EH SUISSE
11 n'y a point , comme à Genève , de livres de rapports. Mais tons les rapports devant être faits à la commission , sont consignés dans ses procèsverbaux ; ils sont ensuite classés dans les comptes moraux qui sont ouverts aux détenus sur un livre appelé registre matricule. Ces comptes présentent l'analyse des jugements , les actes notables de conduite , les indications extraites des procès-verbaux de la commission , et pour chaque année l'emploi du temps ainsi que le produit et l'emploi du pécule; enfin, après la sortie des détenus, les comptes présentent le résumé des renseignements confidentiels pris chaque année, pendant 5 ans, sur leur compte.
Quatre fois la semaine remployé-chef donne dans les ateliers des hommes des leçons de lecture, d'écriture, d'orthographe et de calcul aux détenus qui demandent à les recevoir , et l'on en compte ordinairement une douzaine dans chaque division. Les gouvernantes des femmes sont chargées de ce soin dans leurs divisions respectives et s'en acquit- . tent avec zèle et succès. En général les résultats de cet enseignement sont des plus satisfaisants.
Voici comment est réglée la distribution de» heures de la journée.
1° Du 1er septembre au 1er mai :
Lever à 6 heures.
Déjeuner à 8 heures. Rentrée dans les cellules jusqu'à 9 heures.
Diner à midi. Rentrée dans les cellules jusqu'à 1 heure \. Reprise du travail jusqu'à 7 heures.
16 DU ST8TÎHE FtfflTBRTUIlB
Souper, puis reprise du travail jusqu'à 9 heures, moment du coucher.
2° Du 1er mai au 1er septembre :
Lever à 5 heures ; déjeûner à 7 ; coucher à 8 ; les intervalles entre les repas sont remplis d'une manière analogue à celle ci-dessus.
Le dimanche il y a deux services religieux dans la chapelle; le jeudi il s'en fait un le matin. A l'exception de l'heure de promenade , dont il va être parlé, le reste de la journée du dimanche se passe dans les cellules, où les détenus peuvent s'occuper soit à écrire, soit à la lecture des livres de la bibliothèque que l'on fait circuler, et à celle des saints évangiles et des ouvrages de piété , dont toutes les cellules sont pourvues. Ils reçoivent, en outre, les visites du pasteur et de l'inspecteur, qui sont aussi fréquentes que le temps peut le permettre. Tous les jours le pasteur fait dans les cellules, aux heures du repos , des visites particulières en aussi grand nombre qu'il lui est possible.
M. le curé de l'église catholique de Lausanne est le directeur spirituel des détenus de sa communion, dont le nombre s'élève rarement au-delà de 6 , qu'on voit d'ailleurs assister avec recueillement aux exercices de la chapelle, où ils n'entendent rien qui puisse blesser leurs croyances particulières. Ils reçoivent aussi les soins du pasteur de la maison, qui évite scrupuleusement d'aborder avec eux les points sur lesquels les communions ne s'accordent pas.
xs suis as. 17
Sur les là heures 1/2 consacrées au travail , on en accorde une à tous les détenus , qu'ils passent dans les courêjardin* contîguës à chaque division, où ils sont introduits, tour-à-tour, par escouades de là au plus. Les uns se promènent , un à un , dans les allées ; d'autres cultivent les carrés , dont le produit leur est porté en compte dans leur livre de pécule.
D'après les registres , voici quel a été l'emploi du temps des détenus en 1835 :
Journées de repos (dimanche) 5,695
9 de travail 22, £80
» de maladies 1,195
» de êéclution a l'entrée *. . . . 519
i» de geôle 289
» de punition simple subie dans
les cellules 282
30,360 Les hommes détenus sont employés à la filature, au tissage, à la menuiserie, à la confection des souliers, des habits, de nattes, brosses, crochets, etc. ; les femmes , à la filature , à la couture , au service domestique, etc.
1 Chaque détenu , A son entrée dans la maison , est soumis à un isolement préparatoire, sorte de quarantaine morale. Le minimum de cet isolement est de 3 jours, le maximum de 12. Pendant ce temps-là , le détenu est laissé à lui-même et aux soins paternels du pasteur, qui cherche A gagner sa confiance et à l'amener a subir avec une résignation chrétienne le juste châtiment qu'il s'est attiré.
ii. 2.
