DU TRAITEMENT DE L'ÉRYSIPÈLE PAR LA PULVÉRISATION PHÉNIQUÉE
C’est au congrès de Séville que M. le professeur Verneuil préconisa, pour la première fois, l'emploi de la pulvérisation phéniquée comme antiseptique puissant ; puis dans un article publié en janvier 1883 dans les Archives de médecine, il revint sur ce moyen en ajoutant les observations sur lesquelles il s'était appuyé pour affirmer l'excellence de la méthode. ,
Dès ce moment, M. Verneuil n’avait appliqué la pulvérisation phéniquée qu’à deux cas d’érysipèle, et dans les deux cas le résultat avait été satisfaisant; aussi se promettait-il d'employer de nouveau ce moyen comme traitement local de l’érysipèle. Les observations qui suivent sont des exemples de cet essai thérapeutique. Nous pouvons en tirer les conclusions suivantes :
Lorsque la surface érysipélateuse peut être tout entière soumise à la pulvérisation, l’évolution de l'érysipèle est rapide, trois, quatre, six jours; il semble que les progrès de la rougeur sont arrêtés, et qu’au lieu de gagner de proche en proche et de - durer huit, douze jours, l’érysipèle pulvérisé ne dure que le temps que nous avons indiqué.
Georges Charles. 4
La température, dès le deuxième ou troisième jour, subit une décroissance rapide, et de 39, 39,5, 40, elle tombe à 38, 38,5, dans quelque cas d’emblée à la normale. |
De quelle manière agit cette pulvérisation ?
Faut-il admettre que le microbe de l’érysipèle, ou si l’on préfère un terme plus vague, l'élément septique est détruit àr situ par la vapeur phéniquée ; faut-il admettre une pénétration du liquide antiseptique dans les lymphatiques du derme ; ou fautil regarder l’acide phénique comme absorbé par la peau et alors agissant sur l’état général et non sur l'état local?
Il nous est difficile de répondre à ces questions. Toujours est-il que dans un des cas où nous avons eu affaire à un érysipèle généralisé, ayant débuté sur une large plaie du dos, où par suite il nous était difficile de combattre l’envahissement par la vapeur phéniquée, sans faire courir à la malade le risque d’un refroidissement considérable et par suite d’une complication pulmonaire, nous avons vu le traitement échouer et l’érysipèle ne se terminer que lorsque toutes les extrémités avaient été envahies, et ne s'arrêter que faute de terrain à envahir, .
Le bien-être que ressentent les malades de cette pulvérisation doit la faire préférer à tout autre moyen. Enfin aucune complication ne s’est présentée dans les cas que nous avons ici sous les yeux. Jamais de complication pulmonaire, si Fon a soin
DD — d'employer les précautions qu'indique M. Verneuil dans l’article que nous avons cité; jamais d'érythème que l’acide phénique est reputé produire.
« Je me propose, disait M. Verneuil (1), de poursuivre ces expériences (Traitement de l'érysipèle par lacide phénique) qui d’ailleurs n’ont aucun inconvénient » ; c'est le résultat de ces expériences que nous rapportons aux observations X et sui-
vantes.
(4) Loco citato.