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Enfin , la preuve la plus éclatante de l'amélioration que subit à New gâte le caractère des prisonnières, c'est le fait incontestable que le nombre des récidives parmi les femmes sorties de cet établissement est diminué, depuis l'organisation du comité, de quarante sur cent '; tandis que le rapport de récidive entre les hommes et les femmes,
> taires offerts au* infortunées qui sont détenues à Newgate ,
• cet affreux séjour de la misère et du désespoir, où le§ » pieuses exhortations de personnes éternellement chères à
• mon cœur m'ont appris à éviter le chemin qui conduit à
• l'enfer , et à élever mes regards vers Jésus-Christ, mon » sauveur et mon Dieu , dont le sang réconciliateur m'a fait
• obtenir le pardon de tous mes péchés. Les hautes leçons
> qu'on m'y a données m'interdisant toute participation aux
• plaisirs impies de la terre, permettes-moi de vous dire, » chère et honorée dame , que cet argent , salaire de mes
• services comme domestique , est destiné à remplacer une » partie du bien que dans un instant d'aveuglement j'ai été
• assez malheureuse pour dérober. J'ai essayé en vain, par
> des annonces publiques comme aussi par le secours de
• M. B., de rendre cet argent é son légitime possesseur;
• n'ayant pu le trouver, je crois de mon devoir de repousser
• toute participation à ce fruit d'une faute antérieure. Quoi- » que mon offrande soit un don bien indigne, je souhaite » cependant que Dieu reçoive l'hommage de ma bonne
• volonté, et couronne d'un succès toujours croissant vos » généreux efforts; c'est là , madame, le vœu de
» Yotre servante très humble et très reconnaissante
» Le 16juin 1818. »
1 Ant. Highmore. Philanthropia metropolifana. Londres , 1822, p. 958.
410 IllSTITtJTIONS riWlTZlITUlltS AVX1UAMIS
qui était auparavant de 3 : 6, est tombé au chiffre del:12«.
Voila les résultats que peut obtenir un comité de dames dirigé comme celui de. Newgate; institution qui , comme l'ont senti ses fondatrices a, n'atteint son but que lorsqu'elle commence, dès l'entrée des détenues dans les prisons, l'œuvre qui plus tard doit être continuée dans les pénitenciers, en préparant ainsi d'une manière favorable le champ sur lequel doit tomber la semence. Ce sont les succès évidents des efforts de Mme Fry qui ont encouragé, non-seulement en Grande-Bretagne, mais sur le continent Européen , la fondation de sociétés de dames qui se sont réunies à la société des dames anglaises. D'après les derniers rapports decette société, des comités de ce genre existeraient aujourd'hui dans toutes les villes dont les noms suivent :
Dans la Grande-Bretagne, outre la ville de Londres, qui compte quatre comités de dames pour les prisons de Newgate, Borough compter, Giltspur street compter, et White cross street, les villes de Bedford, Bristol, Carliste, Chester, Colchester, Coventry, Derby, Dumfries, Durham, Edimbourg, Exeter pour deux prisons (celles appelées County Gaol et County Bridewell), Knutsford, Lancaster, Liverpool, Norwich, Nottinghara, Plymouth, Yar-
1 Gurney, ouvrage cité, page 166 et suiv.
2 Sketch ofthe origin, etc., page 45.
VOVR LIS FEMMES DÎT CHU 1S IT USiâSKf . 417
moutb, et York ; en Irlande, pour les deux prisons de Dublin (County Gaol et City prison), et à Armagh, Garlow, Cavan, Clonmell, Cork, Dundalk, Ennis, Galloway, Louth etSligo. Mme Fry a fondé en outre, pendant le voyage qu'elle fit en Irlande dans Fêlé de 1837, de nouveaux comités de dames à Antrim, Belfast, Garrickfergus, Londonderry, Àrraagh, Enniskillen, Roscommon, Maryborough, Liraerick, Wicklow, Wexford et Waterford, en les subordonnant tous, ainsi que ceux qui existaient déjà auparavant, à la grande association établie à Dublin '. Enfin, sur le continent, St-Pétersbourg, Berne, Genève, Turin, Berlin, la Prusse et plusieurs états d'Allemagne, ont successivement imité l'exemple de l'Angleterre ; en Belgique, l'institution récente des comités de patronage pour les condamnés libérés des deux sexes, implique également la création de comités de dames pour la visite des prisons *; et les progrès incessants de la réforme pénitentiaire contribueront, je l'espère, à faire introduire dans toutes les prisons du monde civilisé, l'un des moyens les plus prompts et les plus sûrs de parler au cœur
On trouve un excellent aperçu de tous les projets philanthropiques réalisés par M"** Fry pendant ce voyage, dans le rapport qu'elle adressa , de concert avec son frère , au lord lieutenant d Irlande. (Report adressed to the marqueté Wellesley, lord lieutenant of Ireland, by Elisabeth Fry and Joseph John Gurney, respecting their laie visit to that Country.) Londres, 1827.
1 V. n° XIII.
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des femmes coupables et d'effectuer leur amendement. Mais c'est surtout dans le système de l'isolement que cet auxiliaire deviendrait d'un prix inestimable ; tout en adoucissant la rigueur de là solitude, tout en versant un baume consolateur dans l'âme des condamnées, les rapports plus ou moins fréquents de celles-ci avec les dames visitrices ne pourraient manquer de réveiller leur sensibilité et de les amener , par le repentir de leurs fautes passées, à former de bonnes résolutions pour l'avenir.