13 DU tTSTÈMl CI UTHTMIR L
Le me lier de tisserand est celui de tous < paru le mieux convenir nu but qu'on se pro Il réunit plus que tout autre le* avantage! vants : apprentissage plus facile ; produit plus pour la maison et pour Je détenu ; moyen fissuré d'existence après l'élargissement , et tout moyen plus complet d'isolement, L'inler qui sépare les ouvriers et l'obligation de resti place, cou pe court aux rapprochements et aux I munieati ont oiseuses. Circulant aisément aura des deux rangées de métiers , le surveillant suivre fous les mouvements des détenus, e ramener à Tordre et au silence s'ils s'en ccar Une bonne partie des métiers à tisser sont oct à fournir aux besoins des divers établisses publies, do l'hospice des malades , de celui aliénés , de la caserne , et do la maison de d tion> Les autres travaillent pour le compte de ticulierg, qui fournissent les matières premièi les reçoivent ouvrées, pour un prix de façon quoiqu*inférieur aux prix courants, ne Test ce dant pas assez pour nuire à ce genre d'indus dans lequel un grand nombre d'ouvriers du ton trouvent leur subsista rire. Un maître tisse habile a monté cette petite fabrique- de tu an À fournir des ouvrages bien faits, et l'ordre c garantit la fidélité de l'emploi des mil lier es fiées. Outre les toiles ordinaires , on tisse du I damassé, des étoffes en coton, eu laine, etc.
Les cordonniers) tailleurs, menuisier», f
vit mit se.
onr Ta maison et pour les particuliers-
il net de» travaux s'est élevé pendant
6,878-34 r* , repartis de la manière
i la maison, 3,490 fe. 54 r.
iM détenus, Ù^VS » 00
de réserve , composé des sommes dues
restant dans la maison au 31 décem- Élevait i 2,200 fr., formant un capital rét, outre un solde en espèces de quelranes,
s avait d'abord été ûzé, pour chaque iers du produit de son travail ; aujour* i en alloue environ la moitié. Il a son vert dons le grand-livre et son livret
sur lequel son avoir est réglé chaque
la durée de sa détention , il ne peut sur son usage particulier, d'aucune son pécule sans l'autorisation de la , qui permet toujours avee plaisir, qui iême, les pelits envois qu'il désire faire mtre à sa famille f. Lors de son élar-
ission croit devoir favoriser cet emploi du lettre eux détenu» Aa correspondre a^cr leurs recevoir mrme le* visites, Lorsqu'ils se ren- I celle faveur par Jeur bonne conduite. Ces* i encouragement «alnLùre, un motil puiisant peuvent ne dire qu'ils travaillent pnur luurs leur» enfants, pour leurs vient [miu'iiU- t*Te§l leur préparer r pour le moment de Leur clar*
20 DIT SYSTÈME PÉKITEHTUHK
gissement, on ne lai en remet qae ce qui est absolument indispensable pour ses premiers besoins. On pourvoit à ce qu'il ne fasse pas un mauvais usage du reste en l'envoyant au pasteur de la paroisse dans laquelle il annonce vouloir se rendre, qui le lui distribue selon sa prudence. Cet envoi se fait confidentiellement par l'intermédiaire du pasteur de la maison.
La môme mesure , lorsque le pécule en vaut la peine, est appliquée, autant que la chose est possible, aux étrangers libérés, qui tous sont conduits à la frontière et bannis du canton. On ne leur remet que ce qui est nécessaire pour se rendre directement au lieu qu'ils désignent ; le reste leur est fourni par une traite payable à présentation. Aucun détenu, soit étranger, soit indigène, ne peut se plaindre de ces précautions. Le pécule n'est pas un droit, mais une faveur.
Deux règlements , du 30 octobre 1824 , ont modifié en quelques points le régime intérieur du pénitencier et l'ont rendu plus sévère. Le premier de ces règlements ordonne la détention solitaire , dans leurs cellules, de tous les détenus 1° qui arrivent dans la maison pénitentiaire après avoir subi
gissement , le bienveillant accueil , non-seulement de leur famille, mais de leurs voisins, qui ne peuvent voir dans ces communications, autorisées par l'administration du pénitencier, qu'une preuve du retour vers le bien de malheureux qui auront besoin, lorsqu'ils rentreront dans leurs foyers, d être soutenus et non repoussés.