‹ Des Psychopathies Consécutives Aux BrûluresChapitre 19 sur 34 · ENT TOUS · texte numérisé non relu

ENT TOUS

les psychoses traumatiques. On éliminera également la neurasthénie eu constatant la dépression mentale et

l'exagération de symptômes qui sont des signes en

faveur de la psychose’ traumatique. Enfin, l'hystero-. neurasthénie non traumatique s'en distinguera par les

prodromes qui précèdent cette maladie et par l'intensité

de la dépression mentale. Mais l'argument majeur en

faveur de la psychose traumatique ce sera l’étiologie,

la notion du shock antérieur.

Il nous reste maintenant à nous demander comment le shock observé a pu donner lieu à la psychose. Ici, nous avons deux éléments : d’abord, la frayeur qu’a ressentie la victime au moment de l'accident ; ensuite, les chocs répétés qui résultent de la constatation quotidienne que fait le malade de l'impuissance où il se trouve de reprendre son travail. Il est vrai que ce dérnier élément n’est pas aussi important qu'on pourrait le croire, étant donné l’état d'esprit particulier du malade.

Diverses opinions ont été émises pour établir le mécauisme suivant lequel agit le shock. Pour Erichsen, Erb et Leyden, la cause unique des phénomènes serait l'inflammation de la moelle et de ses enveloppes. S'il existe des troubles cérébraux, c'est que l'inflammation des méninges spinales s’est étendue aux méninges cérébrales. Mais la moelle domine la pathologie de la névrose traumatique. Leudetl met tout sur le compte de la congestion médullaire. Bénedikt prétend qu'il y a un décollement du tissu cellulaire lâche du système ner-

veux, d’où troubles cireulatoires mécaniques. Vibert

admet surtout l'action directe du traumatisme sur l’encéphale.

Putmann et Wallon voient dans le traumatisme la cause occasionnelle de l’hystérie. Pour Russel Reynolds tous les troubles résulteraient simplement de l'émotion. Il y aurait non pas lésion de la substance nerveuse encéphalique, mais simplement trouble dynamique sine materia. En fin de compte, tout se résume aux deux opinions suivantes : Ceux qui, avec Charcot, jugent nécessaire la prédisposition héréditaire et considèrent le trauma seulement comme un agent provocateur. Ceux qui, comme Grasset et l’école allemande Thomsen Oppenheim, jugent que lhérédité n’est pas nécessaire et que le trauma est suffisant pour donner la névrose.

A l'appui de ces théories, l’anatomie pathologique reste muette et ne peut apporter aucune autopsie démonstrative. Seeligmuller rapporte bien un cas où on aurait trouvé un piqueté hémorrhagique du cerveau, mais la plupart des auteurs professent qu'il y aurait très probablement dans l’encéphale non des lésions destrucfives organiques en foyer, mais des lésions dynamiques fonctionnelles sine materia, lésions dont les détails

échappent à nos investigations.

Discussion de l'observation IV.

Contrairement à ce que nous venons de voir dans la discussion de l'observation précédente, iei le choc men-

GOT tal parait n'avoir eu aucune importance. Ceci résulte de l’âge du malade. À 18 mois, un enfant ne se rend pas compte des circonstances où il se trouve : il ne s étonne pas, ne s’émeut pas. Sa réaction psychique par rapport aux choses extérieures est à peu près nulle. I ést un peu dans les conditions de ces voyageurs de chemin de fer qui, endormis au moment de la catastrophe, se retrouvent indemnes, tandis que leurs compagnons éveillés, et bien que n'ayant subi comme eux aucun dommage physique, se retrouvent affligés d’une psychose traumatique résultant de l'émotion violente ressentie. Mais, par contre, l'intoxication paraît jouer ici le premier rôle. Outre lauto-intoxication par les ptomaïnes résultant de la brûlure ; il faut faire une large part à l'infection et aux poisons bactériens. On remarquera, en effet, que la brûlure a laissé une large plaie comprenant une partie du cuir chevelu, l’oreille et la joue gauche. Or, cette vaste plaie va suppurer pendant plus de trois ans, déterminant ainsi un vaste foyer infectieux où s'élaboreront sans cesse des toxines qui iront impressionner tout l'organisme. Comme témoin de cette intoxicatioh, nous n'avons pas ici de délire onirique, chez un enfant de cet âge, ce symptôme eût été du reste d'appréciation difficile. Nous avons cependant

un signe important de l’empoisonnement dans la diar-

rhée qui à longtemps accompagné la suppuration. Mais surtout, ce qu'il y a d’important dans cette intoxication, c’est quelle va arrèter le développement de l'enfant qui jusqu'ici avait été normal. Elle retarde à la fois le développement physique et le développement mental,

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