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15 de trois à quatre ans ; 8 de cinq à huit ans ; 0 enfin Taraient été à la réclusion et 2 aux travaux forcés. Ces 09 récidives sur 317 libérations donnent l'affligeante proportion de 46 sur 100. Or, sur 960 patronés par la société, 51 seulement ont es* auyé de nouveaux jugements ; ce n'est plus que 19 sur 100 '.
A Lyon , en 1888, on a organisé une société de patronage à l'effet de seconder l'action du pénitencier de Perrache. Cette société , organisée sur les mêmes bases que celle de Paris , avait déjà, l'année même de sa fondation , placé 8 jeunes libérés ; le chiffre des placements pour 1886, s'est élevé à Î5 , et il est loin d'atteindre le nombre des citoyens généreux qui sollicitent l'exercice du patronage.
Dans les villes , sièges de maisons centrales, les commissions des prisons commencent à devenir le centre d'associations pour le patronage des jeunes libérés qui sortent de ces établissements , et la ville de Riom vient de créer, à cet égard, un utile précédent.
A Rouen , une société de patronage est aussi en activité. Empressés d'étendre aux jeunes libérés de a prison de Rouen le bienfait du patronage, d'honorables citoyens de cette ville s'empressèrent de
1 Compte rendu des travaux de la société pour te pat iv nage des jeunes tibétés du département de la Seine, par M. Bërcnger, président do la société, le 12 juin 1836.
roua us initia. 305
venir à Paris pour étudier les statuts de la société et en suivre les travaux. Bientôt après, la ville de Rouen eut sa société de patronage. Ses rapports font connaître que 38 enfants ont été libérés en 1821, 86 en 1834, 44 en 1835, et que le nombre des récidives a été de 8 la première année, 7 la seconde, 7 la troisième, et pour ces 8 années, de 17 sur 1 18. Il n'est pas permis de douter que l'existence d'une société de patronage n'ait eu à Rouen la bonne influence qu'elle a exercée ailleurs sur la diminution des récidives ; mais cette influence ne saurait s'apprécier d'une manière précise que sur le nombre des enfants patronéê , et non sur celui des enfants libérés. Or, la société de patronage de Rouen , jusqu'à la fin de 1885 , n'avait encore placé que 0 jeunes libérés dont 2 avaient quitté leur place , et 1 seul était tombé en récidive.
Mais il est un autre patronage qui devance même l'époque de la libération , et qui , dans un grand nombre de départements , a arraché les jeunes détenus à la corruption des prisons : c'est le patronage créé sous le ministère deM. le comte d'Argout, par la circulaire du 8 décembre 1882 '.
Dans l'alternative d'ordonner, ou la remise des enfants à leur famille ou leur envoi dans une maison de correction , les tribunaux , malgré leur répugnance à prononcer l'emprisonnement dans les prisons d'adultes, ne peuvent cependant se
1 V. no XV.
356 UTEOWACE
dispenser d'appliquer cette disposition , quand les parents sont inconnus, absents, sans état, signalés par leur mauvaise conduite ou frappés eux-mêmes de condamnations : il faut, avant tout, procurer aux enfants un asile, des aliments, et les préserver du vagabondage. Mais il s'agissait de trouver un moyen d'obtenir ces résultats et d'éviter en même temps les inconvénients inséparables de la détention dans les prisons d'adultes.
Celui qu'adopta la circulaire du 3 décemb. 1832 fut d'assimiler les enfants jugés en vertu de l'art. 66 du Code pénal, aux enfants abandonnés , et de les placer chez des cultivateurs ou des artisans , pour être élevés , instruits et utilement occupés , sauf à payer une indemnité à leurs maîtres. Les commissions des prisons et des hospices furent invitées à prendre les informations et h faire les démarches nécessaires pour passer les contrats de placement de ces jeunes détenus , mais sous la réserve essentielle et d'ordre public que les enfants seraient réintégrés dans la prison à la première réquisition du procureur du roi.
Pendant les 4 années ( 1833 à 1836} qui ont suivi l'envoi de la circulaire dont il s'agit , le nombre des enfants placés en apprentissage a été de 189 garçons et t>2 filles sur 827 garçons et 138 filles acquittés, mais remis à la tutelle de l'administration pour être élevés.
