‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 88 sur 143 · FOC* IIS JIOTBS DÉTENU · texte numérisé non relu

FOC* IIS JIOTBS DÉTENU

de confection d'habillements, etc.; les plus jeûnes, les condamnés aux. plus courts termes, ceux en un mot qu'on ne saurait occuper plus utilement , pourront être employés à filer. Le direction des ateliers sera confiée à des contre-maîtres libres ; ces contre -maîtres seront, comme dans les fabriques , payés à la journée et demeureront hors de l'établissement.

4. L'instruction élémentaire sera donnée aux jeunes détenus par la méthode d'enseignement simultané; on y joindra l'instruction morale et religieuse. Il y aura un règlement spécial pour l'école des jeunes détenus : on établira une bibliothèque pour les lectures communes et individuel* les. L'instruction religieuse sera confiée à l'aumônier de l'établissement. Chaque jour la prière se fera en commun, matin et soir.

5. L'inspection à laquelle seront soumis les enfants détenus sera facile , inattendue , et autant que possible simultanée : à cet effet le quartier qui leur sera destiné sera situé à proximité du logement du commandant, de manière a ce que celui-ci paisse s'y transporter à l'improviste, à toute heure de jour et de nuit. Pour établir l'inspection des ateliers , du chauffoir , des dortoirs , on pratiquera dans les portes de ces salles de petits guichets qui permettent de voir sans être vu.

6. La discipline de l'établissement sera mise en rapport avec les principes dont rémunération précède.

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A. Ainsi la classification en quartiers ou divisions d'épreuve , de récompense et de punition , devra être marquée par les différences nécessaires dans le régime intérieur : au réfectoire , il y aura trois tables distinctes , à chacune desquelles le régime alimentaire sera différent. Le quartier d'épreuve aura le régime alimentaire ordinaire ; le quartier de punition , les restrictions apportées à ce régime ; le quartier de récompense , au contraire, quelques suppléments le dimanche, et au besoin , le jeudi.

B. Ces trois divisions pourront encore être distinguées par un uniforme différent. Il ne s'agit pas pour cela de changer la couleur ou la forme des habits ; mais seulement d'avoir une manche de telle couleur pour la division de punition , un petit chevron pour la division de récompense , de sorte qu'il n'y ait qu'à ôter le chevron pour opérer sans frais la dégradation du détenu, qui sera expose à rétrograder.

C. On pourrait aussi examiner s'il ne serait pas utile d'interdire la fréquentation de l'école aux jeunes détenus de la division de punition. Il importe de présenter aux détenus l'instruction connue un bienfait auquel on perd ses droits par sa mauvaise conduite.

D. 11 y aurait également lieu à marquer la différence entre les diverses divisions par un prix différent dans la part du produit des travaux revenant à la main, sans toucher à la masse de réserve.

roua lu jiusis detbbus. 345

Cette part pourrait être réduite de 10 à 20 p. °/0 pour la division de punition, et augmentée d'autant pour la division de récompense ; car il faut considérer cet argent de poche comme une véritable prime de récompense et d'encouragement.

E. La régie du silence dans les ateliers sera rigoureusement observée. Les sorties et rentrées pour satisfaire les besoins naturels pourraient causer des infractions à cette règle. Pour remédier à cet inconvénient , on pourrait employer le moyen bien simple pratiqué dans la prison des jeunes détenus à Paris : une grande R et une grande S sont placées à la porte de chaque atelier ; l'enfant qui veut sortir , lève la main , et après avoir obtenu le signe d'assentiment du surveillant , il place la grande S en regard sur la porte , et , en rentrant , il y substitue la grande R; par ce moyen on sait toujours , sans explication verbale, le mouvement des sorties et des rentrées.

F. La principale punition sera l'emprisonnement solitaire simple ou rigoureux. L'emprisonnement solitaire simple consistera dans l'isolement du jeune délinquant dans une cellule ; on pourra, en cas de faute grave , y ajouter plusieurs circonstances aggravantes , telles que la privation de nourriture , autre que le pain sec et l'eau , la privation du jour , le système de couchage sur la paille : le plus ou moins d'extension de sa durée sera aussi un des moyens $ élasticité de son emploi 5 mais , dans l'intérêt de la santé des jeune*

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déferas et dercsucacsté de cette pmnûou, il faudra éviter, croyons-nous, trop de continuité dans a dorée. Mieux Tendra, en besoin , rendre Temposonnement solitaire discontinu, et le faire subir en deux lob , par exemple, à cehri qui en aurait mérité une asset longue application.

