‹ Des progrès et de l'état actuel de la réforme pénitentiaire et des institutions préventives, aux États-Unis, en France, en Suisse, en Angleterre et en BelgiqueChapitre 94 sur 143 · N° XVI · texte numérisé non relu

N° XVI

DE LA NÉCESSITÉ DE L'EXTENSION DE LA RÉFORME PÉNITENTIAIRE AUX FEMMES CONDAMNÉES.

Dans tous les pays les femmes commettent moins de crimes que les hommes. Malheureusement cette différence dans le degré de criminalité , a introduit et perpétué une différence correspondante dans l'application du régime pénitentiaire. Lorsqu'il s'est agi d'appliquer ce régime aux prisons , on a d abord songé aux hommes condamnés , et on n'a guère eu égard à la position des femmes. A Genève, le pénitencier est exclusivement réservé aux premiers; à Paris, on a substitué à la hideuse prison de Bicétre , une nouvelle maison de dépôt ou chaque condamné a sa cellule pour la nuit ; mais les femmes prévenues et condamnées , innocentes ou coupables, sont toujours entassées à St-Lazare , ce quartier général de la prostitution, ii. 33

386 HTEW8I0ÎI DK U lilOtn tifflTIWTUIlE

Aux États-Unis , où le nombre des criminelles est comparativement moindre encore que dans les autres pays , on a long-temps négligé de les faire participer aux bénéfices du système réformateur ; et ce n'est que depuis peu que Ton a compris la nécessité de disposer des quartiers spéciaux pour les femmes dans les pénitenciers et de confier leur surveillance à des personnes de leur sexe ' . M. Lieber, dans sa traduction de l'ouvrage de MM. de Beaumont et de Tocque ville , signale également cet abandon et s'attache à en faire ressortir les funestes conséquences : on ne lira peut-être pas sans intérêt et sans fruit les judicieuses réflexions que renferme sous ce rapport ta préface ( p. xiu et suiv. ) :

« L'influence des femmes , comme épouses et comme mères , sur leur famille , et, dans toute circonstance , sur ceux qui les entourent et qui sont en rapport aveo elles, est généralement plus grande que celle des hommes placés dans des circonstances analogues. Cette influence s'étend nonseulement sur les habitudes sociales, elle s'exerce encore sur la moralité et la criminalité , particulièrement dans les classes que la misère et l'ignorance conduisent à l'infraction des lois. Une mère de famille prudente et vertueuse a beaucoup plus d'empire pour neutraliser les funestes effets de la conduite dissolue de son mari, que n'en a un père

aux rsaus cotfb*«iiiE6. 387

honnête et laborieux pour remédier aux écarts d'une épouse vicieuse. La sphère de la femme embrasse la vie domestique tout entière; c'est là le cercle ou doit «'exercer son activité , et c'est U aussi que son action est la plus efficace et la plits incontestée. Plus on descend dans l'échelle sociale , et plus aussi s'étend l'influence de la femme sur sa famille. Si elle a de mauvais principes, malheur à ce qui l'entoure , malheur au mari et aux enfants; ils sont sur le penchant de leur ruine; tandis que si elle marche avec fermeté dans le sentier de la vertu et de la religion , elle devient lé soutien le plus sûr d'un fils jeté sur la mer orageuse de la vie , d'un époux qu'étreint la misère ou l'infortune et qu'assiègent les tentations les plus funestes. Le premier âge , où il importe de jeter et de réchauffer le germe de la moralité dans l'âme de l'enfant, dépend beaucoup plus des soins de la mère que de ceux du père — on pourrait même dire qu'il dépend presqu'exclusivement de la première dans la classe laborieuse. Une femme de celte classe, adonnée è l'intempérance et aux autres vices qu'elle entraine après elle, conduira par une pente presqu'irrésistible ses fils au vagabondage et ses filles à la prostitution; aussi ne crois- je pas me tromper en affirmant que le dommage apporté à la société par une femme crimisielle lui est souvent beaucoup plus préjudiciable qne celui que "lui fait éprouver l'homme qui se rend coupable d'une offense analogue. Chaque

