INTRODUCTION. — DES PSEUDO-TUBERCULOSES EN GÉNÉRAL
L'histoire de la tuberculose traverse depuis une dizaine d’années une phase assez curieuse. Quelques faits nouveaux —— cliniques, anatomo-pathologiques et bactériologiques — ont surgi, qui ne paraissent pas devoir apporter un surcroit de lumières dans la question. C’est de ces faits que nous voulons parler.
Nous n’avons nullement l'intention de faire ici lhistorique de la tuberculose. On trouvera cet historique dans les traités . classiques de pathologie, dans les monographies ; on le trouvera également, résumé, mais mettant en lumière les points principaux, dans les revues et journaux. Il nous est donc inutile de recommencer ce que d'autres ont magistralement écrit.
Mais il nous faut, pour l'intelligence du sujet, énumérer rapidement quelques recherches étiologiques ou anatomo-patho-
RE logiques, dont le but était de mettre en évidence Pagent et la lésion spécifiques de la maladie. |
Lébert, qui avait décrit la cellule cancéreuse, décrivit aussi le corpuscule tuberculeux. Mais l’idée de Lébert ne prévalut point. Virchow décrivit le tubercule, lui assigna un rôle pathognomonique dans la maladie qu'il appela « Tuberculose ». Mais le tubercule devait bientôt déchoir de son rôle de lésion spécifique. Déjà, et à l'occasion de la discussion qui eut lieu à l'Académie de médecine à propos des faits avancés par Villemin, il avait été fait mention de lésions tuberculiformes causées par des injections de mercure (Cruveilhier), de graisse (Behier), d'essence de thérébentine et de poudre d’euphorbe (Cornil et Trasbot), de graines volumineuses (Damaschino), etc... On connaissait même des cas de UP chez le ne et le mouton. : ve
On pouvait, il est vrai, dire à cette époque qu'ilétait difficile de différencier ces lésions tuberculiformes d’avec le tubercule vrai dont la description laissait à désirer. Ces raisons ne furent plus acceptables après que les travaux de Kôster, confirmés par Kiener, eurent définitivement fixé le groupement cellulaire constitutif du follicule tuberculeux.
Cela n'empêcha pas, d’ailleurs, H. Martin de reproduire en 1880 le tubercule type par l'injection de poudres inertes. Donc, dès ce moment, le tubercule perdait sa HO en tant que lésion anatomique.
D’autres faits, dont nous parlerons, contribuèrent encore à le détrôner de son rang.
Le tubercule déchu, il fallait trouver autre chose.
L’inoculabilité de la tuberculose, annoncée par Villemin, repoussée par une Académie récalcitrante, s’imposa peu à peu à l’esprit des expérimentateurs, et, sous l'empire de cette idée, sous l'empire des découvertes pasteuriennes, chacun se prit à rechercher l’agent pathogène, « le mierobe » de la maladie.
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