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l'enfant ne marche et ue parle que vers 3 ans. À D ans la suppuration s'arrête, mais il ne retrouvera jamais l'équilibre organique qu'il a perdu. C’est à cet âge que l’on remarque pour la première fois la faiblesse de son intelligence, l'agitation inquiétante qu’il présente à propos d'émotions banales, les colères insensées qui lui font perdre toute mesure. Ce qui, dans ce cas paraît dominer la scène, c'est l'épuisement de l'organisme résultant de l'infection prolongée. Cet épuisement parait avoir agi en arrêtant le développement et en l’empéchant d'arriver à sa perfection normale. On en trouvera des preuves nombreuses dans l’autopsie qui a été faite lorsque l'enfant est mort, à l’âge de 16 ans, de la fièvre typhoïde. On constate que dans le cœur le trou de Botal persiste sous la forme d'un petit pertuis situé à la partie antéro-supérieure de la cloison interauriculaire. Mais c’est surtout au niveau du cerveau que nous allons rencontrer de nombreuses malformations histologiques. Au niveau du lobe frontal, les couches sous- .jacentes des petites cellules, des cellules moyennes, et des grandes cellules pyramidales de l'écorce grise ne sont pas distinctes les unes des autres. Elles forment une seule nappe très riche en éléments cellulaires comme chez les jeunes animaux. Chacune de ces cellules nerveuses est arrondie, globuleuse, unipolaire et n’a pas encore pris le type pyramidal ; leur noyau est très volumineux, onne peutsuivre leurs prolongements. Au milieu du lobe pariétal, les cellules sont aussi abondantes que dans le lobe frontal et présentent les mêmes caractères de développement incomplet; ce sont des
cellules globuleuses ou piriformes comme celles que l’on rencontre chez les très jeunes. chiens. Au niveau du lobe occipital même aspect.
En résumé, ce que l’on constate surtout, c'est un état de non développement des cellules nerveuses. qui gardent les caractères qu'on leur voit chez les jeunes animaux. Ajoutons qu'elles sont entourées de nombreux vaisseaux ce quiest encore, du reste, un caractère fœtal.
lei douc l'intoxication résultant au début, de la brülure, puis de la suppuration de longue durée, entin du mauvais fonctionnement d'un organisme épuisé, paraît être la cause dernière, qui, en arrètant le développement intellectuel du sujet, a déterminé l’état mental que l'on peut ainsi résumer : faiblesse de l'intelligence, bizarrerie du caractère, accès de colère, instabilité mentale ; idées mystiques.
Voici maintenant terminée la revue de nos observations ; nous avons vu que dans tous les cas, soit par le mécanisme du shock soit par celui de Fintoxicarion, nous avons pu expliquer l’action de la brülure produisant la psychopathie.
Mais Certains auteurs, ont voulu encore aller plus loin dans cette simplification. Ils ont prétendu que le shock lui-même n’agissait qu'en déterminant une intoxication. Pour Lejears il est vrai, le traumatisme agirait par voie réflexe, mais pour Roger (1) le shock nerveux amène une série d'actes inhibitoires dont un seul semble
(1) Roger. Compte-rendu de l’Académie des Sciences, octobre
constant ; l'arrêt des échanges entre le sang et les tissus. Le sang veineux devient rouge, la respiration se ralentit, la température baisse de un à deux degrés. Le système nerveux, troublé dans ses fonctions, peut agir de deux façons : soit en augmentant la production des produits toxiques, soit en diminuant les sécrétions internes des organes chargés de les détruire. Que l’une ou l’autre action prédomine, il y a toujours trouble de la nutrition par suite des toxines en excès.
Ainsi comprise, l'intoxication relèverait d'une foule de causes ainsi que Boyer et Guinard (1) l'ont exposé. Elle pourrait résulter : soit de la suppression des fonctions cutanées, soit de la formation de substances toxiques dans le sang, soit de troubles de la nutrition des éléments cellulaires dus au shock nerveux, à {a douleur excessive, soit aux fermentations nombreuses qui se produisent à la surface de la peau aux dépens des tissus brûlés d’ou accumulation des produits toxiques et de déchets favorisée par la fermeture des émonctoires et par l'insuffisance fonctionnelle du foie et du rein.
Dans l'étude des différents mécanismes par lesquels la brûlure peut causer la psychopathie, nous avons laissé de côté un élément : la chaleur. Du reste dans les cas que nous avons rapporté cet élément ne paraît pas avoir joué un rôle appréciable, maïs on comprend parfaitement que dans certains cas de brûlures son action ne puisse être considérée comme négligeable. Nous
(1) Boyer et Guinard. Congrès de Lyon, 1894.
lisons dans le Tratté de Pathologie générale (1) que le coup de chaleur détermine parfois la perte de connaissance et qu'il peut laisser après lui un certain degré d'affaiblissement intellectuel. Au dire de Æ. Victor (2) des troubles phsychiques plus graves peuvént en ètre la conséquence, c'est ainsi qu’il serait capable d’occa- ss sionner l'agitation maniaque aiguë, plus rarement la mélancolie, la démence aiguë, la stupidité. Ces troubles s’observent assez souvent chez les individus exposés par leurs professions aux températures élevées, chez les boulangers, chez les chauffeurs de navire.
Nous n'avons pas à parler ici de la chaleur solaire, bien qu’elle détermine souvent des brûlures du premier degré ; mais, afin de fixer par un exemple ce que nous avons dit de l’élément chaleur dans l'appréciation des différents facteurs qui entrent en jeu dans l’action des brûlures, nous rapporterons l'observation suivante, citée par Johann Becholm (3) :