CHAPITRE V
Montrons maintenant que cette facon de procéder n'offre aucune difficulté qui puisse la faire rejeter. Ces difficultés ont en effet existé, mais le perfectionnement des instruments les a fait complètement disparaître, et nous croyons au contraire que notre pansement est un des plus simples que comporte la méthode antiseptique.
Dans les premiers essais de pulvérisations prolengées que fit M. le professeur Verneuil, il ernployait le pulvérisateur à main de Richardson. De temps en temps, la plaie était découverte, et on pratiquait pendant un certain temps sur elle les pulvérisations antiseptiques. Mais on comprend toutes les difficultés de cette manière de procéder. Il était nécessaire qu’une personne restât auprès du malade pour faire marcher l'appareil tout le temps que duraient les pulvérisations, et à cause de cela même On ne pouvait les prolonger bien longtemps.
Aussi ce mode de pansement, par ses difficultés mêmes, n'aurait-il eu que peu d'avenir, si M. Lucas- Championnière, en inventant son pulvérisateur à vapeur, n'était venu les faire disparaître. Voici comment aujourd'hui on procède dans le service de M. Verneuil.
Le patient, placé dans son lit, ne laisse à décou=
vert que la partie malade. Les autres parties du corps restent sous les couvertures pour éviter tout refroidissement. On place à portée un pulvérisateur à vapeur, en ayant soin de protéger par une toile imperméable tout ce qui pourrait être mouillé et refroïdir le malade, Une toile Suspendue verticalement en travers du lit Sépare la partie malade et le pulvérisateur du reste du corps, de façon à ce que le patient ne soit pas incommodé par le spray.
On peut en outre éloigner ou rapprocher le pulvérisateur qui, dans ce dernier cas, joint à l’avanage de mettre la plaie dans une atmosphère antiseptique, celui de la laver et de la débarrasser, sans effort et sans douleur, de toutes les impuretés qui peuvent se trouver à sa surface, telles que san, morceaux de linge du pansement, eschare en voie d'élimination, etc., etc.
Quant aux liquides qui doivent servir à eés pulvérisations, nous avons toujours vu employer dans le service de M. le professeur Verneuil les solutions phéniquées à 1, 4 1/2:ou 2 p. 100. Mais nous pensons que toute autre solution an tiseptique nous dornerait le même résultat. Nous ne donnons done la préférence à aucune. Nous recommanderons seulement de porter le liquide que l’on pulvérisera à la température normale du corps, afin que le malade n'éprouve en recevant le spray aucune sensation de froid ni de chaud.
Pour ce qui est de la durée à donner aux puivérisations, nous croyons de même que c’est au chi-