388 IXTIHMOK DE lA 11F01K FtHlTEKTIAIlB

femme, qui s'engage dans la carrière du crime* ne tarde pas à servir de point de ralliement à un nombre plus ou moins grand de malfaiteurs de l'autre sexe ; et tout officier de police attestera quel mal incalculable peut faire une seule de ces mal* heureuses qui donne asile aux voleurs et recèle les objets volés. Je me suis donné beaucoup de peine pour connaître l'histoire d'un certain nombre de condamnés, et, bien que mon enquête ait été nécessairement limitée, j'ai cependant constaté qu'il y avait presque toujours quelque femme vicieuse et dépravée qui jouait le rôle principal dans la vie du criminel ; soit une mauvaise mère , qui avait corrompu par son exemple le cœur de son enfant, soit une épouse dissolue dont les écarts et La violence avaient rendu le domicile conjugal insupportable à son mari, une prostituée dont les exigences n'avaient pu être satisfaites que par le vol , une receleuse ou une espionne qui avait encouragé à la commission du crime et y avait participé......

» A tout cela il faut ajouter ce fait, bien connu des crimina listes, qu'une femme qui a renoncé à la pudeur et à la vertu , marche d'un pas beaucoup plus rapide dans la carrière du crime et met beaucoup moins de temps que l'homme à passer d'une première offense de peu de gravité aux forfaits les plus hideux. Il y a une moindre distance entre le vol commis par la femme et sa disposition à commettre un empoisonnement ou un incendie

AUX mW18 COHDAVfflBES. 389.

par jalousie ou par vengeance, qu'il n'y en a entre le vol ou le faux commis par l'homme et le meurtre ou la piraterie. Un criminel peut exercer le métier de voleur pendant une longue série d'années , et cependant éprouver autant de repu* gnance que l'honnête homme à tremper ses mains dans le sang humain ; un individu n'ayant d'autre moyen d'existence, d'autre métier que l'escroque* rie, reculera à l'idée seule de se rendre coupable d'un vol de grand chemin. Il n'en est pas tout à fait de même de la femme criminelle. Il paraît au contraire que la plupart des attentats inscrits en lettres de sang dans les annales des cours de justice ont ,été commis par des femmes ; oe sont des femmes qui se sont montrées les adeptes les plus redoutables du crime le plus atroce — l'empoisonnement. Il suffit, pour le prouver, de rappeler au lecteur la société des empoisonneuses formée sous la direction de Hieronyma Spara , les forfaits de la marquise de Brinvilliers , et ceux de la femme Gottfried ', qui fut exécutée à Brème, en 1831 , pour avoir empoisonné plus de 30 personnes, parmi lesquelles se trouvaient ses parent*, ses enfants , ses maris successifs , ses amants , ses amis et ses serviteurs.

» Cette chute rapide de la femme , trouve son explication dans la nature de celle-ci. Les deux

1 Quel contraste choquant entre ce nom qui signifie Paiv en Dieu et la malheureuse qui le portait l

390 ExrixsioH di la rvfobvb rÉiiiriflmiit

sexes ont été destinés par lo créateur pour des sphères d'activité différentes, et ils ont reçu des facultés diverses pour accomplir leurs missions respectives. La femme, vouée à la vie domestique et chargée d'une mission pour laquelle l'attachement et l'affection sont des qualités indispensables, a été douée d'une plus grande délicatesse de sentiment et d'une sensibilité plus exquise : elle sent, l'homme raisonne. Sa moralité réside bien plus dans ses facultés affectives que dans son jugement ou sa faculté de raisonnement; et une fois qu'elle a perdu cette fragile fleur de pudeur morale, une fois que la délicatesse de ses sensations s'est émoussée, dès son premier pas dans la carrière du vice ou du crime, le fondement sur lequel s'appuyait la moralité de ses actes croule et disparait ; en renonçant à la paisible activité de la vie domestique , elle tombe dans un élément qui n'est pas fait pour elle, où elle éprouve d'étranges hallucinations , et où sa nature subit une transformation presque subite : la mère devient marâtre; l'épouse, femme adultère. Aussi ne faut-il pas s'étonner si, chez toutes les nations et dans tous les temps, la perte de la chasteté a été l'objet d'une réprobation plus générale, l'occasion de désordres infiniment plus graves chez la femme que chez l'homme. C'est que l'on a toujours parfaitement compris que cette perte exerçait une influence beaucoup plus funeste sur la moralité de la première que sur celle du second.

