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au contraire que lorsqu'il y à une blessure grave, l'intensité des phénomènes nerveux subséquents soit moins accusée : il y aurait là comme une dérivation de la commotion nerveuse. C’est ainsi que dans la thèse de Adrien Leconte (1), on trouve rapportés plusieurs cas de brülures très graves des os du crâne et notamment le cas d’un jeune berger qui eut toute la partie supérieure de la calotte crânienne détruite à la suite de brûlure sans que dans un seul de ces cas ont ait vu survenir le moindre trouble mental à la suite de ces traumatismes pourtant si graves.
En second lieu, il nous faut examiner l'influence que peut avoir le siège de la brûlure sur l'apparition et l’évolution des troubles mentaux. À l'heure actuelle, on admet qu'il n'y a aucun rapport à établir entre le siège de la blessure et la localisation des symptômes. Nous avons vu au contraire dans notre chapitre d’historique combien les anciens auteurs avaient insisté sur les blessures de tête dans létiologie de la folie. Les cas que nous avons rapporté ne sont pas assez nombreux pour que nous en puissions tirer une conclusion quelconque.
Enfin, il est un dernier élément quil nous faudrait étudier. C’est l'influence que peut avoir sur la psychopathie la nature de l'agent qui à produit la brûlure.
Les gaz qui agissent à la fois en dehors et en dedans par inhalation, donnent peut-être des résultats très différents de ceux qui suivent les brûlures produites par
(1) Adrien Lecomte. 7'hëèse, Paris. 1904.
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les liquides ou par les solides. Outre ces faits ou seul le calorique entre en action il faudrait étudier encore ceux düs au coup de soleil où la lumière à son action marquée, et ceux totalement différents ou lon à à faire a des brülures chimiques produites par des acides comme l'acide sulfurique ou par des bases comme la potasse, etc...
Les observations que nous avons recueillies ne nous ont rien appris à ce sujet. Elles sont du reste trop peu nombreuses pour nous permettre de tirer des conclusions. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que étant donné le mécanismé d'action que nous avons attribué à la brûlure c'est-à-dire lauto-intoxication et le shock nerveux, il est peu probable que la nature de lagent ait une influence bien décisive.
Mais il est touté une autre classe dé brülurés, que nous ne pouvons passer sous silence: ce sont celles dues à la foudre ou à l'électricité in dustrielle. Ces brùlures, en effet, se présentent sous un aspect très spécial qui les différencie nettement dé celles dues à d’autres agents. Nous allons les étudier brièvement.
Carlos Oliveira Néry (1), qui les à bien décrites dans sa thèse, conclut à la fin de son travail qué ces brulures se distinguent par leur indolence qui, pour lui, tiendrait à la façon aseptique dont elles sont produites. En effet, l’étincelle électrique portée à une température excessive, stérilise’ le champ de la plaie de plus en plus, elle agit avec autant d'intensité à la périphérié
(1) Carlos Oliveira Néry. Thèse, Paris, 1895.
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qu'au centre, Il dit également que les complications sont rares. Au point de vue qui nous occupe, on comprend, en effet, que la plaie ne suppurant pas, étant le plus souvént peu étendue, Fauto-ntoxication soit très réduite. [ne faut donc pas compter sur ce facteur pour produire une psychopathie ; mais, par contre, la brûlureélectrique produittoujours un shock nerveuxintense.
Ce shock domine la scène, il peut produire la mort instantanée, comme on l’obtient volontairement en ‘Amérique pour .électrocuter les condarnnés. Dans ce cas, pour d’Arsonval, la mort surviendrait par excitation des centres nerveux amenant l'arrêt de la respirätion et la syncope.
Quelquefois eet état de shock peut être moins marqué et seuls des troubles nerveux sont la conséquence de l'accident. Ces troubles sont le plus souvent analogues à ceux du railway-brain.
Laveran (1) rapporte un cas d’hystérie suite de fulguration ayant affecté un soldat ne présentant aucune prédisposition antérieure.
Nous avons trouvé dans la thèse de Néry (2) l'observation suivante du docteur Donellan, de Philadelphie :
Observation du docteur Donellan. — Medical News, Philadelphia, 1894. — Cas de choc électrique de 1000 volts
Le 20 avril 1894, J. D., 44 ans, réparait les fils“cassés d'une compagnie de téléphone. Il toucha l’un d’eux qui croisait un
1) Laveran. Société médicale des Hôpitaux, 30 octobre 1891. 2) Néry. Loc. cit.
Que
conducteur de lumière électrique et reçut à travers le corps toute la force du courant. Chute et perte de connaissance. Relevé au bout de quelques instants, il fut amené à Saint- Mary, où je le vis une demi-heure après l'accident.
Il était dans un profond coma avec les pupilles largement dilatées, sans réagir à la lumière, respiration stertareuse, face pâle baignée de suëéur, vomissements.
Dix minutes plus tard, il entra dans un délire furieux qui exigea les efforts combinés de trois hommes pour le maintenir au lit. Convulsions toniques et cloniques. Respiration type de Cheynes-Stokes. Pouls à 80. .:
Injection sous-cutanée de morphine jusqu’ ‘à cessation des phénomènes d’excitation. Sommeil réparateur de quatre heures, au bout desquelles il se réveille, conscient, mais étonné et se sentant fatigué
Le malade porte plusieurs brülures graves distribuées irrégulièrement au dos, sur les jambes et sur les bras. Aucune douleur à leur niveau. Bonne nuit.
Le lendemain, température 37, pouls 72, respiration 18. Le blessé se rappelle fort bien les détails de la veille jusqu'à la commotion. Il dit n'avoir ressenti aucune douleur. et sans la brûlure de la peau, il n'aurait pas su qu'il avait été victime d'un accident.
Dans plusieurs autres observations, on note une excitation nerveuse considérable suivant immédiatement l'accident, mais n'empêchant pas le blessé de se rendre un compte exact de la façon dont celui-ci s'est produit.
L'électricité peut agir de plusieurs manières pour causer des blessures. Sans parler de la foudre, l'élec- -tricité industrielle à haute tension, c’est-à-dire dépassant 500 volts, peut produire des brûlures à tous les degrés.
Enfin, la lumière électrique d'une lampe à are peut donner des brûlures du 1 et même du 2° degré : c'est le coup de soleil électrique décrit par le professeur Terrier.
D'après ce que nous venons de dire, on voit que les accidents nerveux consécutifs aux brülures électriques doivent être mis sur le compte du shock nerveux qui est maximum, la lésion pouvant être réduite dans ces cas presque à SOn minimum, et surtout présentant peu de chances d'infection.
Nous avons maintenant terminé notre étude étiologique. Après avoir montré comment la brûlure agit pour donner la psychopathie, nous avons essayé d’établir le rôle des causes accessoires variables qui peuveut intervenir pour l'aider dans son action et quelquefois même la reléguer au second plan. Enfin, nous avons étudié l'influence que peut avoir sur le développement de la psychopathie les différentes modalités du terrain et de l'agent qui à déterminé la brûlure.
Il nous reste maintenant à appliquer les données que ce travail nous a fournies à l’étude des problèmes médico-légaux qui se posent à l'occasion des troubles
mentaux consécutifs aux brülures.