‹ Des pulvérisations antiseptiques prolongées dans le traitement de quelques affections chirurgicalesChapitre 17 sur 20 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Tumeur du sein. Ganglions axillaires. (Hôpital de la Pitié, service de M. le professeur Verneuil, salle Lisfranc, n° 24.)

Femme de 32 ans, entrée pour un épithélioma du sein droit. Les ganglions du creux de l’aisselle sont envahis.

Ablation larse de toute la mamelle, et toilette complète du ereux axillaire. Non réunion.

Pulvérisations plusieurs fois par jour; le reste du temps, pansement à plat.

Pas de fièvre ; pas de douleur. La malade sort guérie au bout de six semaines sans accident.

OgservaTioN IX (1).

Abcès de la cuisse chez une personne de 35 ans, diabétique et

albuminurique.

Je viens d’être appelé en consultation près d’un Monsieur de 33 ans, de haute taille, large d’épaules et d’une forte constitution.

Ce Monsieur avait un abcès de la cuisse à foyers multiples, pour lequel il était depuis longtemps en traitement: à la suite d’une saison aux eaux d’Aix, il avait été amélioré, mais à son retour il avait eu une nouvelle poussée inflammatoire, et de plus il est albuminurique.

Au moment où je le vis, il venaitd’être pris d’une . anasarque généralisée, Il avait un œdème considé-

(4) Due à l'obligeance de M. le professeur Verneuil,

PAS PAR rable, un serotum énorme, et nous constatâmes des flots d’albumine dans ses urines.

On me donna éomme commémoratif qu'il avait eu, pendant la guerre de 1870, une contusion de la cuisse produite par un éclat d’obus. J'opérai alors cet abcès par de vastes incisions dans lesquelles je plaçai des drains. Le malade, opéré à la température de 36,5, à 2 heures de après-midi, avait le lendemain, à 4 heures, 39. Les plaies étäient enflammées et entourées de plaques érysipélateuses.

J'instituai alors les pulvérisations phéniquées, et le lendemain matin la température était redescendue à 37°. Les plaques érysipélateuses s'étaient étendues ; les troubles généraux étaient nuls. Continuation des pulvérisations quelques heures dans la journée.

Le troisième jour, l’état général reste bon ; température 37,2 ; l’érysipèle, qui s’était étendu le secon] jour, n’a pas fait de nouveaux progrès, et, malgré sa présence, les symptômes généraux sont complètement nuls.

Pendant que j'examine cet érysipèle, je m’aperçois que le haut de la cuisse, que je n'avais pas vu à mon premier examen, porte une cicatrice très étendue, et l'on m'apprend que, à l’âge de 9 ans, mon malade a eu un abcès profond qui a été très long à guérir, et que c’est à cette époque que remonte l'apparition de l’albumine dans les urines.

Ce malade a donc eu, à l’occasion d’un abcès sous-périostique, dans sa Jeunesse, une néphrite,

TR se

peut-être infectieuse; et, trente années après, au moment d’un abcès simple, l’albumine reparaît en abondance dans ses urines.

Je demandai aussi s’il n’avait pas de sucre. Le médecin qui lesoignait medit n’en avoir pas trouvé, mais les parents du malade m’apprirent qu'il en avait eu beaucoup l’année précédente. De plus, on me dit qu'il avait beaucoup voyagé en Orient, où il avait contracté des fièvres palustres.

Nous avions donc affaire à un malade paludique, albuminurique, diabétique, ayant un phlegmon de la cuisse, compliqué d’érysipèle; et, sous l’influence des pulvérisations, la température est descendue en vingt-quatre heures de 3 9° à la normale, malgré la présence de l’érysipèle.

Cette observation nous prouve donc que sur les plus mauvais terrains les pulvérisations phéniquées donnent des résultats excellents, et ce serait se priver d’une précieuse ressource que de négliger ce mode de traitement.

Nous pouvons également, en ajoutant cetexemple à ceux donnés par M. le professeur Verneuil dans les Archives de médecine et à ceux que nous rapportons plus loin, conelure à l’excellence des pulvérisations dans les érysipèles traumatiques.

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