que de simples mercenaires , sans éducation , dépourvus de tact , de fermeté tempérée par la douceur , du dévouement consciencieux et du zèle
augmentation d'employés dont le traitement excéderait ce que Ton paie aux simples journaliers. Il résulterait, en outre, de la circulation dans le bâtiment du centre , les cours et les bûchers, les plus graves atteintes au régime pénitentiaire, et c'est ici le point capital. Si l'on veut recueillir les fruit* de ce régime, il faut l'adopter avec toutes ses conséquences. Or, dans un pénitencier tel qu'il doit être pour répondre à son but, le travail des détenus ne doit nullement être regardé comme affaire de spéculation ; il n'est qu'un rouage moral.
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que la religion peut seule inspirer , votre pénitencier ne sera qu'âne prison ordinaire , vous n'aurez que de grossiers porte-clefs.
C'est là l'écueil contre lequel la commission de Lausanne a eu à lutter dès son début dans le nouveau système ; ce n'est qu'avec beaucoup de temps et de peines qu'elle a pu parvenir à se procurer des surveillants comprenant l'importance de l'influence qu'ils peuvent exercer sur les détenus dont on leur conûe la garde. Aujourd'hui elle ne voit point en eux de simples geôliers , mais des collaborateurs qu'elle cherche à entourer de considération ; aussi est-il rare que les détenus s'oublient jusqu'à méconnaître l'autorité dont leurs surveillants sont revêtus ; lorsque de tels cas se présentent , l'inspecteur en est sur le champ averti par les sonnettes placées dans son bureau ; il se rend immédiatement à cet appel et ordonne l'application de la peine, qui consiste dans la réclusion au pain et à l'eau dans les cellules et les geôles éclairées ou ténébreuses , selon la gravité de la faute. Si cette réclusion doit se prolonger au-delà de 24 heures , l'inspecteur en réfère à la commission.
C'est , comme nous l'avons déjà dit , la commission qui dirige l'établissement. Le pasteur est chargé de la partie morale, le contrôleur de la partie économique , l'inspecteur de l'administration et de la surveillance ; remployé-chef, sous la direction du contrôleur, tient les écritures du contrôle de la recette et de la dépense de l'inspecteur.