ÉVOLUTION
Pour supprimer la cause des lésions 1l importe, comme nous l'avons dit, de pratiquer l'extraction le plus tôt possible : on évite les risques d'ophtalmie sympathique ; nous n'en signalons aucun cas et on enraye l'infection du tractus uvéal, la panophtalmie commençante, les complications graves de sidérose.
L'influence du traumatisme de l'intervention pourra réchauffer les lésions si l’éclat déchire ou heurte les üssus à sa sortie. L'évolution des symptômes constatés à l'entrée du blessé aura un pronostic plus sombre s'il existe de l'infection et une contusion qui empêche le processus de cicatrisation.
Dans le segment postérieur nous distinguerons schématiquement les lésions des membranes et celles du vitré. Pourles premières, quand le fond est devenu éclairable au bout d’un certain temps on à découvert le décollement rétinien parfois réappliqué, les hémorragies et les ruptures choroïdiennes ; c’est alors que deviendrait possible l'étude de leur évolution, grâce à la connaissance de la structure fine de la rétine et de la choroïde et à la vue d'ensemble de processus généraux,
Ces lésions n'ont pas, en général, un pronostie grave quant à la vitalité du globe.
Pour le vitré, outre les hémorragies qui se résorbent et les flocons qui disparaissent peu à peu, nous assistons à l'organisation du tissu du vitré et « l'on constate le reflet jaune de l’'hyalite hyperplasique, selérose du corps vitré qu'on pourrait suivre à l'éclairage oblique et parfois à l'ophtalmoscope si le segment antérieur permet le passage des rayons lumineux. »
Si les germes sont en nombre suffisant pour triompher des phagocytes, les microbes pullulent: il se forme un abcès qui grandit et le pus gagnant de proche en proche peut envahir à son tour les membranes.
À ce stade, le pus peut encore se résorber et c’est la phtisie de l'œil avec atrophie du globe. Quand le processus de suppuration au contraire gagne d’arrière en avant, c'est la panophtalmie avec son pronostic fatal pour la vie du globe !.
Le segment antérieur nous offre des lésions moins sévères en général pour l'avenir, si l’on excepte les poussées aiguës d'iridocyclite nécessitant l’énucléation, L'iridoeyelite comme l'iritis peuvent passer à l'état chronique, et les adhérences eicatricielles enserrent l'orifice püupillaire, le rétrécissent parfois jusqu’à l’ocelusion et l’on observe les formes les plus curieuses de synéchies. Les exsudats cristalliniens peuvent encombrer la pupille et de véritables ponts semblent unir la face interne de l'iris à la cristalloïde antérieure.
1 Cf. Lagrange et Valude, Encyclopédie d'ophtalmologie,
Le retentissement sur la baisse de l’acuité sera alors considérable.
Pour le cristallin lui-même, en quelque sorte barrière anatomique entre les deux segments, le pronostic d'évolution est le même que pour les cataractes ordinaires,
Enfin, toutes les lésions possibles de la cornée et de la sclérotique aboutiront à des cicatrices d’aspèct banal. |
En somme, l'évolution de ces symptômes, si variés mais assez constants, est influencée par l’état d’infeclion et de contusion du globe et, parmi les considérations sur l'éclat lui-même, outre ses caractères propres, il faut faire intervenir sa fixation ou son enkystement dans les membranes ou les milieux de l'œil.
Et, à ce sujet, nous sommes amenés à voir au bout de combien de temps un corps étranger intraoculaire passé jusque-là inaperçu peut provoquer une réaction décelant sa présence. C’est poser la question de folérance importante pour l'opportunité du moment de l'extraction. Nous avons signalé son existence au chapitre de l'extraction.
Nous avons montré le blessé arrivant au centre ophtalmologique, actuellement, du deuxième au sixième Jour. I est assez aisément possible au blessé des yeux de se rendre, dès qu'il est atteint, au poste médical du bataillon ; là, 1l reçoit le premier secours du médecin, mais pas plus qu’au poste médical du régiment, on ne peut enlever de corps étrangers. A l’ambulance, troisième échelon, où il arrive quelques heures après la blessure, on n’a pas en général d’électro-aimant. Et,
pour ne pas encombrer les hôpitaux d'évacuation par des hommes valides on les envoie directement dans des centres. On sait comment ceux-ci fonctionnent.
Mais 1l arrive que, traités dans une formation pour une lésion chirurgicale qui prime la situation, les porteurs de corps étrangers bien tolérés ne viennent à la consultation ophtalmologique que plusieurs mois après leur blessure.
Nous trouvons un éclat toléré sept mois et un autre treize. Pour chacun, le pronostic était favorable ; il s'agissait en effet de corps étrangers de faible volume, eux seuls sonttolérés en restant fixés ; ceux qui'sont plus gros ne sont pas enkystés parce qu'ils sont sepliques.
Il ne faut pas faire entrer dans ce cadre les observations dans lesquelles des éclats sont demeurés deux mois par exemple et plus, par la seule raison qu'ils avaient échappé à l'examen. ;
Done, à cause de l'infection et de la contusion du globe, de la commotion, on pourra affirmer que la tolérance est beaucoup moindre que dans les cas superposables chez les civils, le pronostic est moins favorable.
Pratiquement on peut schématiser les résultats au point de vue de la vitalité du globe en distinguant :
1° Enucléation, 27,7 pour 100;
2° Conservation de la forme du globe.
Ce dernier groupe comprend lui-même :
a) Les cas où la vision est améliorée trés salisfaisante et satisfaisante :