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Des publicains et des sociétés vectigalium

Jamais peut-être le principe de rassociation n'a été plus en honneur que de nos jours; jamais son application n'a été plus générale, plus féconde, plus nécessaire. Mais il n'est pas né d'hier. Les Romains en ont parlé avec enthousiasme; ils l'ont pratiqué avec grandeur. Ce peuple de guerriers, de politiques, d'agriculteurs, n'était pas resté étranger aux entreprises commerciales, aux vastes spéculations qui, exigeant la concentration de nombreux capitaux, offraient à l'esprit d'association un aliment journalier. On formait des sociétés pour le commence de terre et de mer, pour le commerce des esclaves, pour les entreprises de constructions, pour les transports maritimes'. Il y avait des sociétés de banquiers (argentarii socii, argenlarix societates), des sociétés pour les fournitures des armées.

Mais quelque puissantes que fussent ces associations, il faut placer

au-dessus d'elles, pour l'importance et la considération, les sociétés

de publicains {societates vecUgalium), organisées pour la ferme des

impôts. Dès les premiers temps de la République, l'état abandonna

ses recettes indirectes, toutes ses dépenses, toutes ses opérations plus

compliquées à des intermédiaires (|ui, pour uik* somme nette ej i.K.nnr, 1

moindre, administraient pour leur propre compte. La grandeur des intérêts ainsi abandonnés, les sûretés que le gouvernement était en droit de réclamer, conduisirent naturellement à exiger que les fermes fussent soumissionnées par des sociétés et non par des capitalistes isolés. Ces compagnies de publicains furent les types de toutes les grandes sociétés de commerce qui s'organisèrent dans la suite; elles constituèrent aux mains des chevaliers qui s'en emparèrent toute une classe de fmanciers^ qui croissait chaque jour en nombre et en fabuleuse opulence, qui retenait dans son sein jaloux le maniement de l'impôt, qui était dépositaire exclusive dii crédit de l'état, et servait de canal au principal élément de la richesse publique.

Il est donc particulièrement intéressant d'étudier ces sociétés vectigalium; elles présentent mieux qu'aucune autre l'esprit d'association tel que l'a connu et pratiqué l'antiquité, dans toute sa vitalité, et ses plus larges proportions.

Nous examinerons successivement :

1° Les vectigalia, objet des opérations des publicains;

2° Les formes et les conditions de la ferme des impôts concédée aux publicains ;

3° L'organisation des sociétés de publicains, et leur nature juridique ;

¥ La puissance de ces sociétés, leurs excès et les mesurés légales ayant pour objet de réprimer les abus et les exactions des publicains.

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