AUX FEMH18 C09Dil!lil8. 391

» La mission de l'homme est bien différente. Le Créateur l'a destiné à une vie agitée. 11 doit faire son chemin, se frayer de nouveaux sentiers; il doit , comme dit Schiller, « oser et vaincre ; » il a à décider entre des intérêts contradictoires et souvent même entre des devoirs opposés. Dèslors il a dû être doué de facultés moins délicates et moins impressionnables, d'une plus grande force de raisonnement , d'un jugement plus calme. S'il perd la virginité et la délicatesse de ses sentiments, quelque grande que soit cette perte, sa raison peut y suppléer jusqu'à un certain point, et il n'est pas, par conséquent, privé de tout guide moral. Ainsi il arrive souvent que des hommes , après avoir commis des actions généralement considérées comme immorales, peut-être même criminelles, s'en font une raison, comme on dit; mauvaise excuse assurément , mais qui cependant empêche parfois qu'ils ne persévèrent dans le mal et qu'ils n'aillent au-delà. Les scènes variées de la vie et de la politique, les nombreuses occupations auxquelles il est astreint, les liaisons qu'il est chaque jour dans le cas de contracter, initient l'homme à une foule d'actes d'une nature au moins équivoque, à l'influence desquels la femme n'est pas exposée; cette initiation le rend insensiblement moins strict et moins sévère en matière de moralité ; et si lui-même se rend coupable d'an aote analogue, au moins ne torabe-t-il pas aussi bas que la femme qui serait à sa place,

392 EXriKSlOH DE li *éf«»me péhitettiaire

et conserve-t-il encore ce pouvoir et cette force de volonté qui servaient naguère de règle à 8a conduite. Ajoutez, en outre, que les crimes qui, dans Tétat actuel de la société , peuvent être commis le plus aisément par les femmes, impliquent pour la plupart une grande perversité et une dégradation presque complète.

» Il paraît donc, d'après les observations qui précèdent, que la femme qui commet un crime agit plus contradictoirement à son organisation morale; que, par suite, elle doit être plus dépravée, et doit être tombée plus bas que l'homme qui se rendrait coupable d'une offense équivalente. De même que celui-ci elle renonce à la pudeur; mais cette pudeur pour elle, bien plus que pour l'homme, est une garantie essentielle qui , une fois perdue, la laisse exposée à toutes les tentations sans lui laisser la volonté et la force de leur résister.

m Je crois également pouvoir attribuer aux mêmes causes oe fait observé dans tous les pays qui possèdent des maisons de refuge pour les jeunes délinquants, à savoir qu'il est plus difficile de corriger les filles que les garçons, et que l'œuvre de la réformation des premières devient même en quelque sorte impossible lorsqu'elles ont été souillées par la prostitution.

h On se tromperait d'ailleurs si l'on concluait du petit nombre de crimes commis par les femmes, comparé à celui dont les hommes se rendent cou-

AUX FKX9ES COHDAMNÉI*. 393

pables, que les femmes sont généralement douées d'une moralité supérieure , et , par suite , qu'elles n'ont pas le même besoin d'institutions pénitentiaires. Si la criminalité est moindre chez les femmes que chez les hommes, il faut attribuer ce fait surtout à trois causes : 1° À ce que leur destinée et la place qu'elles occupent dans la société ne les exposent pas aux mêmes tentations et ne leur offrent pas le même encouragement et la même facilité pour commettre le crime; leur ambition n'est pas aussi vivement excitée et elles se résignent plus naturellement à une position dé* pendante. 2° Elles n'ont ni le courage ni la force nécessaires pour commettre un grand nombre d'offenses qui augmentent le nombre des hommes condamnés, telles que le vol avec effraction , le vol de grand chemin , les coups et blessures , le meurtre , etc. 3° Leur position sociale ne leur permet guère de se rendre coupables de certaines autres offenses, la bigamie, le faux , les arrestations arbitraires , l'abus de pouvoir, la révolte , etc. Il y a d'autres crimes , tels que le viol , qu'elles ne peuvent pas commettre du tout; mais, par contre, il en est dont presque seules elles peuvent se rendre coupables, tels que l'avortemenf, ou auxquels elles sont plus aisément entraînées, comme l'infanticide.... » Si nous interrogeons les comptes-rendus de Yadminielration de la justice criminelle, nous trouverons la confirmation des assertions qui précèdent. — Sur 100 accusés de crimes , pendant