Mais pour que ces bonnes résolutions aient leur cours, pour qu'elles ne faiblissent pas devant les séductions du vice et les tentations de la misère, il importe de tendre la main à la condamnée à sa sortie de prison, et de lui faciliter sa réintégration dans la société. J'ai déjà fait connaître les institutions de patronage et de refuge fondées pour les libérés et les jeunes délinquants des deux sexes ' : mais quels que soient les avantages de ces institutions pour les hommes, ils sont plus grands et plus incontestables encore pour les femmes ; ces dernières, en effet, sont plus faibles que les premiers, leurs résolutions plus fragiles, leurs moyens d'existence moins variés et leurs ressources moins nombreuses. Aussi, si je me suis prononcé contre la réunion dés libérés adultes dans des refuges spéciaux , dois-je admettre par contre l'utilité que
1 V. n- XI*, XII, XIII , XIV et XV.
rOUl U5 FEMMB3 D*TIKIJE3 IT LIBÉRÉES. 419
peat avoir dans un grand nombre de cas la création de semblables refages pour les femmes adultes lors de leur mise en liberté, avant qu'elles n'aient trouvé ou qu'on ne leur ait procuré un mode de placement convenable. — Sur toute la surface du continent, tant européen qu'américain, il n'est aujourd'hui qu'une seule institution qui ait réalisé cette idée : c'est celle qui a été fondée à Lyon sous le nom de sœurs de St- Joseph '. Elle a, si je ne me trompe , précédé toutes les fondations du même genre qui ont eu lieu en Angleterre. Chargée d'une tâche beaucoup plus difficile que ces dernières, qui pour la plupart ne prennent sous leur protection que des détenues libérées dont l'âge tendre se prête â toutes les impressions, l'association des sœurs de St- Joseph, non contente de faire le service de la prison du même nom, a encore institué pour les femmes qui en sortent une maison de refuge , où celles-ci apprennent diverses espèces de travaux, pour être ensuite successivement placées auprès de familles honnêtes.
Malheureusement cet établissement, fondé avec de faibles moyens , que ces pieuses et nobles femmes ont su faire fructifier â l'infini, n'a pas acquis une extension aussi grande que les efforts des philanthropes anglais dont l'attention s'est dirigée sur le même point. Sans parler du refuge de Hackney road où l'on n'admet que les jeunes filles, les
1 V. Leçons sur les prisons, t. II, p. 175.
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dames de Westminster ont fondé, en 1833, un asile pour les criminelles libérées sans distinction d'âge (the Westminstsr asylum)\ à Dublin il existe, depuis 1821, une maison du même genre qui sert de demeure à 26 détenues libérées (sheiter for femàles discharged frem prison ). On peut encore , sous quelques rapports, ranger dans la même classe les nombreux Asiles de Sainte- M agdeleine et les pénitenciers, dans lesquels les filles repenties, après avoir été assujetties pendant deux mois à l'emprisonnement solitaire, passent par une classe d'épreuve ou de garantie, où elles reçoivent nonseulement l'instruction morale e4 religieuse , mais apprennent encore à lire, à écrire, à calculer et h confectionner des ouvrages manuels '.
La plus ancienne de ces fondations, qui existe à Londres depuis environ 80 ans (the Magdsden liospital)i a reçu de 1758 à 1807, c'est à dire dans le premier demi-siècle de son institution, 3,865 malheureuses femmes , auxquelles elle a facilité les moyens de sortir du sentier du vice. De ce nombre, 2,832 ont été réconciliées avec leurs parents et leurs amis, et placées dans des services ou des métiers honnêtes; 102 ont été exclues pour maladie mentale, épilepsie'ou autres maux incurables; 72 sent mortes dans rétablissement ; 573 ont été mises en liberté sur leur demande, et 506 pour mauvaise conduite ; 80 se trouvaient encore dans la maison au
1 V. Leçons sur les prisons, t. H, p. 191.
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1er décembre 1807. Au 2 janvier 1824, il y avait déjà eu 8,136 nouvelles réceptions ; de ce nombre , 8,449 femmes avaient été placées honnêtement ou réconciliées avec les leurs ; ce qui donne un rapport de 67 converties sur 100 femmes admises.
A côté de cet établissement, tout à fait insuffisant pour une ville comme Londres, qui renferme, diton, 40,000 filles publiques, dont le quart seulement peut être considéré comme n'étant plus susceptible de régénération, viennent se placer le pénitencier, fondé en 1807, pour les femmes (the LonionfemaU penilentiary), et 8 autres maisons instituées à Dublin depuis l'année 1766. Un antre établissement semblable a été fondé avec succès par M. John Parish, dans la ville de Bath, dont les bains attirent un grand nombre d'hommes opulents et désœuvrés , et qui , après Londres et les grandes villes manufacturières de Manchester et de Glasgow, contient le plus de femmes adonnées à la prostitution. Je ne connais en ce genre , sur tout le continent européen , que la maison de refuge dite du bon pasteur, fondée à Paris, en 1822, par les Dames de St- Thomas de Villeneuve, la Magdehine, établie à Hambourg dans le courant do la même année, et trois asiles particuliers érigés en Belgique, par des personnes pieuses, dans les villes de Bruxelles, Liège et Anvers.
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