‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 50 sur 143 · BU SUIS SI · texte numérisé non relu

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tolérés , soas certaines restrictions , dans le troisième et dans le quatrième. A Lausanne an contraire, la règle du silence est rigoureusement maintenue dans chaque division et pendant toute la durée de la peine. C'est qu'on a parfaitement compris, dans ce dernier établissement, que toute déviation de cette règle pourrait ouvrir la porte aux abus , et qu'il suffirait d'accorder à certaines conditions et à certains détenus la faculté de s'entretenir ensemble, pour diminuer , sinon détruire, l'efficacité* delà disposition générale. Dans les pénitenciers des États-Unis le silence forme la base de la discipline, et il est regardé comme tellement indispensable qu'on n'hésite pas à faire emploi des châtiments corporels pour empêcher son infraction. C'est aussi la conviction de l'importance de cette règle qui a donné naissance au système de l'isolement absolu, qui est seul capable de lui donner une sanction efficace dans tous les cas. Nous reconnaissons les difficultés qu'il y aurait à établir . ce système dans le pénitencier de Genève , mais nous ne voyons pas pourquoi on n'essaierait pas au moins d'y interdire également dans tous les quartiers les communications surtout verbales entre les condamnés. Que ces derniers s'entretiennent avec les employés, le directeur , le chapelain, les contre-maîtres, les administrateurs, les visiteurs de l'établissement, rien de mieux; mais, qu'on nous en croie, toute conversation familière entr'eux doit entraîner beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages.

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A Genève de môme qu'à Lausanne on laisse au détenu la jouissance d'une partie de son pécule ; mais à Lausanne il ne peut faire usage de cette quotité disponible que dans l'intérêt de sa pauvre famille; tandis qu'à Genève il peut l'employer, dans les troisième et quatrième quartiers , à l'achat de certains comestibles, tels que pain, fromage, fruits , conserve de genièvre , etc. Cependant le régime alimentaire est également sain et abondant dans les deux établissements. Cet adoucissement n'est pas le seul que Ion accorde aux détenus à Genève ; ainsi , par exemple , le jeu de dames est autorisé dans le quatrième quartier , à la condition , dit le règlement , que le jeu ne soit pas intéressé. Mais comment empêcher que les détenus ne profitent de cette faculté pour se livrer à un penchant qui n'est malheureusement que trop commun parmi eux ? Comment empêcher qu'ils ne jouent leurs aliments , leur pécule , qu'ils ne jouent même leurs espérances pour l'avenir ? Dans les prisons de Belgique le jeu de dames est également autorisé aux mêmes conditions et il donne lieu aux abus que nous venons de signaler. Mais aussi n'est-ce pas en quelque sorte tenter les prisonniers, naturellement portés par l'uniformité et l'ennui de l'existence à laquelle ils sont voués , à exagérer les distractions qu'on leur accorde , n'estce pas les exposer à succomber à la tentation que de leur mettre entre les mains les moyens de satisfaire leur passion pour leur jeu? Si on leur permet

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le damier, pourquoi ne leur permet-on pas aussi les cartes , le domino ou les dés ? Si l'inconvénient qne nous signalons n'existe pas ou n'a pas encore été constaté jusqu'ici , qui nous garantira qu'il ne se révélera pas demain ? — Et qu'on ne nous accuse pas d'une sévérité exagérée : un pénitencier doit demeurer pénitencier, et rien ne doit pouvoir lui enlever ce double caractère de réformation et d'intimidation qui doit garantir l'efficacité de sa discipline. En maintenant la sévérité de la peine on se met à même d'en abréger la durée , et c'est là un immense avantage qui malheureusement n'a pas encore été apprécié jusqu'ici à sa juste valeur. Une captivité prolongée fait perdre au coupable les habitudes de la sociabilité , elle émousse ses affections de famille , elle l'accoutume insensiblement à un nouveau genre de vie ; et lorsque cette captivité est en outre , comme dans nos anciennes prisons , tempérée par le relâchement de la discipline , par la tolérance de l'association , elle ne tarde pas à devenir pour plusieurs un mode d'existence normal , commode , que l'on ne quitte qu'avec une sorte de regret pour y revenir avec une sorte de plaisir. De là le grand nombre de récidives qui ne peuvent s'expliquer que par une indifférence apathique ou par une secrète préférence pour la vie de prison.

Un emprisonnement rigoureux mais limité n'aurait aucun de ces inconvénients; il intimiderait sans amortir la sensibilité du condamné ni sans

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détourner tes penchants légitimes; il réfo sans affaiblir l'amour de la liberté. Âuss cette seule raison, n'hésiterions nous pas a la préférence au système d'isolement a lu tout autre système pénitentiaire, car il n plus haut degré ces deux condition* essen rigueur dans l'infliction de la peine et pc de réduire le terme de la captivité,

9° Le système pénitentiaire de Genève d'ensemble et d'unité; ce vice a déjà été par MM. Lucas et Mittennater : i On dans le pénitencier, dit l'honorable proies Heidelberg, ni les femmes, ni même les I condamnés à un emprisonnement dont I n'atteint pas trois mois. Si Ton reeonn principe, les heureux résultais du aystèn tentiaire pour l'État, qui, par ce moyen, ranti contre un grand nombre de récidive conçoit pas pourquoi on devrait rester inc pour le danger dont la société est menace part des personnes que nous renom de d< L'expérience a démontré depuis longtera les délits, appelés légère, sonteommunéine par lesquels débutent la plupart des ^rai minels, et que les individus frappés, ] première fois, d'une légère condamnation tionnelle, figurent le plus souvent, apr

1 Note é l'ouvrage de M. Julius : Leçon* mr Ick tome II , p. 310.

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