An nombre des punitions secondaires, Tune des plus efficaces sera la condamnation au pain sec Quand chacun sera assis au réfectoire , devant sa soupe , les condamnés au pain sec, rangés en rue de tous , recevront leur ration qu'Us mangeront avec toutes les souffrances du contraste. Les retenues sur l'argent de poche, la privation de récréation , de visites , seront également des moyens efficaces de répression. Maïs le passage du quartier d'épreuve dans le quartier de punition paraîtra toujours un des châtiments les plus redoutés.

G. Les récompenses pour la bonne conduite résulteront particulièrement du système de classification . En effet , la division de récompense sera exclusivement réservée aux jeunes détenus qui, par leur conduite , leur amour du travail , leur intelligence et la douceur de leur caractère , se seront acquis l'estime et l'affection de leurs chefs. Indépendamment des avantages dont jouiront, dans cette division, ceux qui se distingueront parmi les autres, le commandant désignera parmi eux un certain nombre de moniteurs ou prévôts auxquels il confiera une partie de la surveillance dont il sera chargé lui-même.

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La tenue d'une comptabilité moral* sera la base fondamentale et le contrôle nécessaire de ce sys* tème répressif et rémunératoire. On pourra adopter, pour cette comptabilité morale, à peu de changements près, les modèles des registres prescrits par l'arrêté du 13 juillet 1831.

H* La dirision de la journée dans le pénitencier des jeunes détenus sera la même que dans les maisons centrales pour ce qui concerne le lever , le coucher, les repas. Elle variera pour les heures d'écoles et les heures de travaux. On pourrait imiter, jusqu'à un certain point, l'ordre établi à cet égard dans la maison des jeunes détenus à Paris. Dans cet établissement les jeunes détenus se lèvent à 5 heures du matin en été , à 6 7 heures en hiver. Cinq roulements de tambour se font entendre : au premier , les détenus doivent se lever et s'habiller en silence; au second, faire chacun leur lit ; au troisième , se ranger debout au pied de leurs lits pour la visite des prévôts qui inspeo* tent les lits mal faits, les habits déchirés, etc. ; au quatrième , faire la prière du matin , que récite à haute voix l'un des prévôts et qu'écoutent en silence les autres détenus, tête nue, debout et rangés devant leurs lits respectifs qui portent le n* de chacun ; au cinquième roulement , enfin , les jeunes détenus descendent dans la cour pour se laver le visage et les mains, en rang, deux par deux, au pas et en silence, divisés par brigades selon le classement des lits , et conduits par un sur-

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veillant oa prévôt. Les détenus , en ordre et dans le silence, sont ensuite répartis dans les différents ateliers où ils restent jusqu'à 0 heures.

À cette heure le tambour se fait encore entendre, et donne le signal du déjeûner. Les jeunes détenus arrivent, rangés dans leurs escouades respectives , avec ordre et silence , au réfectoire , où chacun prend sa place à son numéro.

Après une demi-heure consacrée au repas et à la récréation , c'est-à-dire à 9 heures et demie, les détenus entrent à l'école où ils restent jusqu'à 1 1 heures , pour retourner dans leurs ateliers d'où ils ne sortent qu'à une heure.

La récréation a lieu depuis une heure jusqu'à deux, moment où ils retournent dans leurs ateliers, jusqu'à 4 heures, qu'ils vont au réfectoire.

Le dîner dure environ une demi-heure , après laquelle ils ont une heure de récréation. À 8 heures et demie on rentre dans les ateliers , d où l'on ne sort plus qu'à 0 heures du soir pour monter a a dortoir avec les mêmes formalités qu'on en est descendu le matin.

H y a un prévôt par 12 détenus , chargé de veiller à l'observation de l'ordre et du silence. La propreté intérieure de l'établissement est maintenue par les détenus qui en sont chargés à titre d'auxiliaires. La règle de l'ordre et du silence doit être rigoureusement maintenue chaque fois que les jeunes détenus passent d'un local à un autre , d'un exercice à un autre exercice ; la moindre infraction sous ce rapport mérite châtiment.

rovft lis JBVffis BÉTunr». 349

7. Enfin il reste encore une mesure complémentaire et essentielle à prendre pour assurer le succès de l'établissement. C'est l'institution et l'organisation, pour l'époque de la libération, d'un patronage actif et éclairé de citoyens généreux , prêts à surveiller ces enfants , à les suivre dans la société, à leur procurer l'exercice honnête de la profession acquise , le sage et utile emploi de la masse de réserve , l'assistance morale des avis , des conseils , des directions que réclame leur inexpérience ; à renouer les rapports de famille , quand ces enfants appartiennent à des parents honnêtes ; à y suppléer , quand les pauvres êtres sont seuls en ce monde, abandonnés à leur faiblesse et à leurs besoins; et enfin, il est douloureux de le dire, à combattre et éloigner au contraire les rapports de famille, quand c'est au sein du foyer domestique , ainsi que cela est trop fréquent , qu'ils ont trouvé les enseignements, les exemples et même les provocations du vice.