394 IXTEHSIOR DE LV fttrOtSl FiftlTBSTlàHI

une période de 8 ans, de 1826 à 18&S, on a compté en France 82 hommes et 18 femmes, et, en Angleterre, 8-4 hommes et 16 femmes seulement. La proportion du nombre des femmes prévenues de délits , en France , pendant la même période, a été de 28 sur 100; celle des accusées de crimes contre les propriétés de 20, et celle des accusées de crimes contre les personnes de 14 sur 100. On voit que cette échelle se rapporte parfaitement à la nature de la femme et aux causes que nous avons attribuées aux offenses dont elles se rendent le plus fréquemment coupables.

Si nous distinguons maintenant les offenses, nous obtiendrons une preuve nouvelle de l'influence du sexe sur la nature des actes criminels dont la répression appartient aux tribunaux :

1 ° Crimée commis le moins fréquemment par les femme*.

Sur ioo crimes on en compte

par des par des

liommcf. femme*.

Viol 99 1

Concussion et corruption. . . 99 1

Bigamie 98 2

Meurtre 96 4

Coups et blessures 95 5

Faux 89 11

Assassinat 89 11

ABX FUIES CDWDAMWiïS. 395

2° Crimée commis le plue fréquemment par les femmes.

Ilommet. Femmes.

Vol 83 17

Incendie 70 80

Parricide 64 36

Vol domestique 60 40

Empoisonnement 55 45

Crimes envers les enfants. . . 50 50

Avortement 28 73

Infanticide 6 94

Le rédacteur du compte français remarque également, à Végard des femmes, que beaucoup d'entre elles paraissent avoir été entraînées au crime parla débauche. Ainsi, il a été constaté que sur les 1,329 accusées, en 1832, 294, c'est-à-dire près du quart, avaient eu des enfants naturels ou avaient vécu en concubinage avant d'être livrées à la justice. Ce nombre était de 234 en 1833.

En Amérique , dans les prisons centrales (State prieone) de New- York, du Connecticut, de la Pennsylvanie et du Maryland , les femmes étaient aux hommes dans la proportion de 9,34 à 100 détenus des deux sexes.

Si on compare à ce chiffre celui des individus condamnés criminellement et correctionnellement en France à un an de prison et plus, (rapport : 22,23 femmes sur 100 condamnés des deux sexes), chiffre composé des mêmes éléments à peu près ,

396 iiTiHsioti di 11 aéroana riniTinmiiE

on voit que le nombre des femmes détenues est plus du double en France qu'en Amérique.

Encore faut-il remarquer que le chiffre de 9 sur 100 s'applique à la totalité des Américaines, blanches ou négresses ; mais si on ne prenait que le chiffre des femmes blanches, la différence entre la France et l'Amérique serait bien plus grande encore; car, dans les pénitenciers américains, les blanches sont à la totalité des détenus blancs des deux sexes , comme 3,87 à 100 '.

Quoi qu'il en soit , on peut conclure de ces données que , bien que les femmes criminelles soient proportionnellement moins nombreuses que les hommes, elles n'ont pas moins besoin que ceux-ci de participer au bénéôce de la réforme pénitentiaire. Il ne peut y avoir qu'une question à discuter et à résoudre, celle de savoir s'il importe ou non d'affecter aux femmes des pénitenciers séparés?