Sur le nombre d'enfants placés en apprentissage, 48 garçons et 10 filles ont été retirés pour, mau-
poci lsi uiiâis. 357
▼aise conduite, eu ont pris la faite. — Si fa mesure présentée par la circulaire de 1832 n'a point produit tous les avantages qu'on eût recueillis de son application plus générale et plus sérieuse , on voit du moins que, parmi les placements opérés , plus des trois quarts semblent avoir réussi : le résultat de l'épreuve est aussi important à constater qu'encourageant à recueillir '.
II. A Genève les résultats du patronage , également étendu aux libérés do tout âge , n'ont pas été moins satisfaisants. On trouve à cet égard, des renseignements d'un haut intérêt dans une brochure de M. G. Aubanel, directeur de la maison pénitentiaire de Genève, publiée au commencement de cette année 9.
Dès l'année 1818, il s'était formé dans les prisons de cette ville un comité moral, sanctionné par l'autorité, et dont le mandat était de chercher, de concert avec les deux chapelains , à exercer une influence religieuse et morale sur les prisonniers.
Mais la prison pénitentiaire ayant été fondée et occupée dès le mois d'octobre 1825, et le règlement sur le culte et l'instruction, fait en développement de la loi du 28 janvier 1825, portant qu'il étroit créé un comité do surveillance morale et êe
1 Rapport au roi sur les prisons départementales de France. Taris, mars 1837.
'Mémoire sur le système pénitentiaire adressé, en janvier 1837, à V. le ministre de l'intérieur de France. Genève,
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régénération des prisonnier*, adjoint à la commission administrative, et nommé par elle, c'est à cette époque qu'il convient de faire remonter la création de Tordre de choses régulier et légal qui existe aujourd'hui.
Pendant long-temps ce comité de surveillâmes morale joignit à son œuvre dans l'intérieur de la prison, celle des libérés ; mais le nombre de ceux-ci augmentant chaque année, et la tâche devenant de jour en jour plus laborieuse et plu* difficile, on comprit enfin que , pour obtenir les meilleurs résultats possibles , il fallait seconder l'œuvre.
Ajoutons qu'en 1822 la discipline de la prison pénitentiaire fut renforcée à plusieurs égards , et qu'on put espérer de cette rigueur salutaire, de nouveaux progrès dans l'œuvre de la régénération des prisonniers , et une diminution de récidives.
Ce fut en février 1824, et peu après cette réforme , que s'organisa à Genève un comité ds patronage dos prisonniers libérés, exclusivement chargé de continuera l'extérieur l'œuvre de régénération commencée dans la prison par le comité de surveillance morale.
Le comité ds patronage n'est point d'institution administrative, c'est une œuvre de foi et de charité; cependant, comme sur les I S membres qui le composent , il y en a 7 qui font partie soit de la commission administrative, soit du comité de surveillance morale, il en résulte plus de liberté dans son allure, sans qu'il perde aucun des avantages
tout ut uràftii. 380
de* administrations reconnues par le gouvernement et nommées par lui*
La population de la prison , étant composée de protestants et de catholiques , il y a des membres des deux communions dans le comitéde patronage»
Lorsqu'un détenu est sur le point d'être libéré, ■oit par le tribunal de recours , soit à raison de respiration du temps de sa peine , la commission administratif statue sur l'emploi de son pécule de réserve , qui est le plus souvent remis à l'un des membres du comité de patronsge; celui-ci en fait rapport , et le comité , après avoir été éclairé sur les antécédents du prisonnier, sur sa vocation, sur sa conduite en prison , lui choisit un patron parmi les membres de sa croyance et s'occupe, de concert avec ce dernier, à lui procurer une place, en faisant toutes les démarches nécessaires pour lai obtenir le degré de confiance que sa conduite nécessite et que sa position réclame. Dans certains cas le comité est appelé à donner des secours en argent , soit à titre de prêt, soit comme don gratuit; quelquefois il faut aller jusqu'à cautionner le libéré , caution , dont l'étendue et la durée sont toujours proportionnées aux espéranoes de régénération qu'il a fait concevoir : ajoutons que le comité a rarement été trompé dans ses prévisions, et qu'en général les récidives ont été toutes plus ou moins pressenties par les membres du comité moral, qui avaient suivi les détenus avant leur libération.