Nous avons vu ce qui existe à cet égard aux États-Unis. A Paris , depuis l'établissement de ta maison de réforme pour les jeunes délinquants, on a également compris la nécessité de fonder une société , ayant pour but de préserver des dangers de la récidive et de rendre aux habitudes d'une ▼ie honnête et laborieuse les jeunes libérée de la maison pénitentiaire. Cette société se compose de patrons, de souscripteurs et de donateurs. Sa direction est confiée à un conseil qui nomme dans son h. 30

800 Maisons n sbivu it rimincms

sein deux comités, l'an de placement, l'autre de finances. Le comité de finances ett spécialement chargé, de concert avec le trésorier, de tout ce qui concerne la comptabilité de la société.

Le comité de placement est spécialement chargé de désigner des commissaires enquêteurs qui devront prendre et loi transmettre, avant la mise en liberté de l'enfant , sur celui-ci et sa famille , tous les renseignements dont il aura besoin pour conférer le patronage. Les patrons s'engagent à remplir, pendant trois ans, envers les jeunes libérés dont ils auront accepté la surveillance , une sorte de tutelle qui consiste à se charger , de concert avec les parents, s'ils en ont, d'assurer leur placement le jour même de leur sortie; de retirer leur masse de réserve, et d'en diriger l'emploi; de pourvoir à tous leurs besoins au moyen de fonds mis à leur disposition ; de les visiter sonvent; de les aider de bons conseils; de rendre enfin compte au bureau , à certaines époques périodiques, de leur conduite, de leurs progrès dans le bien , et de l'emploi des sommes qui composaient leur masse de réserve ou qui leur auraient été allouées par la société '• Ce patronage, aux États-Unis, est exercé par rétablissement luimême, c'est-à-dire, par l'administration des prisons dans lesquelles les jeunes détenus ont été renfermés. En Belgique, it a été organisé réceaa-

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rou* lia jetthes AiTcmrs. 351

ment, pour tout le Royaume , par un arrêté royal du 4 décembre 1835 , qui institue des comités de patrons dans les principales localités '.

» V.n°XIII.

N° XIL

TRAVAUX ET RÉSULTATS BES COMITÉS DE PATRONAGE POUR LES LIBÉRÉS EU FRANCE ET A GENÈVE.

Dans l'article qui précède nous ayons dit quelques mots du patronage pour les jeunes libérés. Nous avons vu qu'il avait été successivement organisé aux États-Unis , en Angleterre , en Allemagne, en France , en Belgique et dans quelques autres pays; il nous reste à prouver par des chiffres et par des témoignages récents, que les résultats de cette institution sont bien réels et que son action bienfaisante est incontestable.

I. En France, dès 1824, une société pour le placement des jeunes libérés s'organise librement a Strasbourg , et ses rapports publics et annuels attestent qu'elle a poursuivi son o&uvre avec persévérance et succès. D'après un rapport de 1828, sur 12 enfants libérés à la charge de la société ,

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10 vivaient honnêtement , un onzième s'était fait militaire par vocation , et le douzième était mort. Dans son dernier rapport d'avril 1836, la société > comptait , depuis son origine , 59 jeunes délinquants qu'elle avait rendus à une vie honnête et régulière.

La société de patronage du département de la Seine a patroné, depuis 3 ans, 269 jeunes libérés : sur ce nombre 114 avaient été entraînés au mal par l'inconduite ou la misère de leurs parents , et quelques-uns aussi par les mauvais traitements qu'ils en avaient reçus; 51 étaient orphelins; les pères et mères des 25 autres étaient séparés ou vivaient en concubinage; enfin , 32 étaient nés hors mariage.

Pour bien apprécier l'action de cette société , il est bien de connaître les résultats antérieurs à l'exercice de son patronage et de les comparer aux résultats postérieurs.

Depuis le mois d'avril 1831, date de l'établissement du pénitencier des jeunes détenus, jusqu'au 1er juillet 1823, époque où l'action du patronage a commencé , sur 217 enfants libérés , 99 avaient été repris et jugés de nouveau , savoir : 49 une fois ; 19 deux fois; 18 trois fois; 7 quatre fois; 4 cinq fois ; 1 sept fois , et 1 huit fois ; 6 seulement avaient été acquittés.

Parmi les enfants condamnés , 17 seulement l'avaient été à un emprisonnement de moins d'un an ; 26 de un à deux ans ; 21 de deux à trois ans ; h. 30

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