« L'observation et l'expérience nous ont prouvé, dit M. Gh. Lucas % combien l'idée seule pour les détenus, qu'un quartier de détenus de l'autre sexe était près de leur demeure et presque sous le même toit, agissait sur les imaginations et nuisait à la discipline intérieure. D'ailleurs, c'est un stimulant de plus pour l'esprit inquiet du détenu* Outre les communications avec le dehors, il songe ,

1 V. de Beaumont et de TocqueWUe, notes statistiques , n°IV.

2 Théorie de 1 emprisonnement, t. 1, p. 89.

avx rrain co«da*s*w. 397

il rêve aux communications avec le dedans, et aux moyens de se les frayer.

» Ce ne sont pas seulement les communications sexuelles, mais les communications verbales, visuelles et épistolaires, que la discipline doit prévenir ; or, on ne saurait imaginer tous les expédients inventés par l'esprit des - détenus pour tromper l'œil de la surveillance , surtout dans les communications épistolaires , si difficiles à empêcher. Enfin , alors même qu'on réussirait à prévenir toutes les relations au-dedans, la coïncidence des époques des libérations provoquerait toujours à la sortie, entre les détenus des deux sexes, un commerce de libertinage, résultat inévitable du système des quartiers séparés.

» Quand on n'a pas observé les prisons , il est impossible de se figurer combien de choses et de circonstances , inaperçues d'abord , influent pourtant sur les dispositions des esprits ; et combien les dispositions des esprits réagissent à leur tour sur l'action de la discipline intérieure.

» Au lieu donc du système des quartiers séparés, qui n'ôte que les moyens matériels de prévenir le mélange des sexes, nous conseillerons, aussi souvent qu'il sera praticable , l'établissement de prisons distinctes , qui éloigne des détenus jusqu'à l'idée de la communication. Or, ce n'est guère que dans de petits États tels que les cantons de la Suisse et quelques petits duchés d'Allemagne, que peuvent se présenter d'insurmontables diffiii. 34

398 BXTEirsion db la îirom FfoiTOrruni

cultes à cet égard. Partout ailleurs, en effet, il doit être facile , dans la sphère de l'emprisonnement pénitentiaire, d'appliquer ce principe à la séparation des sexes sans accroître le nombre des établissements, mais seulement en affectant partie de ces établissements à un sexe , partie à l'autre, au lieu de leur laisser à tous une destination commune aux deux sexes a la fois, »

C'est la règle que l'on semble vouloir suivre actuellement en France. Déjà quatre maisons centrales sont affectées aux femmes exclusivement : ce sont les maisons de Cadillac (Gironde), Montpellier (Hérault), Clermont (Oise), Haguenau (Bas- Rhin). Il reste encore six maisons centrales affectées aux deux sexes à la fois ; mais le ministre de l'intérieur vient de décider l'évacuation des femmes de la maison centrale de Limoges ; et l'on va transférer sur d'autres maisons les hommes de la maison centrale de Rennes.

fin Belgique, comme j'ai déjà eu occasion de le dire1, on vient d'adopter le même système; les femmes condamnées correctionnellement et criminellement , réparties aujourd'hui dans les maisons de Gand et de Vilvorde, ne tarderont pas à être réunies dans le pénitencier central de Namur; leur surveillance sera confiée à des religieuses de l'ordre des sœurs de la providence qui font déjà leur apprentissage dans les quartiers des détenues à Gand et à Vilvorde.

*V.nolX.

m FUIES COUDAMES!. 399

Cette séparation est recoramandable dans tous les cas ; cependant elle serait moins indispensable dans le cas de l'adoption du système de Philadelphie : isolés pendant toute la durée de leur captivité, si les hommes ne peuvent ni se connaître ni même se voir, il est certain qu'ils ne pourront pas non plus communiquer avec les femmes, surtout si ces dernières occupent des quartiers distincts et entièrement séparés. C'est encore là un des avantages de l'isolement, facile à apprécier dans les pays do peu d'étendue, tels que les cantons suisses et Tes petits États d'Allemagne où, comme le dit M. Lucas, il serait difficile, sinon impossible, d'affecter des pénitenciers spéciaux aux condamnés de chaque sexe.

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