360 FATftOSJBB
Le patron surveille et dirige l'emploi du pécule de réserve, en vertu de la loi et de la délégation que la commission administrative fait de ses pouvoirs dans chaque cas spécial. 11 visite le libéré assidûment, lui continue les soins moraux, sans négliger ceux qui regardent son bien-être matériel ; il est tenu de rendre compte tous les mois au comité , sans préjudice des cas qui nécessiteraient des communications plus fréquentes ; ainsi s'étabKsscnt des rapports de confiance et d'affection", qui fondent le plus souvent une influence réelle et toujours salutaire du patron sur le libéré. Si le libéré néglige ses devoirs religieux , le patron les lui rappelle avec douceur ; il s'enquiert de ses lectures , du choix de ses relations , en un mot , il se conduit en bon père à son égard. Et ce qui prouve l'efficacité de ses soins , c'est qu'on voit rarement le libéré se soustraire à cette influence, toute volontaire de sa part ; vient-il à s'en affranchir, ce qui du reste est assez rare, c'est presque toujours un symptôme menaçant de rechute prochaine.
Le comité de patronage divise les libérés en trois catégories :
1° Libérés seus une inspection directe ;
2° Libérés sous une inspection réelle , mais éloignée ;
3° Libérés sous une inspection purement statistique.
A. La première classe comprend les libérés résidant à Genève, placés sous le patronage immédiat
rovft lis Liiiftis. 361
d'un des membres du comité ; ils étaient, à l'époque du dernier compte rendu du 28 février 1837, au nombre de 12,
Dont 8 se comportaient bien ;
4 assez médiocrement, sans être toutefois tombés en état de récidive.
Les 4 désignés sous la qualification de médiocre*, appartiennent à ces caractères grossiers et intempérants chez lesquels la réclusion a pu comprimer les habitudes vicieuses sans les détruire. L'état d'avilissement dans lequel ces hommes sont plongés, est jusqu'ici le reproche le plus grave qu'on puisse leur faire , mais il suffit pour inspirer do sérieuses inquiétudes sur leur avenir. Du reste , il importe de remarquer que ces 4 libérés, condamnés presque tous à de courtes détentions, n'ont été soumis que peu de temps à l'action pénitentiaire.
B. La deuxième catégorie renferme les libérés placés hors de Genève, ceux dont on a cru l'éloignement nécessaire pour rompre des habitudes et des liaisons dangereuses. Dans ce cas , le patron désigné délègue ses droits , ou plutôt ses devoirs, à une personne choisie qui le remplace sur les lieux dans la surveillance et dans la protection à laquelle il a'est engagé ; il est néanmoins entendu que le patron principal continue seul à être moralement responsable vis-à-vis du comité.
Cette classexomprend 15 libérés, parmi lesquels
Un seul est tombé en récidive, u. 31
362 FAT&OIUGX
Un autre , qui a passé 20 ans de sa vie dans les bagnes , a quille depuis peu une excellente place qu'on lui avait procurée, et donne dans ce moment de sérieuses inquiétudes au comité.
I&b 13 autres donnent beaucoup d'espérance et de satisfaction.
C. Dans la troisième classe sont rangés les libérés qui , pour une cause quelconque , ne peuvent ou ne veulent pas être surveillés. Une section du comité est toutefois chargée de les suivre, de s'enquérir de leur conduite avec sollicitude , de leur tendre la main dès qu'ils en sentent le besoin ou en témoignent le désir. Le mandat spécial de cette section est aussi de recueillir en tout temps sur celte classe de libérés des renseignements statistiques qui puissent servir à constater le nombre des récidives.
Cette catégorie comprend 19 libérés ; plusieurs d'entre eux sont sortis de la prison pénitentiaire antérieurement au règlement de réforme de 1833, et par conséquent avant l'existence du comité de patronage créé en 1834.
On sait que 15 d'entre eux vont très bien ou passablement ;
2 sont tombés en état de récidive ;
2 menacent de suivre la même route.
Le rapport du comité ne fait aucune mention d'une dizaine d'autres libérés , sortis de prison avant 1833 , et dont on n'a pu retrouver la trace.
En résumant les détails qui précèdent 3 nous
rotfft lu li liais. 363
voyons que l'œuvre do patronage, au 28 fév. 1887, a embrassé 47 libères , dont 80 étaient sortis de prison en 1884 et 1835 , et quelques-uns auparavant, et 17 étaient sortis en 1886.
Total 47, sur lesquels 8 ont été de nouveau repris de justice ,
3 donnent des craintes,
Et 4 1 se conduisent bien ou passablement.
La proportion des récidives est donc de 6 7^ sar 100. Il n'est que juste d'attribuer un résultat aussi favorable aux efforts combinés du système pénitentiaire et de l'œuvre du patronage. Ces deux institutions se complètent l'une l'autre, et dans le noble but qu'elles se proposent sous l'influence de l'esprit de Dieu , chacune peut revendiquer sa part d'utilité et de succès.